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Auteur Sujet: LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,  (Lu 774003 fois)

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3680 le: 24 décembre 2017 à 10:07:38 »
Bonjour les Amis,
Dans le "Soir d'Algérie" de ce jour.

Évocation : Le retour de Ferhat Abbas

Par Badr’Eddine Mili
Depuis quelques mois, Ferhat Abbas est de retour dans l’actualité nationale et s’installe dans le débat public avec une régularité et une sûreté qui ne laissent plus guère de doute sur l’intérêt qu’il suscite, non, seulement, en tant que repère, instructif, sur l’Histoire du Mouvement national et de l’indépendance, mais, davantage, encore, comme un recours utile que les élites et de plus en plus de citoyens interrogent pour éclairer les voies sur lesquelles le pays pourrait être appelé à s’engager à court ou à moyen terme. Les nouveaux écrits qui lui sont, désormais, fréquemment, dédiés ont ceci de significatif qu’ils font, peu à peu, sortir le personnage du ghetto dans lequel il fut enfermé par ses adversaires, après sa démission de l’Assemblée constituante qu’il présidait et, plus tard, par sa dénonciation des options politiques et économiques du pouvoir d’Etat. Les écrans de fumée dont ses contradicteurs l’avaient entouré dans l’instruction des différents procès qu’ils lui intentèrent, en particulier sur le minimalisme de ses revendications rapportées à celles du PPA, sont en train de se dissiper, progressivement, grâce aux analyses, aux témoignages et aux révélations portés, avec moins de passion aveuglante, par ces écrits. Les Algériens commencent à découvrir que, finalement, ce grand leader n’a rien du «renégat assimilationniste» qu’on avait tenté de faire incruster dans le subconscient du peuple. Ferhat Abbas, replacé dans le contexte historique qui fut celui de l’Algérie de l’entredeux- guerres, apparaît, plutôt, sous les traits d’un politicien pragmatique qui s’appliquait, à travers la recherche du meilleur compromis possible, à mener une politique, déjà, pratiquée par l’Emir Khaled, face à un colonat puissant, violent et arrogant. Le parti réformiste – l’UDMA – qu’il fonda, il l’avait voulu, dans ses déclarations comme dans ses actions – la création des Amis du Manifeste et des Libertés, par exemple – plus proche de l’Association des Ulémas que de la Fédération des Elus du Dr Benjelloul, de Me Belhadj Saïd et du Dr Bentami, partisans de l’assimilation par la naturalisation. Il ne fut, d’ailleurs, pas le seul dirigeant nord-africain à adopter cette ligne modérée, il la partageait avec la plupart des leaders tunisiens et égyptiens, Habib Bourguiba, en tête, qui disaient, dans ces années-là, n’avoir, à leur disposition, d’autres alternatives à exploiter pour le compte des classes aisées qu’ils représentaient que le louvoiement et les solutions moyennes ; à la nuance près, de taille, que les partis du Destour et du Wafd, parmi d’autres, de même étalonnage, activaient dans des protectorats qui avaient conservé une bonne partie de leurs institutions politiques et de leur patrimoine civilisationnel, à l’inverse de l’Algérie où la colonisation «construisait» pour s’installer ad vitam æternam et à «instruire» pour assimiler un peuple dépossédé de ses fondamentaux identitaires. Les Algériens se rendent, également, compte que la démarche suivie par Ferhat Abbas dans sa confrontation avec l’administration d’occupation n’est pas demeurée statique. Elle a évolué et même basculé quand il commença à critiquer le statut de l’indigénat, à refuser les ordonnances de 1944 qui accordaient la naturalisation à certains «indigènes», une position qui lui valut l’épithète de «pharmacien qui n’aimait pas les ordonnances». Il franchit, deux années plus tard, un palier supérieur dans la radicalisation de ses rapports avec la France coloniale en déposant à l’Assemblée constituante française, en 1946, un projet de Constitution de la République algérienne et en interpellant, directement, les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, à travers un appel où il demanda l’élection d’une Assemblée souveraine, une initiative qui indisposa, fortement, le général de Gaule, lui aussi, rendu destinataire d’une lettre ouverte, abondant dans le même sens, qu’il lui fit parvenir lors de son séjour à Alger, en plein conflit. Les massacres du 8 Mai 1945 le positionnèrent, définitivement, de l’autre côté de la barrière, en lui faisant déclarer que dès lors que le sang a coulé, il n’y avait plus de place aux atermoiements et que l’usage de la violence s’imposait de lui-même. Cette escalade dans la contestation de l’ordre colonial lui attira les foudres du futur président de la Ve République française qui lui voua, depuis, une animosité ouverte, poussant l’inélégance jusqu’à tenir des propos désobligeants envers son épouse, Marcelle Stœtzel dont il avait dit qu’elle était «une Alsacienne, pour ne pas dire une Allemande». Le passif entre les deux hommes s’était, déjà, alourdi, après que le leader udmiste eut remis au maréchal Pétain un rapport détaillé sur la situation des Algériens, une addition de griefs qui poussèrent le chef de la France Libre à le tenir en suspicion permanente, de sorte qu’à son retour aux affaires, en 1958, il le disqualifia au profit des chefs de l’ALN, comme interlocuteur dans les négociations qu’il entama avec le FLN. La suite, les Algériens la connaissent et en déduisent, que, contrairement à ce qu’on a fait dire aux «pièces» versées dans les «dossiers » des procès qui lui furent montés, après 1962, pour les besoins de ce qui apparaît, en définitive, comme un règlement de comptes politiques, Ferhat Abbas n’était pas un traître, n’avait pas commis de faute, historiquement condamnable, et quand bien même il avait débuté sa carrière sur des positions minimalistes et de classe, il l’avait finie avec la stature d’un homme d’Etat représentatif, à travers le GPRA, de l’ensemble de la nation. Comparé à ce que des responsables du pouvoir d’Etat pratiquent, aujourd’hui, dans leurs rapports avec l’ancienne puissance coloniale – course effrénée et assumée à l’acquisition de la nationalité française pour leurs proches, achat de propriétés somptueuses à Paris, inscriptions en masse dans les universités de l’Hexagone, accueil, en délégation officielle, des historiens-idéologues opposés à l’option de la guerre de Libération nationale, déroulement du tapis rouge aux filles de bachaghas félons et aux secrétaires d’Etat