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Auteur Sujet: LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,  (Lu 654329 fois)

0 Membres et 6 Invités sur ce sujet

Hors ligne samir_3112

  • Baladi
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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3640 le: 05 septembre 2017 à 20:28:02 »
Bonsoir à tous
Je me suis toujours demandé pourquoi certains croient fortement qu'en ayant recours à un style rédactionnel vulgaire et ordurier, ils feraient passer facilement leurs idées et imposeraient leurs points de vue.  N'est-ce pas RICO ?
Mon cher RICO, il ne vous est pas venu à l'esprit, que notre site peut être consulté parfois en famille ( et c'est souvent mon cas ).
Ni mon éducation, ni mon age ne me dicte de vous répondre dans le même langage vil et bas que vous aviez utilisé en me répondant. Je vous laisse avec vos qualificatifs et termes puisés dans les tiroirs nauséabonds de la vulgarité.......

Ould Lagraphe

PS : Mon cher Doumandji, moi aussi Alger des années 70 me manque beaucoup, mais faire d'Alger la ville la plus sale du monde, c'est un peu exagéré.


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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3641 le: 06 septembre 2017 à 13:55:56 »
mon attitude,mon respect,ma bonne éducation ne me permettent pas d'etre vil,bas, ordurier ou vulgaire comme vous le pretendez mr samir vous qui avez usé de ces insultes gratuites.l'expression dont vous vous offusquez est couramment usité dans les pays francophones et qui veut qualifier tout simplement une personne servile d'ailleurs dans notre parler arabe ou algérien y'en a pire.De la à dire que cela va choquer des familles c'est vraiment jouer à la vierge éffarouchée ou au tartuffe d'ou la celebre citation:"cachez ce sein que je ne saurais voir....."
bien à vous

Hors ligne samir_3112

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3642 le: 06 septembre 2017 à 22:33:24 »
Mais vous avez raison Mr Rico. Oui, cette expression est bel et bien utilisée dans les pays francophones et vous avez raison de l'utiliser dans votre langage quotidien et elle n'est pas vulgaire du tout. Ce sont les dictionnaires d'expressions qui se trompent et moi avec eux.
Je suis navré de vous avoir choqué avec mon ignorance et ça ne se répétera plus jamais. Promis. D'ailleurs, dorénavant je ne consulterai plus, ni le  Larousse, ni le Petit Robert, ni même le Grand. Tout ça c'est fini. J'ai mieux maintenant. J'ai le  RICO DICO
Bien à vous.
Ould Lagraphe
« Modifié: 07 septembre 2017 à 09:28:15 par samir_3112 »

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Re :IL était une fois Alger la Blanche,...
« Réponse #3643 le: 19 septembre 2017 à 15:31:48 »
Je n’ai jamais vu Alger aussi sale que cette fois-ci, mise à part au moment de la grève des éboueurs en 1992. J’y ai passé ma jeunesse dans les années 60/70 et vécu dans cette belle ville jusqu’en 1994.
J’en reviens après les fêtes de l’Aïd, après un séjour de deux mois, c’est désolant mais il faut le dire Alger est très sale, nauséabonde, l’absence de civisme des commerçants qui sont les premiers pollueurs et le laxisme des administrateurs de la capitale ont n’en fait une décharge publique à ciel ouvert permanent.
El Bahdja a cédée son charme, sa beauté et son savoir vivre aux stéréotypes des bazars et d’Istamboule et de Peshawar avec les immondices en prime.
Il faut avoir le cœur bien accroché pour dégringoler les escaliers entre la rue AbdElkrim Khettabi et la rue Hammani (ex Charras ).
À la rue de Lyre, il faut zigzaguer et sauter entre les rigoles d’eau noirâtre et les rats morts gonflés par la chaleur du mois d’Août.
Je ne sais pas si Alger est la capitale la plus sale au monde, mais elle est sale  et délabrée et c’est inadmissible.

Chanceux ceux qui l’ont connu quand elle était surnommée Alger la Blanche.

…………., j’ai fait un tour dans le centre de Boumerdès particulièrement populeux en été, et il faut le dire c’est une ville propre.
«Je ne partage pas vos idées mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer»  Voltaire

"Ce que le public te reproche, cultive-le, c'est toi."   J-Cocteau

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3644 le: 23 septembre 2017 à 11:30:54 »

Le Soir d'Algérie de ce jour, 23.09.2017

Actualités : LE PLAN D’ACTION DE SON ÉQUIPE ADOPTÉ À L’APN
Ouyahia charge l’opposition

Par Mohamed Kebci - Alger (Le Soir)

Le Premier ministre s’est défoncé sur l’opposition qu’il n’a pas ménagée en répliquant vertement aux attaques de cette dernière qui, à son tour, n’a pas fait l’économie des qualificatifs pour lui tomber dessus.
Et l’occasion était idoine à plus d’un titre, celle de la séance de vote du plan d’action du gouvernement dont il assure la coordination. Tout le long de ses réponses aux députés, avant-hier jeudi, Ahmed Ouyahia n’a pas hésité à lancer des piques acerbes aux partis de l’opposition qui nourrissent des appréhensions notamment quant à l’option du financement non conventionnel des déséquilibres budgétaires du pays ou encore la prétention prêtée au gouvernement de se départir des subventions publiques. Surtout que, durant ses réponses, il a été chahuté par Lila Hadj-Artab, qui l’interrogeait sur la destination des centaines de milliards de dollars quand il évoquait la fermeture de cantines scolaires faute d’argent et que le pays avait besoin de 200 milliards de dinars par mois pour fonctionner. Remarque désobligeante pour le Premier ministre qui a aussitôt répliqué : les gens vous connaissent !, a-t-il dit, suscitant l’ire des députés du RCD qui l’ont chahuté avant que l’ordre ne revienne et que Ouyahia ne poursuive son allocution. 11h07, démentant, dans la foulée, toute révision des subventions publiques tant que, assure-t-il, «l’étude n’est pas achevée» de même que «toute hausse des droits de douane sur les produits importés en 2018».
Poursuivant ses répliques, Ouyahia a estimé que les alternatives au financement non conventionnel avancées par l’opposition et certains experts, entre autres, la récupération de l’argent de l’informel, des impôts non recouvrés ou les crédits bancaires non remboursés, ne sont que des «tromperies» et ne constituent nullement des «solutions miracles».
Se voulant plus explicite, et prenant l’exemple des impôts non recouvrés, le Premier ministre les a estimés à «12 000 milliards de dinars, se fiant à la Cour des comptes, dont 7 000 milliards de dinars sont des amendes prononcées par les tribunaux, 1 900 milliards constituent des arriérés d’impôts d’entreprises dissoutes et 2 600 milliards qui font l’objet de contentieux judiciaires».
Pour lui, «il n’y aura une inflation ni à quatre chiffres, ni à deux chiffres» comme l’appréhendent certains, se voulant rassurant en affirmant que «d’ici trois ou six mois, on va voir si cette décision est juste ou pas», promettant que le gouvernement va solliciter «de moins en moins» le financement non conventionnel durant les cinq prochaines années.
S’expliquant sur la tonalité sévère de ses répliques à l’opposition, Ouyahia a considéré, dans un point de presse à la fin de la séance de vote qui a vu les députés du RCD, du FFS, du PT, du MSP, de l’alliance Nahda-FJD-Binaa désapprouver le plan d’action au moment où ceux du front el Moustaqbal se sont abstenus, qu’il n’a fait que la «moindre des choses» de répondre à ceux qui nous ont traités de «mafia et de voyous». Et de s’expliquer davantage : «Je n’ai pas l’habitude, quand je prends une gifle sur ma joue droite, de tendre la joue gauche», dit-il, soutenant faire la distinction entre l’opposition «civilisée» qui, selon lui, «a droit au respect» et celle «radicale».
M. K.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3645 le: 23 septembre 2017 à 19:25:31 »
selon ouyahia avant bouteflika c'était le néant c'est grace à lui qu'on est vivant sur cette terre (qu'ALLAH me pardonne)
lire cet article d'un journal censuré en algérie :

Vous avez entendu le nouveau Premier ministre demander aux députés s'ils connaissaient les cantines scolaires avant Bouteflika
 
Il y a, comme ça, des bizarreries en politique qui rappellent que nos dirigeants, à force de vieillir dans leur fauteuil, atteignent, sans avoir l'air, l'âge de la sénilité. Eh, oui ! Le temps passe ! Les cantines scolaires ! Vous vous rendez compte ? Non, je ne connaissais pas les cantines scolaires, et après ? Vous voulez dire, M. le Premier ministre que le glorieux Bouteflika a généralisé les cantines scolaires ? Admettons.

Mais vous réalisez le discrédit que vous faites porter à votre chef ? Quatre mandats, mille milliards de dollars dépensés, 19 ans de pouvoir absolue dont 8 ans à faire de la politique spectacle et onze ans à se donner en spectacle, tout ça pour des cantines scolaires !

Vous nous l’apprenez. Car c’est bien cela qu’on a entendu : vous n’avez retenu des 19 ans de règne de Bouteflika, que les cantines scolaires. Pour une fois, nous sommes d’accord : il n’y a rien d’autre à mettre à l’actif de la plus catastrophique présidence que puisse imaginer l’homme. Mais, entre nous, M. le Premier ministre, je vais vous faire un aveu : Oui, M. Ouyahia, avant Bouteflika, je ne connaissais pas plein de choses.

Avant Bouteflika, je ne connaissais pas les mandats de député vendus au plus offrant ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas la justice de la nuit ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas les paradis off shore ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas les enfants des ministres qui y placent impunément l’argent du Trésor public ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas de journalistes en prison ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas Mohamed Talmat ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas de ministre habitant le Maryland avec l’argent du pétrole algérien ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas Farid Bedjaoui ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas le mot "alacrité".