et ministres du gouvernement français descendants de harkis —, il serait, pour le moins, indéfendable, voire puéril de culpabiliser Ferhat Abbas de ce qu’il fut obligé, dans le contexte d’un siècle d’occupation génocidaire, à rechercher au problème algérien une solution médiane, estimée de moindre coût. A contrario, la vérité serait, aussi, de rappeler que celui-ci était en grand décalage par rapport à la revendication précoce de l’indépendance avancée par l’Etoile nord-africaine et le Parti du peuple algérien, à une époque où la féodalité et la bourgeoisie se bousculaient sous les lambris de la République pour offrir leur collaboration à l’entreprise de «civilisation » du peuple algérien. Occulter cette différence de niveau dans la revendication serait aller à l’encontre de la vérité historique et risquerait d’avaliser les thèses révisionnistes de ceux qui, à Paris et ici, s’affairent à démontrer que le recours aux armes fut la mauvaise solution et qu’il aurait mieux valu travailler la main dans la main, pour perpétuer l’ordre colonial par «la fraternisation» et «la cohabitation bienheureuse entre les communautés» prônées par les nostalgiques de l’Algérie française. Pour autant, les Algériens, lucides, n’entendent pas jeter dans la poubelle de l’Histoire, sans distinction et sans vérification, des hommes qui donnèrent le meilleur d’eux-mêmes dans le combat pour l’émancipation nationale avec des moyens et des méthodes apparentés à ceux utilisés par d’autres mouvements nationalistes dans le monde. Le leader réformiste n’avait-il pas écrit, en 1952, dans La République algérienne que «lorsque l’UDMA, dans le cadre d’une action pacifique contre le régime colonial, se donne pour objectif la pénétration des masses par la théorie du Manifeste, elle accomplit un geste révolutionnaire, au moins, aussi efficace que la révolte armée. L’exemple de Ghandi aux Indes en est la meilleure illustration». C’est le même homme qui apostrophe le général de Gaulle en des termes similaires dans la lettre ouverte suscitée : «A l’inverse de votre premier voyage sur cette terre, vous y venez, cette fois-ci, pour défendre une cause indigne de vous et de votre passé»… Et de poursuivre : «Vous n’avez pas cru devoir vous inspirer du Manifeste du peuple algérien et vous arrêter à la solution de clarté et de raison que nous n’avons pas cessé de soumettre à tous les hommes de bonne volonté»… Et de conclure, en exhortant le général à prendre en considération «le Manifeste, symbole d’émancipation nationale et d’affranchissement conformes, en tous points, à la tradition de liberté et de justice» de votre pays. Le général de Gaulle ne répondra pas à cette supplique. Mais il s’en souviendra lorsqu’il instruira Louis Joxe, le négociateur d’Evian, de ne prendre langue qu’avec les chefs de l’ALN, d’abord, le colonel Si Salah de la Wilaya IV reçu à Rambouillet et sondé sur «la paix des braves» et, dans un second temps, par la volonté exprimée de n’avoir, dans les pourparlers, pour vis-à- vis qu’un militaire, en l’occurrence le colonel Krim Belkacem, de préférence à un civil, le président du GPRA qui n’avait pas de prise sur le maquis et, encore moins, sur l’EMG dirigé par un Houari Boumediene entré en sédition contre son autorité. L’histoire enregistrera qu’après l’indépendance, revenant, probablement, à de meilleurs sentiments à l’égard de Ferhat Abbas, Charles de Gaulle lui fit remettre par l’ambassadeur de France, à Alger, le 27 octobre 1970, juste avant sa mort, un exemplaire du premier tome de ses Mémoires d’espoir — Le Renouveau 1958- 1962 – portant la dédicace manuscrite : «Pour M. le Président Ferhat Abbas, avec l’assurance de ma haute considération, C. de Gaulle.» En cette journée du 24 décembre commémorative de l’anniversaire du décès de l’auteur de La nuit coloniale dont on croit savoir qu’elle marquera le lancement de la fondation portant son nom et qui regroupera intellectuels, historiens, militants politiques, défenseurs de l’Etat de droit, il était indispensable de rappeler, ici, la complexité de cette époque et ce qu’elle a charrié comme contradictions, hésitations et revirements, de tous bords. Mais, maintenant que les polémiques, à son sujet, tendent, petit à petit, à s’estomper — malgré quelques résurgences amères —, ce qui importe le plus, aux yeux des historiens et des citoyens algériens, ce n’est pas tant de réhabiliter Ferhat Abbas, il n’a pas à l’être, il a été habilité par les charges qu’il assuma à la tête de l’institution politique centrale de la Révolution et, à l’indépendance, à la tête de l’institution constituante qui devait doter l’Etat algérien de ses fondements de droit. Le plus important est que son legs politique, la lutte pour la démocratie qui a émaillé tous les documents, toutes les initiatives, tous les articles qu’il a écrits, soutenus et popularisés soit exploité, sans préjugés sectaires, car ce legs propose un arsenal plein de concepts et d’outils pratiques qui recèlent de quoi reconstruire et relégitimer la gouvernance sur la base du droit et de la liberté et, par voie de conséquence, de quoi faire avancer la société sur la voie de la modernité. Les nationalistes révolutionnaires et les patriotes devraient en tenir compte en s’en inspirant au lieu de laisser les dirigeants du pouvoir d’Etat continuer à s’enferrer dans la politique des équilibres chancelants et des quotas régionalistes. Ils ont, devant eux, un chantier qui se prêtera, incontestablement, à cette œuvre ou seront conjuguées, dans une osmose originale, les propositions, toujours vivantes, de Ferhat Abas et les résolutions du Congrès de la Soummam inspirées par Larbi Ben M’hidi et Abane Ramdane dont le président du GPRA dira qu’ils «incarnaient, au mieux, la mystique de la Révolution, parce qu’ils étaient au-dessus des luttes partisanes et avaient une vision très claire du futur, de la démocratie et de la liberté». L’Algérie, actuellement, malade de son système politique césariste et des scories qui s’y sont greffées – l’indigence dans la gestion des institutions de l’Etat et le dévissage de la classe politique d’avec tous les ancrages sains du militantisme partisan —, est, en cette période de confusion et d’abaissement, en attente d’un modèle de réorganisation totale qui l’a mettra sur les rails de la normalité, mondialement partagée par les Etats avancés. Il est temps pour les forces qui comptent dans ce pays d’y œuvrer d’arrache- pied… Et le plus vite serait le mieux.
B. E. M.