Avant Bouteflika, je ne connaissais pas les hommes politiques qui se prostituent ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas Ennahar TV ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas Echourouk TV ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas le FLN de Ben M'hidi entre les mains de crapules ; avant Bouteflika, je ne connaissais pas le vrai sens des mots "crapules" et "crapuleries" : avant Bouteflika, je ne connaissais pas les fauteuils présidentiels roulants…

Bref, M. le Premier ministre, avant Bouteflika, je ne savais rien de la politique sale, du mensonge et, pour tout dire, de l’Algérie violée par les scélérats.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3646 le: 24 septembre 2017 à 10:45:00 »
Bonjour les Amis et excellent dimanche ensoleillé.
Très bonne contribution parue sur les colonnes du Soir d'Algérie d'hier. A lire et à relire.


Contribution : La Kabylie
La «dodânisation» et le «tout-risque»


Par Ahmed Tessa
Ah ! si Mouloud Feraoun était vivant ! Il aurait revu de fond en comble son ouvrage Les chemins qui montent. Tout au moins dans la partie descriptive du sublime panorama de sa région natale. Certes, les chemins montent toujours pour rejoindre tel hameau, tel village ou telle ville, mais le paysage a énormément perdu de son charme naturel : moins pittoresque.
En été, brûlant sous les rayons d’un soleil de feu, l’asphalte des routes grimpantes dégage une odeur de goudron. Le noir liquide colle aux roues des voitures. Une fenêtre ouverte et c’est la respiration qui est coupée. L’habitacle est envahi par les émanations asphalteuses auxquelles se mélangent celles des maquis et forêts incendiés la veille. Sans oublier les parfums des poubelles géantes qui «embellissent» les routes dans une belle indifférence citoyenne – exception faite de quelques villages, des exemples de civisme.
Désolation et colère sourde devant ce spectacle d’oliviers et de figuiers qui se meurent, criant leur douleur via les pleurs et la tristesse de leurs propriétaires. Ce patrimoine ancestral est en danger de mort. Mais pas que ! Que sont nos villages et la mythique maison kabyle devenus ? Un roman du réel se lit à regard nu : et ça zappe ! Nichés sur les crêtes ou accrochés aux flancs des montagnes, les fantômes du passé vous offrent à voir des hameaux vidés de leur sang et de leur oxygène. Pour la plupart bombardés par les avions de l’armée coloniale ou souillés par les hordes assassines de la décennie noire. Ils demeurent noyés dans leurs blessures : toits écrasés, murs démolis, venelles bouffées par les mauvaise herbes, champs noyés dans la broussaille. Même les fontaines de jadis ont perdu leurs eaux : asséchées par la nature et la main des hommes. Il paraît que la modernité est à ce prix-là : vendre les terres héritées des ancêtres pour habiter en ville. Quitter son village en fermant la porte à double tour. Et jeter la clé au fond d’un ravin. Ne plus se retourner pour se sentir moderne. Toutefois, l’espoir se ravive ici et là, mais pas dans les centres urbains acquis à la mode algérienne du regda wetmangi — dormir et manger. C’est dans les villages (thouder) que des âmes sensibles s’activent à réanimer les valeurs de solidarité, de travail d’utilité collective, d’entraide et de propreté. Ce sont, pour la plupart, des retraités revenus aux racines. Ils ont du mérite, mais la partie n’est pas facile à gagner. L’aspect positif réside dans l’engagement du mouvement associatif villageois. En Petite et en Grande Kabylie, des jeunes investissent leur dynamisme dans cette noble mission de sauvegarde. Ils veulent leur eldorado ici et pas un hypothétique avenir dans un pays étranger. Elles sont rares mais embaumantes, ces initiatives citoyennes. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, elles sont couronnées par le concours du village (et non de la ville) le plus propre. Cette initiative hautement pédagogique a été lancée par feu Rabah Aïssat, ancien président d’APW et grand éducateur devant l’éternel. Et oui, les oasis de propreté se trouvent dans les villages et non dans les «bétonvilles» des chefs-lieux gangrenés par l’affairisme et le laxisme généralisés. N’a-t-on pas vu une décharge sauvage puante à vomir en plein centre de la ville balnéaire d’Azeffoun ? Depuis dix ans qu’elle nourrit les poumons et caresse les narines des habitants. Ses immondices vous narguent à moins de vingt mètres du tribunal, du siège de l’APC et de la mosquée. Pas un doigt ne bouge, pas un son ne sort pour dénoncer : omerta complice. Par contre, la puanteur de cette décharge rejoint celle du vocabulaire utilisé habituellement par l’imam du vendredi. A grand renfort d’images pornographiques crues, il aime habiller ses prêches à forts décibels de critiques acerbes contre les femmes. Et, de temps à autre, des propos peu amènes à l’encontre des juifs, des athées et de ceux et celles qui s’éloignent du comportement wahhabiste. Là encore, silence gêné mais… complice.
Quant aux rares activités de militantisme écologique qui redonnent espoir en Kabylie, elles sont motivées par un double devoir : de fidélité aux ancêtres et de mémoire. Certains villages abandonnés ont été classés par les services du ministère de la Culture — en vain ! Il manque le réflexe et la culture du patrimoine à promouvoir — et pas seulement le patrimoine financier ou métallique — voiture, commerces ou villas bétonnées. Que reste-t-il des champs et des parcelles cultivables généralement situés en aval des villages kabyles, bordant les ruisseaux et les rivières, nos oueds fétiches – la Soummam, le Sebaou, Yesser ? L’Etat a donné le la et l’exemple funeste. Partout en Algérie les pouvoirs publics ont squatté et détruit le patrimoine agricole et forestier pour planter des forêts de bâtiments sans esthétique et sans âme.
Des «bétonvilles» jaillissent du sol pour remplacer les coquettes petites bourgades d’antan. Plus dramatique, ils (les pouvoirs publics) ont cloné le paysage de régions entières, jadis florissantes de santé économique facilitant l’avancée du désert. Ils ont arraché des milliers d’arbres – eucalyptus, platanes, frênes — et des milliers d’hectares de maraîchers et de vignes. Mortes et enterrées la Mitidja, les plaines de l’Est et de l’Ouest, les Hauts-Plateaux de l’Atlas !
L’Algérie n’est plus le grenier de l’Europe mais sa poubelle qui achète des milliards de dollars chaque année en «produits d’estomac» — de la boustifaille en patates, ail, oignons, oranges, blé… ll paraît que c’est ça, la modernité : manger son patrimoine afin de paraître moderne. Et surtout éviter de ne pas être authentique. Se délester de son identité millénaire. Périmée, disent-ils !
Scénario identique en Kabylie. Les terres autrefois pourvoyeuses de richesses – même chichement – servent dorénavant de plateformes bétonnées à des bâtisses à étages qui vous bousillent la vue panoramique : point de charme et surtout sans jardin, potager ou verger. A quoi bon ? La mamelle financière est là pour subvenir aux besoins des œsophages. Mais jusqu’à quand ? En argument avancé, le bétonnage de ces terres rapprocherait les habitants de la route et des centres urbains «algérianisés».
En matière d’urbanité et de civisme, les leçons ne manquent nullement en Algérie. Et la Kabylie ne fait pas exception. Elles ne sont pas du tout drôles mais tristes à en pleurer. Le touriste de passage aura de quoi remplir sa besace. Des leçons dispensées gratuitement sous forme d’images désopilantes. Emotions fortes garanties !