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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3681 le: 30 décembre 2017 à 11:03:00 »

Actualités : CARBURANTS
Les nouveaux prix enfin dévoilés
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) -
L’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) a rendu publics les nouveaux prix à la pompe des carburants. L’augmentation, la troisième depuis la chute des prix du pétrole, n’est pas si importante et les prix restent loin du prix du marché.
 A partir de lundi 1er janvier 2018, de nouveaux prix à la pompe des carburants seront applicables conformément aux réajustements introduits par la loi de finances. Les nouveaux prix ont été rendus publics avant-hier par l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH). Ainsi, a annoncé l’ARH, «le prix de l’essence normale passera à 38,95 DA/litre (contre 32,69 DA en 2017), celui de l’essence super à 41,97 DA/litre (contre 35,72 DA en 2017), et celui de l’essence sans plomb à 41,62 DA/litre (contre 35,33 DA)». Et, ajoute-t-on, «le prix du gas-oil passera à 23,06 DA/litre (contre 20,42 DA)». Le prix du GPL-c, par contre, restera inchangé : 9 DA/litre. Ainsi, les nouveaux prix, calculés en TTC (toutes taxes comprises), restent très loin des prix du marché après cette augmentation, la troisième du genre depuis la chute des prix du pétrole et l’amenuisement des recettes fiscales de l’Etat qui subventionne fortement les carburants parmi près d’une vingtaine d’autres produits de première nécessité. L’essence, faut-il le noter, est commercialisé sur le marché européen, par exemple, à hauteur de 1,4 euro/litre (près de 200 DA/litre). En effet, le réajustement résultant de l’augmentation de la taxe sur les produits pétroliers (TPP) applicable sur les carburants – une hausse de 5 DA/litre pour l’essence et 2 DA/litre pour le gasoil qui devrait générer des recettes fiscales supplémentaires de 60 milliards DA – s’inscrit dans le cadre d’une démarche graduelle qui vise à «rationaliser leur consommation, réduire leurs importations, augmenter les recettes fiscales, diminuer les subventions budgétaires, préserver l’environnement et endiguer le phénomène de la contrebande frontalière». Beaucoup de voix expertes en tout cas se sont élevées ces derniers temps pour réformer le système de solidarité nationale jugé inéquitable, recommandant de supprimer les subventions des carburants qui pèsent lourd sur la trésorerie de l’Etat ou au moins les limiter aux transports en commun, mais, le gouvernement a préféré procéder par cette démarche graduelle en attendant la mise en service des nouvelles raffineries en construction qui devront contenir le coût de revient de ces carburants. Il convient, enfin, de rappeler que les prix des carburants ont été augmentés une première fois en 2016, passant de 13,70 DA à 18,76 DA pour le gasoil, le super à 31,42 DA contre 23 DA auparavant et le super sans plomb à 31,02 DA contre 22,60 DA. Ils ont été légèrement augmentés une deuxième fois en 2017 avant d’être fixés aux niveaux annoncés ce jeudi.
L. H.


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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3682 le: 24 janvier 2018 à 12:11:21 »
Le Soir d'Algérie de ce jour.

Par Abdelaziz Boudjellel,
docteur en droit aérien

Contribution : Vol Alger-Lyon du 9 Janvier 2018
La problématique de l’interception de l’avion d’Air Algérie

Le mardi 9 janvier dernier, alors qu’il survolait l’espace aérien contigu à la zone maritime de Marseille, un avion de la compagnie nationale Air Algérie assurant la liaison régulière Constantine-Mohamed-Boudiaf - Lyon-Saint-Exupéry (France) a été intercepté par un chasseur de la défense aérienne française, alerté par les services (civils) du contrôle aérien de la région. Ce fâcheux incident aérien, une fois mis au-devant de la scène publique, a suscité moult interrogations auprès des clients d’Air Algérie et de l’opinion publique en général. Au juste, ces derniers ne demandent qu’à être éclairés, informés correctement sur cette interception dont certainement ils ignorent jusque-là l’existence. Notre modeste contribution tentera de cerner (avec les moyens du bord) les contours de cet épisode et l’imbroglio qui l’a entouré et d’y apporter les éclairages nécessaires à sa compréhension. Cela dit, l’interception de l’avion d’Air Algérie dans l’espace aérien français a mis en relief la problématique de la sécurité de l’Etat survolé, et «ébranlé», par ricochet, la sécurité des passagers à bord mise à rude épreuve par le fait de cet incident aérien.