Dodânisation
Il est cependant un domaine où les Algériens ne négligent pas le civisme : le devoir d’hommage. Ainsi, les deux bêtes domestiques les plus emblématiques du pays sont immortalisées par un hommage insolite et durable. Aucun Algérien ne peut se déplacer de chez lui sans qu’il soit mis en présence d’une statue érigée en leur honneur. Un devoir de reconnaissance pour les services inestimables rendus, par le passé, par ces deux animaux aux populations des douars, mechtas et autres zones enclavées du pays profond. Ces marques de respect sont nombreuses, trop nombreuses même, et envahissantes. Elles sont dédiées, au Nord, au voltigeur des montagnes, l’âne, si doux, et au Sud, au TGV du désert, l’imperturbable chameau. Et, cerise sur le gâteau, en attendant que le Larousse ou le Littré l’adoptent, le dictionnaire populaire des Algériens s’est enrichi d’un mot nouveau : le «dodâne».
Il va jusqu’à se conjuguer : dodâniser. Partant de cette grammaire inédite dans les annales, nous pouvons l’adjectiviser. Nous dirons de telle région qu’elle est dodânisée un peu, beaucoup, à outrance. La Kabylie n’est pas première seulement aux examens scolaires et à la collecte des impôts. Sur ces deux points, les statistiques officiels en font foi. Mais le domaine où il n’y a pas eu d’évaluation c’est celui de la dodânisation. Et à coup sûr, c’est à cette région du pays que reviendra la palme. Et haut la main ! Mieux, haut le pied d’un âne bâté !
Reprenons les chemins qui montent, à partir d’un chef-lieu, en compagnie d’un touriste venu de la capitale et avide de découvrir les trésors de la région. Ce voyage est réel et n’est pas une fiction. Dans sa voiture flambant neuf et pour laquelle il est aux petits soins, on embarque pour le pic d’Azru N’thor, au- dessus de la ville de Aïn-El-Hammam. Il veut assister au pèlerinage annuel qui se tient chaque vendredi du mois d’août. De là, son programme de visite nous fixe une descente vers la vallée de la Soummam. Des surprises nous accueillent dès la première bifurcation à partir de la route nationale, pompeusement appelée autoroute alors que ce n’est qu’une route à double voie, séparée par un parapet en ciment. Aux statues des colonels historiques de la wilaya érigées tout au long de «l’autoroute», vont succéder celles dédiées au voltigeur des montagnes. Et vlan ! Crissement de pneus et choc frontal contre une montagne de bitume dressée tout au long de la route départementale. L’automobiliste freine calmement et lève ses mains d’impuissance. La colère n’est pas au rendez-vous. Il s’en prend à lui-même : «Je suis bête, je n’ai pas eu le réflexe de regarder de loin.» Le pauvre ! Il s’apercevra que, de loin ou de près, le réflexe n’a rien à voir devant l’imagination fertile des «dodânisateurs», ces bâtisseurs de «dodânes».
A peine la seconde embrayée pour redémarrer qu’une autre montagne se dresse devant nous. Couleur sombre, épousant celle du macadam, l’obstacle «dodânisé» devient piège dangereux, de nuit comme de jour. Et rebelote ! Impossible de passer la troisième vitesse, encore moins les autres. Redémarrage en première, puis légère accélération en seconde et soudain… freinage sec.
Ce cycle infernal nous accompagne tout au long des trente kilomètres avalés de travers la gorge, à pas de tortue : presque deux heures de temps.
Les nerfs du chauffeur commencent à danser, les yeux à rougir de colère, les mains à devenir nerveuses. De la sueur perle de son front. Il fulmine au bout du cinquième kilomètre. Il s’arrête devant un commerce et achète une bouteille d’eau. Il m’avoue qu’il est hypertendu et craint de piquer un pic de tension. Je lui propose de prendre le volant. Chose faite : nous échangeons nos places.
Le voilà rassuré par un connaisseur des pièges subtils qui pourraient caresser les pneus, les rotules et les amortisseurs de sa belle berline.
Encore vingt-cinq bornes à avaler de travers.
Le calvaire ne s’arrête pas. Même la rase campagne est dodânisée, tout comme les venelles et les impasses des villages et hameaux ! Cette fois, c’est moi qui commence à subir l’impact des chocs, des arrêts, des coups de volant brusques. Rien n’y fait, les statues en hommage à l’âne se succèdent à distance régulière – avec, en sus, un comité d’accueil abominable sur les bords de la route : des montagnes d’immondices puantes. Sachets éventrés, pleins de déchets alimentaires putréfiés, des cannetes et des bouteilles vides de gazouze, de jus et de bière. Vite, fermons les fenêtres ! Je rougis de honte à la vue de ce spectacle. La voilà la belle leçon de civisme algérien que notre touriste est venu prendre en Kabylie ! Lui qui croyait les fières montagnes et les villages altiers non encore contaminés par la dodânisation citadine.
Erreur de casting ! J’aurais dû lui proposer une monture de cheval ou d’âne pour grimper ces chemins qui montent.
Et ce n’est pas fini, l’élément humain n’est pas absent de ce chemin de croix. Parfois, entre deux dos d’âne, les deux roues avant tombent dans une tranchée ou des «nids d’autruche» placés de façon à vous obliger à slalomer ou à enclencher le point mort. Sinon vous y chutez avec fracas. Dans ces cas de figure, les
creuseurs de tranchées et les maçons de dos d’âne en ciment (ou en terre) sont des agents de Sonelgaz, d’Algérie Télécom ou de l’Algérienne des eaux ainsi que des riverains en plein chantier d’une villa bétonnée.
Une fois le jus arrivé à bon port, ils abandonnent à la va-vite le raccordement d’eau, de gaz ou de fils téléphoniques. Peu leur importe le travail fini !
Le comble de l’irritation sera atteint au vingtième kilomètre, après une heure un quart de «voyage dodânisé». A la sortie d’une bourgade, une villa en chantier se dresse au loin. Je flaire le coup fumant d’un dos d’âne à venir. Précautions prises, je roule doucement et hop ! Un grand fracas métallique. Une tranchée profonde et large coupe la route sur toute sa largeur. Le moteur à l’arrêt nous laisse entendre un éclat de rire sortant d’une voix au timbre puissant. C’est le propriétaire de la bâtisse qui ricane tout en se prélassant sur sa terrasse, un verre de café à la main et une cigarette au bec. «Ya madame, nous en sommes à la cinquième voiture», cria-t-il à son épouse installée à côté de lui. Du sadisme en direct ! Nous sortons de la voiture pour constater les dégâts : pare-choc amoché, plaque d’immatriculation froissée et à moitié arrachée. De son poste d’observation, le monsieur nous lance d’un air hautain : «Ce sont les ouvriers de Sonelgaz qui l’ont creusé. Mais c’est efficace. Cela apprendra aux gens à bien conduire et nous évitera des accidents mortels.» Guérir le mal par un autre mal : telle est la devise des dodânisateurs. Sont-ils malades ? Leur comportement – comme celui des pyromanes — relèverait-il d’un traitement psy ?
Il se dit dans la légende du terroir que 99 saints veillent sur les villages de Kabylie, éloignant le mauvais œil, les épidémies, la famine, la sécheresse et les envahisseurs. La statue du voltigeur des montagnes figurerait bien dans ce panthéon protecteur.
A défaut de les ramener, le dos d’âne ne fait-il pas fuir les touristes ?
A son retour sur Alger, ville génitrice du dodâne, mon ami, amoureux des montagnes et des villages anciens, m’envoie un sms : «Je ne ferai plus de ‘‘tout-risque’’ en Kabylie, à moins que la région ne se dédodânise.» Message décodé cinq sur cinq : à cause de ses milliers de «dodânes» point de visites touristiques en Kabylie.
Pour les plus audacieux des touristes, ce sera des virées «tout-risque» !
Les «bétonvilles», nouvelles-villes dans le jargon officiel, ont accouché de ces monstruosités affichées avec ostentation par des mains irresponsables. Ces «dos d’âne» et ces tranchées ou «nids d’autruche», ces décharges sauvages, ces poubelles à ciel ouvert empoisonnent la vie et la santé des citoyens, dégradent l’environnement, ajoutent de la pollution à la pollution et font fuir les touristes. Catastrophique est le message éducatif en direction des enfants et des adolescents : les habituer, dès le berceau, à la laideur, au laxisme et à l’irresponsabilité. Cela est un fait ! Mais à l’analyse, ces comportements condamnables ne sont-ils pas le fruit d’une dodânisation des esprits et des âmes ? Un dos d’âne dans le cerveau et le cœur d’une catégorie d’habitants. Et, plus que tout : un dos d’âne et un dos de chameau dans le logiciel des autorités en charge d’appliquer la LOI ? Ainsi va la Kabylie en cette année 2017. Et l’Algérie avec !
A. T.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3647 le: 26 septembre 2017 à 10:10:39 »
En son absence, l’appartement parisien de Saâdani a été cambriolé. Les voleurs y auraient dérobé un livre précieux.
Son livre de comptes !

Faut vraiment vous mettre à jour ! Oui, je parle à des tomates ! Le plus normalement du monde. Du monde d’ici, je veux dire. Car en Dézédie, le fait de parler à une tomate n’est plus considéré comme un acte déviant, un signe de déséquilibre mental, voire de folie furieuse. Les gens ne tiquent plus s’ils te voient parler à une tomate. D’ailleurs, les gens n’ont pas le temps de tiquer, vu qu’ils parlent eux aussi à des tomates. D’autres tomates. Ou les mêmes auxquelles tu t’adresses déjà. Non ! Ce qui est déviant, ce qui peut passer pour un comportement très étrange, inconvenant et limite désobligeant, c’est d’exiger d’une tomate qu’elle te réponde lorsque tu t’adresses à elle. Et puis quoi encore ? D’accord, parler à une sardine et vouloir qu’elle te réponde, qu’elle fasse causette avec toi, c’est normal, vu son prix, en dessous de 300 dinars. D’ailleurs, une sardine qui ne te répondrait pas aujourd’hui devrait être jetée aux chats qui suivent le vendeur et sa charrette. Ça lui fera sentir comme on se fout un peu de ses Oméga3 bon marché. Quand elle atteignait les 800 dinars, voire les 1 000 dinars le kilo, je ne dis pas. Mais à 200, elle répond, la sardine, elle a tout intérêt à répondre. Mais la tomate, non ! La tomate, quand elle ne répond pas, maâlich ! Tu continues à lui parler. E d’une voix douce, s’il te plaît. Oui, en mode monologue que tu te mets mon coco ! Ne fais pas cette tête. Personne ne t’en voudra de t’adresser ainsi à une tomate. Regarde bien tout autour de toi. Vous êtes des milliers, des millions à parler aux tomates. Avant de rentrer à la maison et de manger une laitue. Quoi ? Ah ! La laitue aussi refuse de te répondre lorsque tu lui adresses la parole. Je ne vois plus qu’une solution alors. Demande pardon à la sardine pour l’avoir autant snobée cette semaine, et surtout, fume du thé pour rester éveillé à ton cauchemar qui continue.
H. L

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3648 le: 28 septembre 2017 à 17:30:50 »
El WATAN de ce jour

L’AVANT-PROJET DE LOI DE FINANCES A ÉTÉ ADOPTÉ HIER EN RÉUNION DU GOUVERNEMENT

Ce qui va augmenter en 2018
Le Premier ministre Ahmed Ouyahia, hier, au Conseil de la nation.
 
Le texte prévoit l’institution d’une taxe sur la fortune. Ce nouvel impôt s’appliquera aux contribuables ayant de hauts revenus.

Le Premier ministre semble vouloir faire payer les riches à travers l’institution, dans le projet de loi de finances pour 2018, d’un impôt sur la fortune. Cette nouvelle disposition a été annoncée hier par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, dans ses réponses aux membres du Conseil de la nation (Sénat).
Le Premier ministre a précisé qu’il s'agit d’une introduction d’un impôt sur la fortune d’une manière plus directe, tout en ajoutant qu’il existe déjà un impôt sur le patrimoine. M. Ouyahia a aussi tenu à souligner que par ses barèmes, cet impôt sur la  fortune ne concernera pas 90% des Algériens. Il est par ailleurs prévu dans le projet de loi de finance pour 2018, l’augmentation des timbres fiscaux notamment pour le passeport, la carte d’identité. Il est également annoncé une augmentation du prix des carburants, entre 3 et 5 dinars par litre, et une hausse des taxes frappant les produits importés fabriqués localement. Le Premier ministre a également annoncé une dotation de 500 milliards de dinars (5 milliards de dollars) pour la Cnas qui finance la CNR (Caisse nationale des retraites). L’État va prendre les mesures nécessaires pour assurer le versement des retraites, a promis Ahmed Ouyahia. La Caisse nationale des retraites connaît actuellement des difficultés de financement. Il a également avancé que l’État a mis sur la table 400 milliards de dinars (environ 4 milliards de dollars) pour le paiement des créances impayées des entreprises. Ce montant sera inscrit dans la loi de finances pour 2018. Il a ajouté qu’il va débloquer 100 milliards de dinars (un milliard de dollars) pour le développement local. Le Premier ministre a en outre souligné que “nous allons lever le gel” sur tous les projets de l’éducation nationale, de la santé à l’exception des grands CHU, mais les polycliniques, les hôpitaux spécialisés, les équipements médicaux seront relancés. L’État, a, a-t-il précisé, gelé des projets de plus de 2 000 milliards de dinars (20 milliards de dollars). Même les secteurs de l’éducation nationale, de la santé et de l’eau ont été touchés par le gel. Il a cependant indiqué que le gouvernement n’envisage pas d’instituer de taxe pour les Algériens qui se rendent à l’étranger. Le Premier ministre a rappelé que l’État avait accordé d’importants avantages au secteur du tourisme depuis 2009, citant, entre autres, l’exonération sur une durée de dix ans de l’IBS (impôt sur le bénéfice des sociétés) ou sur la TAP (taxe sur l’activité   professionnelle). Concernant les réalisations enregistrées dans le secteur, il a précisé qu’entre 2011 et juin 2017, 374 nouveaux hôtels ont été inaugurés totalisant plus
de 32 000 chambres, ajoutant que 582 nouveaux hôtels, soit 75 000 lits, sont en chantier. Citant d'autres réalisations, il a rappelé l’ouverture d’une grande   école internationale d’hôtellerie et la remise à niveau des hôtels publics. En réponse aux préoccupations des membres de la commission de finances et du budget à l’Assemblée populaire nationale, Abderrahmane Raouya a, lui, affirmé que la loi de finance pour 2018 comprendra des modifications conformes au contexte économique actuel, notamment certains amendements relatifs à la fiscalité et aux impôts, “l’obligation pour les commerçants d’utiliser les terminaux de paiement électronique”, ce qui permettra, selon lui, d’absorber les fonds circulant au marché parallèle ainsi que le dégel des projets, particulièrement dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Il a également affirmé que l’Exécutif s’est engagé à adopter la franchise. Au sujet, de l’équilibre concernant la destination des recettes du financement non-conventionnel, le ministre des Finances a indiqué qu’elles seront destinées aux projets transparents et non au paiement des salaires ou la consommation locale. Il a aussi annoncé que son département ministériel était en passe de présenter au gouvernement un “important” projet d’une loi organique à même de rajouter plus de transparence dans la gestion et la maîtrise des dépenses publiques.

Youcef SALAMI

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3649 le: 02 octobre 2017 à 11:07:33 »
 
Finalement, c’est logique ! Un pouvoir non conventionnel
ne peut gérer qu’avec des…
… financements non conventionnels !

Des voix ! Encore des voix ! Et les dernières voix à avoir déchiré le voile lourd de la nuit (waouh ! Je devrais écrire un roman !) s’élèvent contre le fait que des listes électorales aient été déposées hors délai par des poids lourds, comme le FLN et le RND. Dois-je rire tout de suite, là, maintenant, en début de chronique ou attendre un peu, pour ne pas mouiller ma feuille avec les larmes ? M’enfin ! Les listes des candidats déposées après le délai légal ! Le délai légal ? Mais le légal de quoi, Ya Aâdjaba ? Pourquoi voudrais-tu diantre qu’un scrutin jumeau de tous les scrutins bidouillés auparavant s’enquiquine soudainement la vie à respecter un délai ? Ya Sidi, et si les délais officiels avaient été réellement respectés, tu aurais fermé les yeux sur le reste ? Tout le reste ? Les urnes bourrées jusqu’à la nausée. Les images de centres de vote avec gros plans sur une «kemcha» de votants pour nous faire croire «qu’ils étaient venus, qu’ils étaient tous là» et pas de tous les coins d’Italie et surtout pas pour la Mama ! Les PV qui disparaissent pour réapparaître liftés, leur visage encore marqué par la chirurgie esthétique de nuit et les crèmes de jour appliquées à dose massive. Le Conseil constitutionnel qui, à force de consolider à la truelle des résultats téléphonés, devrait à mon humble avis se lancer dans la construction et les programmes de logements. Des micros-trottoirs où tu entends de grands dadais et de grandes nunuches affirmer que «Erraïs chéri est notre père à tous», quidams à qui t’a parfois envie de gueuler dans leurs oreilles que leurs vrais pères regardent peut-être la télé au moment où ce parricide affectif est diffusé. Tout ça, et un tas d’autres joyeusetés, ça ne te gêne pas, ça ne te gêne plus, par contre, tu t’offusques soudain-tout-à-coup que des listes aient été déposées hors temps ? Je trouve que tu as l’offuscation sélective et l’indignation à volume variable ! A croire que le boîtier de commande de ton thermostat interne t’a été dérobé ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3650 le: 02 octobre 2017 à 18:19:57 »


Actualités : MARCHÉ NOIR DE LA DEVISE
Aucune accalmie
Abla Cherif - Alger (Le Soir)
L'envol de l'euro semble avoir bouleversé toutes les donnes d'un marché qui s'affole. Tout aussi décontenancée, la clientèle habituelle réduit considérablement son rythme «d'achat»...
«Pour nous, c'est vraiment la fin d'une époque se lamente Khadidja. Habituellement, je me rends chez ma mère à Paris pour les vacances d'hiver. Toute ma famille est établie en France mais j'ai dû suivre mon mari qui travaille à Alger. Cette année, on ne pourra pas s'y rendre. L'euro est carrément inaccessible pour notre bourse. Même ma famille ne peut pas m'aider, cela leur reviendrait trop cher vous vous imaginez, plus de 20 000 DA pour 100 euros».
Khadidja s'exprime ainsi devant un cambiste auprès duquel elle a pour habitude d'échanger ses dinars contre les précieuses devises. Le cambiste ne paraît pas en meilleure forme que sa cliente. «Pour nous aussi ce n'est pas la belle époque», dit-il. Il s'explique : «En général, j'avais une moyenne de vingt clients par semaine mais ce chiffre a chuté de manière considérable ces deux dernières semaines. Les gens sont effrayés par cette hausse subite, la catégorie habituelle n'a pas tout l'argent qu'il faut pour acheter des devises, et lorsqu'ils sont forcés de voyager, ils achètent de petites sommes». Le même état des lieux est dressé par tous les cambistes auprès desquels nous nous sommes renseignés. «Auparavant, raconte un autre, les périodes qui precédaient les fêtes de fin d'année étaient très profitables pour nous, on travaillait beaucoup à ces époques, mais cette année il y a peu de chance que ce soit le cas. selon les pronostics, l'euro est appelé à s'envoler davantage, la devise va encore augmenter et, vu la situation, il y a très peu de chance pour que le marché connaisse une accalmie».
Dans le milieu des cambistes l'évolution de la situation du pays est suivie de très près. «Une certaine catégorie de personnes qui ont vraiment peur de l'avenir, craignent pour leurs enfants, leurs études, leurs affaires alors ils achètent sans pitié, ils dépensent de fortes sommes pour acheter l'euro en se disant que si les prédictions ne se réalisent pas, ils pourront toujours revendre leurs devises.»
A. C.

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« Réponse #3651 le: 07 octobre 2017 à 11:05:36 »


Actualités : CARBURANT, TABAC, PRODUITS IMPORTÉS...
Ce qui va augmenter en 2018
Abder Bettache - Alger (Le Soir)

Le projet de loi de finances 2018 adopté mercredi dernier par le Conseil des ministres prévoit des augmentations de prix de plusieurs produits, notamment des produits énergétiques et des produits importés. Ainsi, les carburants, dont les prix ont déjà augmenté en 2017, vont encore flamber dès janvier 2018. Selon les premières indications, le prix de l’essence sans plomb se situera à plus de 41 DA le litre, le super coûtera plus de 39 DA, et le gasoil autour de 27 DA.
L’augmentation des prix des produits énergétiques était prévisible depuis quelques semaines suite notamment aux déclarations du ministre de l’Energie sur «l’incapacité de l’Etat à les subventionner». «Les carburants importés nous coûtent 125 DA le litre et on les vend dans les stations de service à 30 dinars. Qui va nous payer cette différence ? Le gouvernement subventionne le carburant, l’électricité, le gaz, l’eau, etc. Même si nous avons des milliards et des milliards de dollars, cela ne nous suffira pas», a-t- il déclaré samedi dernier devant les parlementaires de la chambre haute.
Toutefois, le projet de la loi de finances 2018 ne prévoit pas seulement l’augmentation des prix de l’énergie. D’autres augmentations sont inscrites dans le document, dont des prix des produits tabagiques. C’est ainsi qu’il est prévu d’augmenter de 10% la taxe intérieure sur la consommation (TIC) pour ces produits, notamment le tabac brun, le tabac blond, et le cigare. Selon le texte, le tabac brun passe de 1 240 dinars à 1 640 dinars le kilo, le tabac blond de 1 760 dinars le kilo à 2 250 dinars et le cigare de 2 470 à 2 600 dinars le kilo. Le kilo de «chemma», qui est cédé actuellement à 682 DA, va aussi augmenter pour atteindre 781 DA le kilo. Toutes ces augmentations à la base auront des répercussions sur le produit fini, soit le produit destiné à la consommation.
Le document préparé par le département des finances, prévoit par ailleurs la révision à la hausse de la taxe intérieure sur la consommation de plusieurs autres produits, essentiellement des produits importés comme certains appareils électroniques de surveillance, des produits alimentaires comme le café soluble, les fruits secs, les fruits exotiques et certains autres produits de «luxe». Sur un autre chapitre, l’avant-projet de loi de finances 2018 suppose une révision à la baisse du budget de fonctionnement, la réduction du déficit budgétaire, l’augmentation des transferts sociaux et l’instauration d’un impôt sur la fortune.
Plus explicite, le budget de fonctionnement pour l'exercice prochain s'élèvera à 4 584 milliards DA contre 4 591,8 milliards DA en 2017, soit une baisse de 7 milliards DA. Dans sa partie budgétaire, le projet affiche 6 521 milliards DA de recettes et près de 8 628 milliards DA de dépenses.
Le déficit global du Trésor s'élèvera ainsi à près de 9% du PIB, contre plus de 14% pour l'exercice 2016. Dans le cadre du maintien de la politique sociale de l'Etat, le budget proposé pour l'année prochaine comprend 1 760 milliards DA alloués aux transferts sociaux, en hausse de près de 8% par rapport à 2017.
Les dépenses de ces transferts sociaux sont destinées notamment aux soutiens aux familles, à l'habitat, à la santé, ainsi qu'aux subventions des prix des produits de première nécessité, à savoir les céréales, le lait, le sucre, et les huiles alimentaires.
En revanche, le budget d’équipement sera revu à la hausse, puisque les crédits de paiements inscrits pour 2018 s’élèvent à 4 043 milliards DA contre 2 291 milliards DA pour l’année en cours.
Les allocations prévues pour le budget d’équipement couvrent notamment «la relance des projets gelés dans les secteurs de l’éducation nationale, de la santé, et des ressources en eau, ainsi qu’un effort plus soutenu en direction du développement local.
Le budget d’équipement de l’année prochaine contient également une provision de 400 milliards DA pour le remboursement des entreprises locales et étrangères qui détiennent des créances sur l’Etat et ses démembrements».
Par ailleurs, le gouvernement va instaurer un impôt sur la fortune. Autrement dit, les «citoyens riches» seront taxés à partir de 50 millions de dinars (5 milliards de centimes). Toutefois, les pouvoirs publics auront du mal à définir cette catégorie de personnes, sachant qu’une «grande partie de ces personnes opèrent dans le circuit de l’informel».
A. B.