La sécurité de l’Etat survolé
En premier lieu, pour mieux comprendre le sujet, il faudrait rappeler que l’utilisation de l’espace aérien comme moyen de navigation internationale est réglementée, non seulement pour assurer la liberté de la circulation des avions, mais également pour protéger les Etats sous-jacents et leurs habitants contre les dangers auxquels peuvent les exposer les mouvements d’avions (décollage, survol ou atterrissage). La réglementation qui en découle est essentiellement à vocation internationale, et la principale source demeure la convention relative à l’aviation civile internationale signée à Chicago (Etats-Unis) le 7 décembre 1944 (l’Algérie y a adhéré en 1963). Il n’en demeure pas moins qu’une partie de cette réglementation est laissée à l’initiative des Etats habilités à prendre les mesures de police nécessaires pour assurer la sécurité des routes aériennes en conformité avec les règles générales de ce droit conventionnel. En effet, dans un souci élémentaire de sécurité pour les biens sous-jacents et pour les avions eux-mêmes, les Etats imposent aux avions certaines règles concernant la circulation aérienne, qui doivent être respectées aussi bien par les avions nationaux que par les avions étrangers. En outre, pour assurer leur sécurité militaire, les Etats imposent d’autres restrictions au survol des avions étrangers.
Ces derniers ne peuvent, même munis d’une autorisation, franchir à leur guise les frontières aériennes. Les avions étrangers autorisés à survoler le territoire de l’Etat sous-jacent ne peuvent le faire qu’en des points fixés par l’autorité compétente locale. Ensuite certaines zones leur sont également interdites (sites névralgiques militaires et autres, etc.).
La compétence de l’Etat en matière de réglementation et de contrôle de la navigation aérienne est la conséquence logique de l’exercice légitime du droit de souveraineté reconnu par le droit conventionnel aérien à chaque Etat sur son espace aérien national. Cet espace est considéré comme un élément du territoire et comme tel, il est soumis à la souveraineté de l’Etat sous-jacent.
Les arguments évoqués puisent leur fondement dans des considérations liées à la sécurité des avions qui se trouvent en évolution, et à celle de l’Etat survolé. D’où l’émergence de deux sortes de contrôle qui prennent en charge séparément, chacun de son côté, les deux aspects de la sécurité aérienne territoriale. Il y a d’une part le contrôle de la circulation aérienne dont le but est d’assurer la sécurité des mouvements d’avions évoluant selon les règles de la circulation aérienne générale dans l’espace aérien, aux abords et sur les aérodromes, contre les risques de collisions ou d’abordages, et d’autre part, en parallèle, il y a le contrôle qui s’exerce sur la navigation aérienne par la surveillance de l’ensemble des mouvements d’avions évoluant dans l’espace aérien national.
Son objet est d’assurer la sûreté, la sécurité et la défense aériennes de l’Etat contre les dangers que présentent certains avions étrangers comme, par exemple, le survol intentionnel non autorisé, le survol involontaire (non intentionnel), les activités aériennes illicites telles que le trafic d’armes, de drogues et autres produits illicites (devenus fréquents) qui sont considérés comme une violation de l’espace aérien. En réalité, il s’agit là de deux missions stratégiques et complémentaires qui relèvent de la compétence de l’Etat mais qui, de par leur objet et la spécificité de leurs règlements et moyens mis en œuvre, sont attribuées dans chacun des Etats à des autorités nationales distinctes. Il reste à signaler que pour certains Etats les services de contrôle aérien sont confiés à des organismes privés (cas suisse et tant d’autres).
Concernant l’Etat algérien, les prérogatives de puissance publique qui découlent de la mission de sécurité de la circulation aérienne générale (CAG) sont confiées, par délégation, à un organisme de droit public : l’Etablissement national de la navigation aérienne (Enna) qui est placé sous la tutelle du ministère des Transports. L’exercice de son contrôle aérien implique la mise en œuvre de règles, de procédures et de moyens techniques appropriés qui sont définis à l’échelle mondiale par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Pour celles ayant trait à la sûreté, la sécurité et la défense de l’Etat par voie aérienne, celles-là sont confiées à l’autorité compétente nationale chargée d’assurer la protection de l’espace aérien et la défense aérienne du territoire : le Commandement des forces de défense aérienne du territoire (CFDAT) qui relève, à l’instar des autres composantes de l’ANP, du ministère de la Défense nationale.
Le contrôle de sûreté et de sécurité aérienne qui en découle s’appuie essentiellement sur des moyens de détection d’une technologie de pointe et sur des forces d’intervention formées et entraînées au plus haut niveau. Quant à la défense aérienne, celle-ci utilise des moyens matériels de plus en plus sophistiqués. Cependant, si la sécurité et la défense de l’espace aérien territorial sont tributaires de moyens appropriés mis en œuvre dans le cadre d’une stratégie étatique générale, elles restent essentiellement dépendantes d’une étroite coordination qui doit exister de manière permanente, notamment au niveau opérationnel, entre les autorités civiles et militaires impliquées ensemble dans le contrôle de la navigation aérienne (DP n°06-151 du 30 avril 2006 instituant la coordination civile-militaire en matière de gestion de l’espace). Dans ce cadre, les plans de vol et les autres données relatives aux vols civils sont systématiquement communiqués aux organes militaires afin de les aider à identifier les aéronefs civils qui approcheraient d’une région réglementée ou y pénétreraient. Ainsi, l’Etat exerce son droit de contrôle aérien en se basant sur le principe de la souveraineté complète et exclusive qui lui est reconnu sur son espace aérien national. Ce droit se justifie également par le devoir qui incombe à tout Etat d’assurer sa propre sécurité. Il se présente ainsi comme une compétence particulière reconnue par le droit international en vue de le protéger par des moyens licites, des atteintes susceptibles d’être portées à ses intérêts légitimes par les avions, notamment étrangers, qui naviguent dans son espace aérien territorial. C’est pourquoi, l’exercice réel de toute mission de sûreté, de sécurité et de défense aérienne devrait forcément s’appuyer sur des moyens de contrôle efficaces, d’intervention rapide et de riposte nécessaire et suffisante permettant ainsi de faire face à toute menace aérienne qui est sans cesse accrue et renouvelée (émergence et évolution en force de drones de grande portée). C’est sur la base de ces règles de droit aérien international développées de manière succincte ci-dessus, que l’interception de l’avion d’Air Algérie a eu lieu en toute légalité. D’autant plus que celle-ci intervient dans un contexte international où le phénomène du terrorisme sous toutes ses formes bat son plein : les attentats-suicides par voie aérienne — bien qu’ils restent exceptionnels — peuvent constituer un nouveau risque émergent : la bombe volante tant redoutée.