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« Réponse #3652 le: 08 octobre 2017 à 11:28:29 »


Actualités : MÉDICAMENTS
Contrebande et contrefaçon : mode d’emploi
Abla Cherif - Alger (Le Soir)

La contrebande du médicament fait rage en Algérie. Le phénomène qui s’est installé progressivement tout au long de ces dernières années s’est malheureusement étendu à l’ensemble du territoire national au détriment des malades qui ignorent encore les risques pris en consommant des produits introduits frauduleusement.
La réalité décrite par les personnes auxquelles nous avons eu accès au cours de cette enquête dépasse parfois l’entendement. «C’est une réalité palpable», soutient le président de l’Ordre régional des pharmaciens de l’est du pays. Trabelsi Nabil dénonce d’emblée une situation qu’il résume à un seul mot : une arnaque consistant en effet à introduire par des procédés détournés des quantités de médicaments destinés à alimenter des pharmacies bien connues des réseaux de trafic.
Les réseaux sont parfaitement organisés, affirme la même source, «très réactifs» et «prompts à agir» dès qu’une tension sur un produit pharmaceutique se fait ressentir en Algérie. La liste varie au fil du temps, en fonction des pénuries enregistrées dans le pays. La plupart du temps, nous dit-on, il s’agit de «médicaments vitaux, essentiels» non disponibles sur le marché algérien. «Ce sont de véritables filières. A chaque pénurie, les contrebandiers s’empressent de se rendre dans des pays voisins acheter la marchandise et l’introduisent dans le pays par des voies terrestres ce qui laisse penser qu’ils bénéficient très certainement de complicités à ce niveau. Les médicaments sont acheminés dans des camions qui desservent ensuite toutes les pharmacies preneuses au niveau national».
Les trafiquants ont leurs points de repère, des adresses fixes accumulées au fil du temps et de la conjoncture. «Elles sont toutes identifiées.»
L’approvisionnement s’effectue principalement en Tunisie auprès de pharmacies situées dans des villes frontalières. Ainsi chargés, les camions traversent les frontières en moyenne une fois par semaine. «Ce sont des semi-remorques, nous dit-on, mais il faut savoir que les trafiquants se rendent aussi en France ou peut-être même dans d’autres points d’Europe les plus proches, mais l’opération principale se déroule en général chez les Tunisiens. Le phénomène est bien connu là-bas». Une fois arrivés dans le pays, les transporteurs desservent la marchandise à leurs clients à travers différentes wilayas du pays. Les pharmacies reçoivent leur commande et la rangent en arrière-boutique à l’abri des regards des contrôleurs. Les boîtes de médicaments ne sont naturellement pas vignettées comme l’exige la loi. Une loi, affirme Nabil Trabelsi, qui punit pourtant strictement toute transaction frauduleuse de produits de ce genre. Les contrevenants à ces dispositions encourent d’ailleurs jusqu’à cinq ans de prison et une forte amende.
En dépit des risques encourus, de nombreuses pharmacies s’adonnent à ce commerce illicite depuis de longues années. Leur nombre est bien sûr impossible à cerner. Des sources parfaitement au fait de la situation indiquent, à titre d’exemple, que sur les 110 pharmacies répertoriées dans la wilaya de Sétif, une dizaine d’entre elles est concernée par ce trafic illicite. La même situation prévaut à travers toutes les régions d’Algérie.
Des médicaments achetés à bas prix sont ainsi régulièrement revendus deux ou parfois même trois fois plus cher. «Le client est prêt à tout pour acquérir le produit prescrit par son médecin et qui se trouve malheureusement en rupture de stock en Algérie. Il est tout heureux d’avoir mis la main sur ce qui lui fallait et paye le prix exigé. C’est une véritable arnaque car ce médicament coûte parfois seulement un euro et il est revendu à 10 000 DA. Le pharmacien ou le vendeur se trouve face à ce client et lui remet une boîte sans vignette, preuve qu’il l’a fait ramener d’ailleurs. Certains d’entre eux vont même plus loin. Ils enlèvent la vignette eux-mêmes des emballages des médicaments présents à faible quantité et font croire qu’ils l’ont achetée en devises. C’est un commerce juteux, très lucratif qui pénalise lourdement les citoyens.»
De son côté, le président de l’Ordre national des pharmaciens attire l’attention sur les risques que peuvent comporter certains médicaments ainsi commercialisés. «Beaucoup de pays ont inondé le monde avec des produits de contrefaçon, affirme Benbahmed. Il est ainsi impossible de distinguer le bon du mauvais. Le contrôle est impossible de ce fait. La prise de tels traitements peut, par conséquent, aggraver la pathologie du malade. Ces derniers doivent faire très attention et ne jamais acheter des médicaments sans vignette. Si le produit prescrit est introuvable, ils doivent absolument retourner voir leur médecin, l’en informer car il existe toujours une alternative.» «La problématique, poursuit ce dernier, est liée au système du trabendo qui s’est généralisé à tous les domaines, et qui a affecté notre secteur depuis un certain nombre d’années. Ces réseaux profitent de la détresse des malades. Les citoyens pensent que ces derniers rendent service de cette façon, mais c’est complètement faux car il s’agit d’un commerce très rentable pour ceux qui l’exercent. C’est un fait que nous avons toujours dénoncé et nous continuerons à le faire.» Selon Benbahmed, les pharmacies concernées ne sont pas tenues par des professionnels du métier mais plutôt de simples vendeurs, «il s’agit d’une location de diplômes». Dans de rares cas, des témoignages de clients révoltés par les prix parviennent aux organismes chargés du contrôle. Les mis en cause ont été condamnés à des peines allant de deux à cinq ans de prison et des amendes importantes. «Sans ordre, nous ne sommes pas autorisés à inspecter, déclare le président de l’Ordre national des pharmaciens. Nous appelons les citoyens à être très vigilants et refuser ce genre de commerce pouvant être, de surcroît, dangereux pour leur santé. Ces derniers doivent s’adresser à toutes les structures existantes, la police, la gendarmerie, afin que cesse enfin ce trafic.»
A. C.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3653 le: 11 octobre 2017 à 12:11:37 »


Actualités : DE PLUS EN PLUS DE «POLITIQUES» ADOPTENT L’IDÉE
Le «nouveau dinar» gagne des partisans
Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) -

L’idée d’un nouveau dinar en remplacement de l’actuel, en perpétuelle dépréciation, fait son petit bonhomme de chemin.
Après avoir été évoquée, il y a deux ans de cela, par des voix «mineures» parmi celles d’experts et autres économistes, voilà que l’idée de changer de monnaie nationale fait son chemin, certes timidement.
La démarche semble faire, en effet, des émules parmi les parlementaires, et pas que ceux de l’opposition. Après les plaidoyers de députés du MPS, du Front el Moustaqbal pour cette option lors des débats sur le projet d’amendement de la loi sur la monnaie et le crédit, le week-end dernier, hier, c’était au tour de membres de la Chambre basse du Parlement de faire leur cette démarche.
Un sénateur du FLN a, en effet, évoqué, certes à demi-mot, l’option d’une nouvelle monnaie à même de pouvoir «récupérer» les masses astronomiques de l’argent de l’informel que toutes les mesures déjà usitées et celles que le gouvernement envisage d’adopter, comme l’instauration d’un impôt sur la fortune ou encore la finance islamique, n’ont pu et ne pourront faire. Car pour l’intervenant, toutes les options ont leurs «avantages et leurs inconvénients», mettant le doigt sur l’impératif de réformes structurelles à même d’éviter au pays de recourir, une fois l’échéancier de cinq ans expiré, au financement non conventionnel.
Une option d’une nouvelle monnaie défendue également par un autre sénateur, celui-ci du RND, qui s’est interrogé sur la manière à adopter pour faire face aux «incidences inévitables» de ce recours à la planche à billets. Dont, a-t-il cité, l’inflation qui ne manquera pas de galoper encore plus et le pouvoir d’achat qui dégringolera tout aussi inexorablement. Et d’évoquer, pêle-mêle, l’instauration d’un impôt sur la fortune déjà adoptée par le gouvernement, réévaluer le SNMG pour atténuer les effets de l’inflation avant de s’interroger «s’il n’était pas temps de penser à une nouvelle monnaie nationale».
Et ces «petites» entorses à l’unanimisme routinier au Conseil de la Nation ont été accentuées, peu après, par la seule voix vraiment discordante enregistrée lors de ces débats auxquels n’ont pris part qu’une dizaine d’intervenants, 11 plus exactement. Celle d’un sénateur du FFS, comme le veut la «tradition».
Estimant que «seul le citoyen supportera à coups de gros sacrifices les incidences de cette option de la planche à billets», Brahim Meziani a réitéré la conviction du doyen des partis de l’opposition selon laquelle la crise du pays est une crise politique par excellence d’où ont découlé toutes les autres crises dont celle financière auxquelles fait face le pays.
Pour lui, les solutions existent bel et bien et l’opposition ne cesse d’en étaler, considérant, néanmoins, que la «mère» des solutions réside dans la «consécration de l’Etat de droit seul à même de trouver des solutions à toutes les crises».
Un Etat de droit qui «permettra de lutter contre la contrebande, le marché informel, les pseudo-patrons qui ont bénéficié de l’embellie financière du pays», selon Méziani qui se dit «choqué» par le Premier ministre qui, lors de la présentation du plan d’action de son gouvernement au Conseil de la Nation, avait évoqué le square Port-Saïd, comme si c’était, a-t-il ironisé, une «institution rattachée à l’Etat», lui qui est censé combattre l’informel dans tous ses segments dans le marché de change de la devise dont Port-Saïd constitue l’épicentre.
Le projet de loi sur la monnaie et le crédit devra être adopté aujourd’hui dans l’après-midi, le ministre des Finances devant, dans la matinée, répondre aux interrogations des sénateurs.
M. K.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3654 le: 28 octobre 2017 à 11:19:58 »