L'utilisation d'avions civils comme moyen (arme) de destruction massive a été réellement démontrée le 11 septembre 2001 à travers les «fameux» avions kamikazes qui, de manière spectaculaire, ont commis des attentats de grande ampleur aux Etats-Unis. Sur ce genre d’actions suicidaires, des signes avant-coureurs ont déjà été annoncés. La parfaite illustration en est le détournement, en décembre 1994, de l’Airbus d’Air France sur le tarmac de l’aéroport d’Alger par un groupe terroriste affilié au GIA dont le but était de faire exploser l’avion sur Paris (en pleine capitale française). Le souvenir de ces deux malheureux évènements reste toujours vivace dans les esprits.
Autrefois, bien avant le 11 septembre 2001, le risque kamikaze par voie aérienne n'était pas pris en compte. Aujourd'hui, il est devenu réalité. Depuis cet évènement monstrueux, les choses ont profondément changé dans le domaine aérien. Désormais, c’est la sûreté aérienne qui l’emporte. C’est pourquoi, de nos jours, les Etats se montrent particulièrement pointilleux au sujet de leur souveraineté aérienne.
Certes, cela entraîne une multitude d’incidents, mais généralement, ces derniers tiennent compte dans une certaine mesure des intentions de l’avion «intrus», notamment lorsqu’il s’agit d’un avion civil.
Sur ce plan, lorsqu’un avion étranger n’est pas «conforme» ou lorsqu’il se trouve sans motif et sans autorisation dans l’espace aérien du souverain local, les principales mesures que peut prendre l’Etat survolé sous certaines conditions sont le déroute ment, l’atterrissage forcé, la visite de l’avion et dans certains cas particuliers, sa saisie si c’est nécessaire. Les procédures devant être appliquées en cas d’interception d’avions civils ainsi que leur sécurité sont prescrites par le règlement issu de la Convention de Chicago de 1944 (annexe 2).
L’hypothèse d’une intervention avec usage d’arme contre les avions civils devient «incertaine» depuis l’avènement du protocole de Montréal (Canada) du 10 mai 1984 portant amendement à la Convention de Chicago de 1944. Celui-ci, sous forme d’un nouvel article 3 bis, a en effet interdit de par son objet l’emploi des armes contre les avions en vol et précise les conditions d’application de cette interdiction.
L’Etat qui adhère à ce protocole doit donc s’abstenir de recourir à l’emploi des armes contre les avions civils en vol et en cas d’interception, la vie des personnes se trouvant à bord et la sécurité des avions interceptés ne doivent pas être mises en danger. Après les attentats tragiques du 11 septembre 2001 aux Etat-Unis, le spectre de l’usage des armes contre les avions civils «plane» de nouveau. Autrefois éloigné, il risque aujourd’hui de revenir sur scène. D’où cette question préoccupante : le protocole de Montréal, sus-indiqué, trouvera-t-il son application effective sur le terrain ? L’énigme reste entière.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Cela étant, il reste maintenant à examiner les faits liés à l’interception de l’avion d’Air Algérie : tout d’abord, il s’agit d’un avion commercial qui, quelques minutes avant son interception, avait fait l’objet d’un transfert coordonné (sur des fréquences radio appropriées) entre les deux centres de contrôle aérien : FIR-Alger et FIR Marseille Aix-en-Provence quant à sa prise en charge par le secteur du contrôle aérien concerné.
L’avion est, de ce fait, sous la responsabilité de celui-ci, et l’équipage est tenu, suivant les procédures prescrites par les règles de l’air, de rester à son écoute pour d’éventuelles instructions ou autorisation liées à la sécurité de son vol. Il est aussi tenu de rendre compte à des points fixes de sa position (ou autres informations utiles) tout le long de son parcours et ce, jusqu’à destination finale (Lyon-France).
Dans cette évolution, le seul «couac» a été le défaut de contact à un moment donné, entre l’équipage de conduite et le contrôleur aérien en service. Or, il se trouve que les problèmes de liaisons radio sont fréquents, et le rétablissement du contact est toujours possible par l’intermédiaire des avions se trouvant dans les parages : c’est le cas de figure d’Air Algérie voir ci-dessous. Cette carence dans la communication qui est apparue subitement en plein vol entre l’équipage et le contrôle aérien a rendu l’avion d’Air Algérie suspect. En effet, dans un espace sous contrôle aérien où le contact radio est obligatoire pour des raisons de sécurité et notamment aérienne, la présence de cet avion «injoignable» par radio a suscité des doutes, voire des inquiétudes auprès des autorités compétentes concernées quant à l’intention de cet appareil.
D’où l’intervention de l’intercepteur des forces de défense aérienne françaises : une réaction quelque peu «musclée» (Mirage 2000) mais qui, tout de même, reste conforme aux règles du droit aérien international, voire même local en vigueur en la matière. Il est vrai que par les temps qui courent, de pareilles interventions sont généralement utilisées dans le but de vérifier sur le terrain opérationnel, l’intention de l’équipage de l’appareil afin de lever les doutes qui pèsent sur lui.
Cette interception, qui a «alarmé» momentanément l’avion d’Air Algérie, s’est déroulée au moment où le contact-radio était déjà rétabli entre l’équipage et le contrôle aérien, c’est-à-dire quelques minutes avant l’interception. Après vérifications d’usage, l’intercepteur a regagné sa base, et les choses semblent rentrées dans l’ordre. Le mérite revient à cet avion étranger se trouvant à proximité de l’appareil qui est intervenu à la demande expresse du contrôle aérien (sur la fréquence de secours) pour demander à l’équipage d’Air Algérie de contacter ce dernier.
Le problème de fond qui semble être à l’origine de la suspicion ayant conduit à l’interception de l’avion reste, quant à lui, incompréhensible par l’opinion publique. Sur ce sujet, deux thèses contradictoires sont avancées : celle de la défense aérienne française qui, le jour même (mardi 9 janvier) a publié (sur son site internet) un communiqué rendant compte partiellement des circonstances de cet incident et celles de la compagnie nationale dont le communiqué (à usage interne) n’a été rendu public que trois jour après cet évènement (jeudi 11 janvier) alors que l’information est tombée instantanément après l’interception de l’avion (compte- rendu oblige). Pour quelle raison tout ce retard ?
En fait, Air Algérie, ne pouvant garder son silence longtemps sur cet incident «sensible», et en guise de réponse au communiqué de la partie française, a tout simplement réagi en donnant sa propre version des faits par laquelle elle réfute catégoriquement celle émise par cette dernière. La faille est imputable à l’équipage de conduite qui, semble-t-il, «n’a pas été performant» dans la conduite de son avion. En somme, une défaillance humaine ; la défaillance technique étant écartée puisque le contact-radio avait repris dans les circonstances déjà signalées plus haut.
L’index est directement mis sur l’équipage de l’avion à qui il est reproché un non-respect de ses obligations en vol. Sur ce sujet, il est prescrit que durant tout le long du trajet à parcourir par l’avion, les informations concernant ce vol doivent être échangées entre l’équipage et le contrôle aérien suivant une procédure déterminée à l’avance : qu’il s’agisse de la conduite du vol, de renseignements météorologiques ou d’un simple compte-rendu de position. Pour rappel, pendant son itinéraire «français», l’avion d’Air Algérie devra traverser deux secteurs de contrôle aérien: Marseille (espace intermédiaire) et Lyon, destination finale. Pour éviter les brouillages, chacun de ces secteurs dispose d’une fréquence radio propre. Les communications entre le pilote en fonction et le contrôleur aérien en service doivent, par conséquent, se faire sur la base des fréquences «opérationnelles» (des deux secteurs), et en cas de difficulté, sur celles de secours.
Le pilote (pour donner sa position ou demander une autorisation) est tenu à un point donné précis, de «basculer» d’une fréquence à l’autre en fonction de sa position.
Dans le contexte décrit ci-dessus, la défaillance humaine correspond à tout manquement (acte ou omission) aux devoirs qui incombent aux membres de l’équipage de conduite notamment les tâches qui leur sont confiées dans le cadre des règlements et procédure en vigueur en la matière.
A titre d’exemple, «l’acte» peut, éventuellement, être un simple geste banal : il arrive parfois que pour une raison ou une autre, le volume de la radio de bord est diminué, et dans ce cas, les appels de l’extérieur n’aboutissent pas correctement à l’équipage, et peuvent, donc, être ignorés par ce dernier. Quant à «l’omission», il se peut qu’avec tout le volume de travail dans le cockpit (pilotage, contrôle, surveillance des instruments de bord, etc.), l’équipage ait oublié (fait rare) de prendre contact avec le secteur de contrôle aérien concerné pour signaler sa présence ou bien encore (fait grave), qu’il ait omis de changer sa fréquence radio lors de son passage d’un secteur à l’autre (comme indiqué ci-dessus). De ce fait, le contact radio ne peut être établi avec le secteur de contrôle aérien devant assurer sa sécurité. Pour l’heure, la question préoccupante est de savoir dans quelle hypothèse inscrire le cas de figure de l’avion d’Air Algérie ?
Et le plus inimaginable serait cette dernière supposition qui viendrait ainsi conforter les propos tenus à ce sujet par la partie française.
Cela dit, qu’en est-il de la version d’Air Algérie ? De ce côté, contrairement aux allégations avancées sur ce sujet, le dysfonctionnement de l’équipage de conduite n’apparaît nullement dans le communiqué diffusé : «Une description de toutes les actions accomplies a été décrite et présentée comme conforme à ce qui devrait être fait.»
Dans ce cas-là, «si tout va bien madame la Marquise», pourquoi alors le contrôle aérien a eu recours à un avion étranger pour «réactiver» le dialogue rompu ? Pourquoi la reprise du contact s’est faite «illico presto» juste après l’intervention de cet avion ? Et enfin, sur quelle raison se fonde l’interception elle-même ?
En plus, il est affirmé que «l’équipage de conduite n’a, à aucun moment, été contacté par le contrôle aérien….». Des propos surprenants lorsque l’on sait que la mission première de ce contrôle (comme c’est le cas partout ailleurs) est essentiellement d’assurer la sécurité aérienne de tous les vols se trouvant dans son secteur dont celui d’Air Algérie.
Cette sécurité, faut-il le rappeler, dépend du respect des espacements en altitude et en distance entre avions à l’intérieur des voies aériennes. Les «reports de position» (entre autres) effectués par les pilotes au passage de points spécifiés sont transmis au contrôle aérien sur la liaison radio radiotéléphonique reliant en permanence le contrôleur aérien en service et l’ensemble des avions dont il assure le contrôle. Cette liaison permanente implique, donc, que contrôleur et pilote restent toujours sur écoute. Que s’est-il donc passé entre l’équipage d’Air Algérie et le contrôle aérien : étaient-ils sur «la même longueur d’onde» ?
Le développement qui précède donne avec clarté des indications (laissées à l’appréciation souveraine de tout un chacun) sur l’épineuse question qui, certainement, taraude tous les esprits, à savoir : qui de l’équipage de conduite ou du contrôle aérien a failli à ses obligations compromettant ainsi la sécurité du vol et, par voie de conséquence, celle des passagers à bord ?
Cela dit, la stratégie qui semble être adoptée pour le traitement de cet incident aérien, et qui consiste à se renvoyer la balle en disant «ce n’est pas moi, c’est l’autre», est certainement malvenue particulièrement lorsqu’il s’agit d’un incident dont les effets n’ont pas manqué d’égratigner un peu plus l’image d’Air Algérie, le «pavillon» national, déjà fortement ternie par le dysfonctionnement de certains de ses services.
Dans le domaine de la sécurité aérienne, les responsabilités des uns et des autres doivent être pleinement assumées, et toute fuite en avant est absolument inconcevable car il y va de la sécurité de l’avion et de ses passagers en vol. La sécurité du voyageur aérien est avant tout un droit du passager et un devoir pour toute compagnie aérienne.
Une fois franchie la passerelle de l’avion, le passager a pleinement conscience d’avoir confié sa vie au pilote commandant de bord, au contrôleur aérien et aux personnels techniques se trouvant au sol qui, ensemble, gèrent le système de transport aérien.
Aujourd’hui, la question qui reste pendante est comment expliquer à l’opinion publique que, depuis des lustres, plus d’une dizaine d’avions d’Air Algérie sillonnent quotidiennement l’espace aérien français sans jamais être inquiétés, et c’est uniquement à cet avion affecté au vol de Constantine-Lyon qu’arrive cette «mésaventure» première du genre : ce qui donne à réfléchir.
A. B.
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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3683 le: 17 février 2018 à 10:19:31 »
Bonjour,
La grogne touche touts les activités professionnelles, comme le démontre cet article paru sue le Soir d'Algérie de ce jour.