Soirmagazine : ATTITUDES
Génie

Par Naïma Yachir
naiyach@yahoo.fr
Assis au fond de la classe, il a la table à lui tout seul. Il est heureux car le maître ne le surveille pas, il oublie même son existence et continue à vociférer, s’égosiller à expliquer la leçon.
Nadjib, quant à lui, a mieux à faire. Il sort son attirail de son cartable et l’étale sur son pupitre. Il construit, il adore construire. Il doit terminer les dernières retouches de sa petite locomotive en carton. Il s’applique en silence sans déranger le reste de la classe. Ses camarades se tortillent, courbés sur leur pupitre à recopier machinalement une leçon d’éducation civique, pendant que le maître est en pleins palabres au téléphone.
Nadjib, concentré sur son œuvre, n’est pas dérangé outre mesure par son aura. Il veut finir son invention avant que la cloche ne sonne pour la pause recréation afin d’entamer une autre. Lui, il n’a pas besoin de prendre l’air. Il demeure dans la salle, vide, silencieuse, seul en face de ses morceaux de carton. Le maître sort derrière la ruée d’enfants et ferme la porte. Nadjib, à l’aide de son crayon à la mine parfaitement affûtée, trace, mesure, calcule au millimètre près la longueur, puis la largeur de son engin avant de les assembler.
Le calcul, c’est son dada, mais le maître dit qu’il est nul car il ne résout jamais les opérations comme lui dicte le manuel. Pourtant, à l’oral, même quand il est concentré à placer une porte ou un toit de sa machine, il répond comme par instinct avant même que ses camarades aient le temps d’ouvrir la bouche. Mais le maître est toujours agacé et ne manque pas de le sermonner.
A huit ans, Nadjib possède une collection de plusieurs voitures qu’il dispose sur les étagères de sa bibliothèque, comme un peintre accroche ses toiles aux murs. Sa mère, désespérée car il refait sa deuxième année primaire, s’inquiète : «Le psychologue ne veut plus me voir, il ne cesse de me répéter que mon fils est normal, c’est un petit génie. Le calcul c’est son fort, il sait lire, écrire, il ramasse toutes les revues spécialisées dans les véhicules. Il les dévore. Mais son maître ne cesse de me répéter qu’il n’est pas normal, qu’il doit être placé dans un établissement pour enfants inadaptés. Il dit qu’il ne va pas être repris dans la même école l’année prochaine. Il perturberait ses camarades. Nadjib, c’est pourtant un enfant merveilleux, intelligent, mais il ne s’intéresse pas du tout à ses cours. Il s’échine à m’expliquer qu’il perd son temps à l’école. ‘’Moi quand je serai grand, je construirai des voitures, mais pas en carton, en vrai’’.»

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3655 le: 05 novembre 2017 à 08:33:59 »
 /xv/

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3656 le: 06 novembre 2017 à 08:39:18 »
 :-D :-D :-D

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3657 le: 06 novembre 2017 à 15:24:54 »
Bonjour,
C'est grotesque, il est né en 1934 (83 ans) et elle e, 1954 (63 ans) et puis des études en médecine. Un peu de sérieux SVP!

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3658 le: 06 novembre 2017 à 15:25:48 »


Actualités : Paradise Papers
Le nouveau scandale planétaire des comptes offshores

Par Lyas Hallas
Une nouvelle fuite de documents a permis au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) d’explorer les abysses du système financier offshore. Ce sont 13,4 millions de documents qui viennent accentuer la lumière déjà jetée par les «Panama Papers», il y a près de deux ans. Ils révèlent les intérêts offshores de plus de 120 politiques à travers le monde ainsi que d’autres personnes exposées politiquement, parmi lesquelles des Algériens, mais aussi le pillage fiscal des multinationales et les deals secrets de leurs facilitateurs d’affaires.
Les documents fuités proviennent de deux firmes de services offshores, Appleby et Asiaciti Trust, fondées respectivement aux Bermudes et à Singapour mais aussi, de dix-neuf administrations du Registre de commerce d’Etats insulaires qui, à l’ombre de l’économie globalisée, servent d’escales aux capitaux. Ils ont été obtenus par le journal allemand Süddeutsche Zeitung qui les a partagés avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) dont Le Soir d’Algérie est partenaire, un réseau fort de 380 journalistes exerçant dans près de 70 pays.
Ces documents montrent comment se chevauchent les intérêts des hommes politiques, des riches de ce monde et les compagnies multinationales et comment s’ingénient leurs comptables et gestionnaires de fortunes afin de les faire payer moins d’impôts. «L’industrie de la finance offshore rend les pauvres plus pauvres et accentue les inégalités», a estimé Broocke Harrington, gestionnaire de fortunes et accessoirement professeure à l’école de commerce de Copenhague et auteure de «Capital sans frontières : Les gestionnaires de fortunes et le 1%». «Il y a un petit groupe de personnes qui ne sont pas soumises aux mêmes lois que le reste du monde, et c’est à dessein», a-t-elle ajouté. Et de souligner : «Ces gens vivent le rêve de jouir des avantages de la société sans pour autant être assujettis à ses contraintes.»
En effet, les documents fuités élargissent considérablement l’horizon des révélations faites par l’ICIJ et ses partenaires dans le cadre des «Panama Papers» en jetant la lumière sur des paradis fiscaux inexplorés jusque-là.

Les Américains et les résidents aux Etats-Unis
Le gros des documents fuités provient de Appleby, un cabinet d’avocats et le fournisseur de compagnies offshores Estera, deux sociétés qui ont opéré ensemble jusqu’à 2016 sous le nom de Appleby avant que Estera ne devienne une entité indépendante. Près de 7 millions de documents de Appleby et ses démembrements qui couvrent la période allant de 1950 à 2016 ont fuité. Ce sont des mails, des conventions de prêts à coups de milliards de dollars et des relevés bancaires d’environ 25 000 entités économiques impliquant des personnes dans 180 pays.
Au moins 31 000 personnes physiques et morales citées dans les archives de Appleby sont des citoyens américains ou des résidents aux Etats-Unis – les Américains sont les premiers clients de Appleby, même si elle compte de gros clients britanniques, chinois ou autres canadiens –. Ces documents dévoilent, entre autres, le business offshore de plus d’une douzaine de conseillers et de collaborateurs du Président américain Donald Trump. L’une des pistes offshores mène vers son secrétaire au Commerce, le magnat du capital-investissement Wilbur Ross, lequel est partie prenante dans une compagnie de transport maritime qui a engrangé 68 millions USD de revenus depuis 2014 dans son business avec une compagnie énergétique russe codétenue par le gendre du Président russe Vladimir Poutine.
Parmi les résidents aux Etats-Unis, l’on compte le héros de la Bataille d’Alger : Yacef Saâdi. Les documents nous apprennent que le chef de l’organisation militaire du FLN à Alger de septembre 1955 à septembre 1957, loge une partie de sa fortune aux îles Caïman où il détient un «trust» administré par Appleby dans lequel il est associé avec sa fille Zaphira, une artiste plasticienne résidente aux Etats-Unis. Un trust ? Selon le glossaire financier du journal français Les Echos, «c’est une entité juridique constituée par des personnes physiques ou des sociétés qui lui apportent soit des actifs soit des liquidités à charge pour le trust de les gérer en suivant les consignes qui lui ont été données par les créateurs du trust.»
Dans ce contexte, il convient de rappeler que Yacef Saâdi est déjà apparu dans le listing de la filiale suisse de HSBC, révélé par ICIJ en 2015. Il dispose d’un compte qui, en 2006-2007, était pourvu de 400 000 dollars américains. Désigné comme membre du Conseil de la nation au titre du tiers présidentiel en 2001 pour un mandat de six ans renouvelé deux fois, Yacef Saâdi n’a pas d’activités lucratives connues en Algérie. Il a fondé au lendemain de l’indépendance la boîte de production cinématographique Casbah Films qui a produit un seul film, La Bataille d’Alger, où Yacef Saâdi joue son propre rôle pendant la guerre de Libération nationale, celui de chef militaire de la Zone autonome d’Alger. Ce film a été projeté aux Etats-Unis dans les années 2000 et, selon les déclarations de son entourage après l’éclatement du scandale connu désormais par les «SwissLeaks», il lui a rapporté 200 000 dollars au titre des droits d’auteur. Yacef Saâdi bénéficie d’une pension de moudjahid, touche une indemnité de sénateur et loue des biens immobiliers qu’il possède à Alger. Fondée aux Bermudes, Appleby dispose de bureaux à Hong Kong, à Shanghai, aux îles Vierges britanniques, aux îles Caïman et nombre d’autres places offshores. Elle est membre du «Offshore Magic Circle», un club informel des principaux praticiens du droit offshore dans le monde. La firme jouit d’une bonne réputation qui, grâce à un mode de fonctionnement très coûteux, mariant discrétion et diligence poussée des clients, n’a, depuis sa création il y a maintenant 100 ans, jamais été égratignée.
Mais, contrairement à l’illusion de cette image éclatante, les documents révèlent qu’elle a fourni des services à des clients à haut risque, des Russes, des Iraniens et des Libyens qui, d’ailleurs, ont été omis par les audits des autorités financières des Bermudes. Et, si ces contrôles, qui ont mis au point des lacunes dans les procédures de prévention contre le blanchiment d’argent, ont valu des sanctions à Appleby, ils n’ont pas fait de vagues. Elle s’en est acquittée dans le secret absolu.
Appleby n’a pas répondu dans le détail aux questions de l’ICIJ mais, elle a anticipé le scandale en diffusant la semaine dernière un communiqué arguant qu’«elle a investigué les sujets faisant l’objet de la requête de l’ICIJ», se félicitant au passage qu’«elle n’a rien découvert de compromettant». Les rédacteurs du communiqué ont ajouté que «le cabinet est régulièrement audité par les autorités de régulation et il est déterminé à se conformer toujours aux standards exigés».
La fuite contient aussi plus d’un demi-million de documents provenant de Asiaciti Trust, un spécialiste des fortunes familiales basé à Singapour et qui dispose de deux bureaux satellites, à Samoa dans le Pacifique-Sud et à Nevis dans les Caraïbes. Elle contient également des documents provenant des administrations du registre de commerce de dix-neuf juridictions, soit un cinquième des paradis fiscaux qui pullulent des Caraïbes au Pacifique en passant par l’Europe et le Moyen-Orient : Liban, Antigua-et-Barbuda, îles Cook, îles Marshall, Saint-Kitts-et-Nevis, pour ne citer que ceux-là. Considérés, faut-il le souligner, comme les bastions les plus discrets du système financier offshore, six sur ces dix-neuf registres n’ont pas de portail web ; les registres de certaines de ces juridictions sont disponibles en ligne mais, ne permettent pas les recherches par noms ; d’autres, comme celui de la Barbade, ont des sites qui sont constamment en panne ; ou encore celui des îles Cayman qui facture à plus de 30 dollars une page ne contenant que des informations basiques. Bref, on trouve dans les documents fuités les noms des compagnies offshores et les noms de leurs gérants ainsi que leurs propriétaires.

La reine Elisabeth n’est pas en reste…
Les documents obtenus par l’ICIJ révèlent le montage offshore construit au profit des Emirats arabes unis pour l’achat d’avions espions, les deals secrets du collecteur de fonds du Premier ministre canadien Justin Trudeau et le paravent bermudien de feu Marcial Marciel Degollado, l’influent prêtre mexicain fondateur des Légionnaires du Christ dont l’héritage philosophique a été entaché par des suspicions d’abus sexuel sur des enfants.
Ils révèlent aussi que Appleby gère une compagnie domiciliée aux îles Caïman, «Little Cayman East 91A 177» pour le compte de Yassine Rebrab, fils du patron du groupe Cevital, et que Réda Bedjaoui, neveu de l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui, utilise une coquille singapourienne administrée par Asiaciti, Redbed Holdings Pte. Ltd, pour la gestion d’un compte suisse domicilié dans une agence genevoise de la banque Mirabaux&Cie. Réda Bedjaoui, qui a tenté une carrière d’avocat avant de créer avec son frère Farid Bédex Agrofood Interational et Mexicafé, deux sociétés spécialisées dans le négoce des produits agroalimentaires lesquelles ont été dissoutes il y a près de sept ans, se présente désormais comme analyste financier.
Or, c’est à travers Ryan Asset Management FZ, domiciliée à Dubaï, fondée par son frère Farid et qui a bénéficié d’un dépôt de Sonatrach, qu’il s’est lancé dans des activités d’ingénierie financière. Il est installé au Québec où il est propriétaire de plusieurs biens immobiliers et vit entre Montréal et Dubaï où il réside au 2201, Burj Dubai Residence Tower. Sa dernière acquisition en date : un luxueux appartement sis Place Ramezay, à Montréal, acheté pour 1,8 million dollars canadiens. Trois mois plus tôt, il a acquis en copropriété la société montréalaise Appartements Acadia inc. Le luxueux appartement qui vient avec les parts de cette copropriété indivise sise en face du Ritz-Carlton –
les frais de condos sont de 47 148 dollars canadiens par an –, a été mis en vente chez l’agence Sotheby pour 3,5 de dollars canadiens, a précisé Le Journal de Montréal l’été dernier.
Cité par des protagonistes dans l’affaire de l’autoroute Est-Ouest au même titre que son frère Farid, poursuivi actuellement par la justice italienne dans l’affaire Sonatrach/Saipem et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, Réda Bedjaoui a été épargné par les procédures judiciaires. Nous avons approché Réda Bedjaoui par le biais de ses avocats canadiens, Mes Jeffrey Boro et Jonathan Gordon, pour en savoir plus sur sa coquille singapourienne mais le neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères n’a pas répondu à nos questions.
Parmi les politiques, souverains et membres de leurs familles qu’on peut également citer, il y a la reine d’Angleterre Elisabeth II, la reine Noor de Jordanie, bénéficiaire de deux trusts domiciliés à Jersey dont l’un d’eux est le propriétaire de son immense domaine britannique ; le ministre ougandais des Affaires étrangères qui a présidé la 69e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies, Sam Kutesa, lequel a domicilié le trust qui gère sa fortune aux Seychelles ; Henrique De Campos Meirelles, ministre brésilien des Finances, qui a créé une fondation d’«œuvres caritatives» aux Bermudes ; et Antana Guoga, un Lituanien membre du Parlement européen et joueur professionnel de poker qui détient une participation dans une société de jeux basée à l’île de Man dont l’un des actionnaires est un magnat qui a été poursuivi aux Etats-Unis. Les documents dévoilent aussi le business du général d’armée (quatre étoiles) à la retraite Wesley Clark, ancien chef suprême des forces de l’OTAN en Europe qui fut, à un moment, un potentiel candidat démocrate aux présidentielles américaines, lequel gérait une société de jeux online qui détient plusieurs filiales offshores.
Les documents d’Appleby montrent que la reine Elisabeth II a investi plusieurs millions de dollars américains dans des sociétés fournissant des soins médicaux et des sociétés de crédits à la consommation.
Les archives montrent que le domaine personnel de la reine a investi en 2007 dans un fonds domicilié aux îles Caïman lequel détient des parts dans une compagnie de capital-investissement qui, au Royaume-Uni, contrôle BrightHouse, une agence de location-vente objet de critiques de la part des consommateurs et de nombreux parlementaires pour avoir vendu aux Britanniques insolvables des biens immobiliers avec des échéanciers basés sur des taux d’intérêt aussi excessifs que 99,9%. Si le duché de Lancaster, domaine personnel de la reine, fournit quelques détails sur ses investissements immobiliers au Royaume-Uni, comme les centres commerciaux disséminés à travers le sud d’Angleterre, il n’a jamais indiqué l’existence de ces investissements offshores.
Un porte-parole de la reine Elisabeth a indiqué à notre partenaire The Guardian que «le duché détient un portefeuille permanent dans le fonds des îles Caïman mais n’était pas au courant des investissements dans BrightHouse». Et de souligner que «la reine paie volontairement ses impôts sur le revenu du duché ainsi que sur ses investissements». La reine Noor de Jordanie a déclaré à l’ICIJ que «tout ce que lui avait légué feu le roi Hussein ainsi qu’à ses enfants a toujours été géré suivant les standards éthiques, légaux et réglementaires les plus exigeants». Le ministre brésilien des Finances, Meirelles, lui, a déclaré que «la fondation ne lui bénéficie pas personnellement mais, elle est destinée à financer des œuvres d’éducation après sa mort». Guoga a indiqué que ses investissements ont été déclarés aux autorités de l’île de Man et ses dernières parts dans la compagnie en question ont été vendues en 2014. Kutesa et Clark n’ont pas répondu aux sollicitations de l’ICIJ.