Actualités : FACE AU FRONT SOCIAL EN ÉBULLITION
L’exécutif en panne

Grande tension sur le front social. Les syndicats autonomes n’accordent aucun répit à l’exécutif. Médecins, enseignants et fonctionnaires des différents secteurs optent pour le débrayage pour se faire entendre. Les médecins résidents paralysent l’activité du secteur de la santé depuis bientôt trois mois. Des milliers d’ enseignants n’ont pas dispensé de cours depuis des mois. Face à ce front en ébullition, l’exécutif semble être en panne. Avec des réflexes archaïques, la réponse de l’exécutif est toujours la même : le recours à la justice qui, sans surprise, tranche pour l’illégalité de tout mouvement de protestation. Sous couvert de ces décisions, les salaires sont ponctionnés, les grévistes remplacés après avoir été licenciés. Pour quel résultat ? Aucun. Depuis le début de la protesta, les offres de dialogue ont laissé place aux menaces avant le passage à l’acte. Qu’il s’agisse du secteur de l’éducation ou celui de la santé, le schéma est identique et trahit l’incapacité du gouvernement à répondre aux attentes des différentes catégories professionnelles ni encore moins à contenir la colère qui monte. Les libertés syndicales se rétrécissent comme une peau de chagrin alors que des lois liberticides sont en préparation. Les syndicats autonomes ne comptent pas rester les bras croisés. Ils peaufinent leur projet de création d’une confédération des syndicats autonomes pour s’imposer comme un interlocuteur incontournable. Dans cet entretien express, le docteur Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp), membre de l’Intersyndicale de la Fonction publique fait une analyse de la grogne sociale. Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste explique quant à lui les raisons du statu quo dans le secteur de l’éducation.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3684 le: 17 février 2018 à 10:25:14 »
Interview avec le syndicaliste de l'éducation nationale, vers le pourrissement?


Actualités : Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste
«La seule issue, c’est de s’asseoir autour d’une table»
Quel avenir pour le mouvement de grève ?
Le point final de la grève ne peut être que la table de négociations. Actuellement, le ministère de l’Education ne concourt pas à régler les problèmes mais à pousser vers le pourrissement de la situation qui a fini par créer une crise sans fin. Le Cnapeste plaide pour le dialogue avant même le début de la grève. Malheureusement, le ministère, en exigeant actuellement la suspension de la grève, ne pousse que vers le pourrissement.
La médiation qui vous a été proposée a échoué. Pourquoi ?
La seule tentative de médiation qui a été tentée, c’est celle du juriste et de l’imam. Elle était vouée à l’échec. Le ministère de l’Education avait exigé l’arrêt de la grève avant toute rencontre et donc finalement n’a accepté cette médiation que dans la forme mais jamais dans le fond sachant que le Cnapeste ne pouvait répondre à son exigence.
Y a-t-il une chance pour que la grève soit suspendue ?
Au Cnapeste, on estime que c’est la grève avec des revendications les plus faciles à satisfaire. Il ne s’agit que de promesses et d’engagements à honorer qui ne nécessitent pas la mobilisation de fonds importants. La seule issue, c’est de s’asseoir autour d’une table.
N. I.