Multinationales : le pillage fiscal
Le Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest, est le pays le plus pauvre de la planète. En moyenne, un Burkinabé gagne moins de ce que paie le propriétaire d’une compagnie offshore comme droits d’enregistrement aux Bermudes. A propos, le pillage fiscal auquel s’adonnent les multinationales est l’une des causes de l’appauvrissement de beaucoup de pays, notamment en Afrique. Comme l’a relevé le Burundais Léonce Ndikumana, professeur d’économie à l’Université du Massachusetts, dans une contribution publiée par Le Soir d’Algérie en octobre dernier : «L’essentiel des flux financiers illicites provient des flux commerciaux traditionnels. C’est le fruit de manipulations effectuées par des multinationales pour ne pas payer aux pays les impôts correspondants à leurs activités sur place.» Il a expliqué que «le plus souvent, les multinationales transfèrent leurs profits vers des pays où la fiscalité est peu élevée, aux dépens de celui où elles produisent en réalité».
Il s’agit d’un phénomène mondial, certes. Mais, a insisté le professeur Ndikumana, l’impact pour les pays en voie de développement, en particulier en Afrique, est nettement plus dévastateur car, ces impôts non payés ont un coût humain gigantesque : «Ce sont autant de financements en moins pour les infrastructures, des programmes d’éducation, de santé, d’alimentation, de protection des droits des femmes ou de préservation de l’environnement.» «Avant même les détournements des entreprises, leurs recettes fiscales sont faibles. En Afrique, le niveau moyen des prélèvements ne dépasse pas 17%, contre environ 35% dans les pays riches. Les administrations ne disposent pas des ressources nécessaires pour déjouer les stratégies de plus en plus sophistiquées et agressives des multinationales pour échapper à l’impôt. Sans même parler de la corruption qui achète la complaisance de certains décideurs locaux», a-t-il regretté.
Ainsi, Glencore, le plus grand négociant de matière première au monde et 16e plus grande multinationale au monde, a vu les 29 millions de dollars de taxes et pénalités que lui avait réclamés l’administration fiscale burkinabaise réduits à 1,5 million. «Aider les riches à devenir plus riches à travers des manœuvres offshores n’est pas un avantage bénin», dixit la professeure Harrington de l’école de commerce de Copenhague. «Quand le riche devient plus riche, le pauvre devient plus pauvre, parce que les riches ne paient pas leur juste part d’impôts», a-t-elle expliqué. Et, a-t-elle conclu, «les gestionnaires de fortunes ne doivent pas perdre de vue que nous avons atteint les niveaux d’inégalité et d’injustice d’avant la Révolution française».
En effet, Glencore est l’un des plus gros clients de Appleby. Les documents fuités contiennent des décennies de transactions, de mails et des prêts multimillionnaires à des facilitateurs d’affaires en Russie, en Amérique latine, en Afrique et en Australie. Glencore était un si important client qu’il avait sa propre salle dans les bureaux de Appleby aux Bermudes. Ainsi, les procès-verbaux des réunions du conseil d’administration de Katanga Mining – une société dans laquelle Glencore détenait des intérêts et qu’elle contrôle actuellement à hauteur de 80% – révèlent comment ses représentants ont utilisé les relations haut placées au Congo (RDC) du businessman israélien Daniel Gertler pour conclure un accord sur une prometteuse mine de cuivre. Glencore a prêté des millions de dollars américains à une compagnie appartenant à Gertler et décrite par le Département de la Justice des Etats-Unis comme un étui de pots-de-vin – Glencore et Gertler ne sont pas cités dans l’affaire en question. Glencore a déclaré que «ses vérifications au sujet de Gertler ont été larges et approfondies». L’avocat de Gertler a noté que «les investigations du Département de la Justice des Etats-Unis ne prouvent rien contre lui». Il a récusé toute allégation d’acte répréhensible ou criminel de la part de son client. Et de conclure : «Aucun de ses prêts ne relève d’un usage inapproprié.»

Glencore opère toujours au Sahara occidental
Les documents fuités indiquent également que Appleby administre la filiale de Glencore qui explore illégalement l’offshore des territoires occupés du Sahara occidental à la recherche d’hydrocarbures : Glencore Exploration & Production (Morocco) LTD.
Glencore a exploré deux zones, à savoir Foum Ognit et Boujdour Shallow. Une activité qui n’a valu qu’ennuis et pertes financières à la multinationale à cause de la pression des ONG internationales, scandinaves notamment, appuyant l’Observatoire des ressources naturelles du Sahara occidental (WSRW) qui ne cesse de dénoncer l’exploitation du domaine minier sahraoui par l’occupant marocain et ses partenaires. C’est l’opposition aux activités de Glencore au Sahara occidental qui a amené le fonds de pension norvégien KLP à céder ses parts dans le groupe pour 24 millions de dollars américains en décembre 2015. Et, c’est la pression du Parlement suisse qui a poussé Glencore à céder ses actions dans le bloc de Foum Ognit à son associé New Age Energy en février dernier.
Dans sa réponse à l’ICIJ, Glencore a indiqué qu’«elle est en discussion avec Onhym (l’Office national des hydrocarbures et des mines/Maroc, Ndlr) pour abandonner le bloc Boujdour Offshore Shallow où elle détient 38,25% des actions».
Ce qu’il faut néanmoins retenir est que Glencore s’est engagée dans l’exploration de l’offshore sahraoui en sachant que cela est illégal. Plusieurs avis juridiques ont été émis par des instances internationales bien avant cet investissement. L’on peut citer la lettre adressée au président du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) par le secrétaire général adjoint aux affaires juridiques, Hans Corell. Il y a émis un avis sur la légalité de deux contrats conclus en octobre 2001 par l’Office national de recherches et d’exploitations pétrolières du Maroc (Onarep) – l’Onhym est l’organisme né de la fusion de l’Onarep et le Bureau des recherches et des participations minières (BRPM) –, l’un avec la société pétrolière américaine Kerr McGee du Maroc Ltd. et l’autre avec la société pétrolière française TotalFinaElf E&P Maroc, portant sur des activités de reconnaissance pétrolière et d’évaluation au large des côtes du Sahara occidental. L’on peut citer aussi la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne qui a estimé récemment que l’accord d’association de l’Union européenne avec le Maroc ne s’applique pas au Sahara occidental.
En Afrique, ce n’est pas uniquement le Burkina Faso qui endure le pillage fiscal. Madagascar Oil SA, qui exploite les hydrocabures dans la Grande île, est détenue par la société mauricienne «Madagascar Oil Limited» elle-même détenue par «Madagascar Oil Limited» domiciliée aux Bermudes et cotée à la Bourse de Londres. Inutile de rappeler qu’une grande partie de la plus-value réalisée à Madagascar s’évapore aux îles Maurice et aux Bermudes.
Les documents fuités nous apprennent, par ailleurs, que l’ancien ministre algérien de l’Energie Nordine Aït Laoussine (1991-1992) et actuel président de la société de consulting suisse Nacolsa SA, a été actionnaire dans la compagnie Madagascar Oil Limited via les îles Maurice. Il détenait 2405 actions, soit 0,2% du capital de la compagnie, aux côtés de trois fonds d’investissement nord-américains, à savoir Rab Special Situations Master Fund (73,8%) Millennium Global Natural Ressources Fund (18,7%), et Airlie Opportunity Master Fund (4,5%). Joint par téléphone, Aït Laoussine a précisé qu’«il avait acquis ces actions gratuitement quand il était membre du conseil d’administration de cette compagnie». «Ces actions faisaient partie de ma rémunération. Mais, je les ai vendues à un prix dérisoire, 180 dollars pour être précis, juste après ma démission il y a quatre ou cinq ans», a-t-il ajouté. Le président de Nacolsa SA, qui «met au point des formules de coopération entre parties intéressées par les questions touchant à l'exploration, la production et à l'approvisionnement du pétrole et du gaz», est également membre du conseil d’orientation de la compagnie émiratie Dana Gas PJSC.
Aït Laoussine est l’un des consultants énergétiques algériens les plus connus à l’international mais, il n’a conseillé que rarement les compagnies pétrolières opérant en Algérie. Aït Laoussine a ainsi été la courroie de transmission entre Technip, devenue TechnipFMC au début 2017 après avoir fusionné avec l’américain FMC et le gouvernement algérien dans la perspective de résoudre le conflit qui a opposé la compagnie française à Sonatrach en 1992 en raison des retards accusés dans la construction des usines de Asmidal, filiale de Sonatrach spécialisée dans les engrais et les produits phytosanitaires. Cette dernière a d’ailleurs opté pour un arbitrage international qu’elle a finalement perdu. «J’étais conseiller spécial du chef du gouvernement Bélaïd Abdeslam et c’est lui qui m’avait chargé de trouver un arrangement avec Technip», a encore précisé Aït Laoussine.
En effet, quand Total a obtenu le permis d’exploitation des gisements gaziers de Hamra, elle a voulu amener Technip pour la construction de l’usine de traitement du gaz. Or, Sonatrach a refusé à cause de la procédure d’arbitrage en cours. L’émissaire Aït Laoussine a proposé un arrangement à l’amiable où Sonatrach paie un franc symbolique. Bélaïd Abdeslam, chef du gouvernement de l’époque, lui, a été d’accord pour que Technip paie ce franc symbolique afin d’arranger les choses. Mais, sur conseil de Mohamed Bedjaoui qui était arbitre, la procédure d’arbitrage a été maintenue. Bedjaoui a convaincu Abdessalam que Sonatrach allait avoir gain de cause. Et, au final, elle a été condamnée à verser 360 millions de dollars à Technip à un moment où le pays affrontait une crise financière aiguë.
L. H.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3659 le: 12 novembre 2017 à 18:39:48 »
les dérives de l'école algérienne.génération zombie.
lire l'article:
Étrange histoire que celle jugée récemment par le tribunal de Sétif et dont l’accusé principal est une enseignante qui a tué sa sœur lors d’une roqia. Après l’avoir étranglée, elle l’a installée dans une chambre, attendant sa résurrection.
À l’origine de ce drame, un “rêve prémonitoire” fait par l’enseignante de langue arabe âgée de 32 ans exerçant au CEM Ben Nouioua,  dans la ville d’Aïn Oulmène, au Sud de la wilaya de Sétif. Estimant que sa sœur était envoûtée, celle-ci a décidé de la soumettre au rituel de la roqiaauquel ont pris part sa mère et son autre sœur.

Sous les yeux ébahis de la cour, l’enseignante a raconté comment elle a pratiqué le «rituel d’Ismaël» en référence au texte religieux du sacrifice d’Abraham. Selon elle, ce rituel avait pour but de guérir sa sœur de l’épilepsie dont elle souffrait depuis son enfance. Dans son récit, elle soutient que cette maladie était due à un sortilège.
Ses deux complices ont obtempéré sans formuler de réserves. La victime a donc été allongée et retenue fermement pour permettre à l’enseignante de l’étrangler. Devant la cour, l’auteure du crime et ses complices ont soutenu mordicus qu’ils ne voulaient pas tuer la victime et que leur acte était, au contraire, motivé par le salut de la victime.
Le plus stupéfiant est que l’enseignante et ses complices s’attendaient à ce que la victime ressuscite. Une histoire qui a provoqué la sidération de la cour qui a décidé de soumettre les accusées  à des examens psychiatriques.
Après trois expertises, l’auteure principale du crime, en l’occurrence l’enseignante, a été internée dans un hôpital psychiatrique pour troubles mentaux. Ses deux complices ont, quant à elles, écopé de dix ans de prison ferme.


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