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3685 le: 24 février 2018 à 12:40:35 »
FUSILS DE CHASSE RETIRES DURANT LA DECENNIE NOIRE
«La restitution après enquête», précise Bedoui

 Publié par Mohamed Kebci
le 24.02.2018 , 11h00
Le ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire rassure les détenteurs de fusils de chasse qui leur ont été «retirés» durant la décennie noire.
Interpellé, jeudi dernier, par un membre de l’APN dans le cadre d’une séance de questions orales, Noureddine Bedoui tiendra à rassurer ces citoyens qui ne cessent de réclamer la restitution de leurs «biens» maintenant que la paix et la sécurité sont revenues. Seulement, précisera-t-il, cette restitution ne sera possible qu’après «enquête obligatoire» en vue de «s'assurer de la moralité et de la crédibilité des concernés». «Une démarche qui entre dans le cadre de l'application des dispositions du décret 98-96 du 18 mars 1998, fixant les modalités d'application de l'ordonnance 97-06 relative au matériel de guerre, armes et munitions».
Une opération qui a concerné, dans un premier temps, la remise des armes en bon état à leurs propriétaires identifiés, propriétaire ou à ses ayants droit en cas de décès ou à son tuteur légalement habilité en cas d'incapacité physique ou morale, et ce, après l'enquête obligatoire des services de sécurité pour «s'assurer de la moralité et de la crédibilité des concernés». Pour ce qui de la seconde phase de l’opération de restitution, elle concerne, ajoutera le ministre, les fusils de chasse devant être «remplacés et l'indemnisation des propriétaires non habilités à les détenir».
Tenant à rappeler que le dépôt de ces armes par leurs propriétaires auprès des services de sécurité, en 1992 et 1993 était «une mesure préventive afin d'éviter la prise par les groupes terroristes et leur usage dans leurs attaques», le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a justifié leur restitution par le «rétablissement de la sécurité et la stabilité grâce à la politique de la réconciliation nationale initiée par le Président de la République»
Il évaluera le nombre d'armes déclarées à 1 185 unités dont 592 ont été régularisées à travers la délivrance de permis de possession et 161 armes ne portant pas de numéro de série. Ces dernières feront l'objet d'un «traitement et de régularisation à travers l'activation des mesures d'expertise balistique, conformément aux dispositions du décret 98-96, définissant les modalités d'application de l'ordonnance 97-06, relative au matériel de guerre, aux armes et munitions».
M.K.


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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3686 le: 03 mars 2018 à 11:15:38 »

Actualités
Décédé hier des suites d’une longue maladie, Abdelhak Bererhi n’est plus
Publié par Kamel Amarni , le 27.02.2018 à 11h00

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et militant démocrate, Abdelhak Bererhi n’est plus. Le défunt est décédé hier, à Alger, des suites d’une longue maladie. L’homme laisse derrière lui une œuvre immense, tant politique, intellectuelle que scientifique. Il était également , avec Mohamed Seddik Benyahia, l’un des pionniers de la réforme de l’université algérienne.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Bardé de diplômes de haut niveau, Bererhi était, tout à la fois, docteur en médecine, professeur en histologie embryologie et chercheur.
Recteur de l’Université de Constantine durant la décennie soixante-dix, il avait assisté le ministre de l’Enseignement supérieur d’alors, Mohamed Seddik Benyahia, dans un vaste chantier de réforme de l’enseignement supérieur de la jeune République algérienne.
Bererhi sera ensuite promu ministre de l’Enseignement supérieur, dès l’arrivée de Chadli Bendjedid au pouvoir. Un poste qu’il occupera du 8 mars 1979 jusqu’au 17 novembre 1987. Il sera ensuite nommé ministre de la Jeunesse et des Sports. Viendra ensuite une autre carrière, dans la diplomatie Bererhi sera successivement, en effet, ambassadeur d’Algérie en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, puis en Australie et en Nouvelle-Zélande.
En 1998, le Président Liamine Zeroual le nommera dans le tiers présidentiel de la nouvelle Chambre du Parlement, le Conseil de la nation, qu’il créera à la suite de la révision constitutionnelle de 1996. Zeroual créera le Sénat dans l’objectif de dresser une véritable digue face à une éventuelle majorité islamiste au niveau de l’APN. C’était le rôle du tiers présidentiel, dénommé d’ailleurs le «tiers bloquant».
A tout prix, il fallait éviter à l’Algérie un scénario cauchemardesque comme celui occasionné par le sinistre et ex-Front islamique du salut. Militant anti-intégriste engagé, Bererhi se distinguera, du reste, avec quelques autres personnalités nationales au tiers présidentiel et en dehors, par son combat inlassable et sans répit contre les forces obscurantistes et leur projet islamiste et rétrograde.
Ses convictions démocratiques l’amèneront, également, à démissionner du Sénat, dès 2001. L’homme était un farouche opposant à la nouvelle politique du successeur de Zeroual, notamment «la réconciliation nationale» et la «concorde civile» qui avaient bénéficié à d’innombrables terroristes de l’ex-FIS. Il ira alors défendre ses convictions au sein du CCDR (Comité des citoyens pour la défense de la République), qu’il fondait avec d’autres personnalités nationales comme Salah Boubnider, Leïla Aslaoui, le Commandant Azzedine, etc. Auteur également de plusieurs ouvrages, le défunt consacrera sa dernière production intellectuelle à un volumineux livre, intitulé «Itinéraires», où il retrace tout son itinéraire personnel mais aussi celui de tout un combat d’une nation.
«Au tournant critique de ma vie, j’ai décidé d’écrire ces itinéraires à l’intention de mes compatriotes, universitaires, intellectuels, hommes politiques, citoyens (…) A travers ma modeste expérience, ces itinéraires constituent non seulement mon vécu personnel en tant qu’universitaire et homme politique, mais ils représentent aussi une illustration durant cette période des enjeux, des efforts et des luttes (…).» Bref, Bererhi y retrace, surtout, l’histoire mouvementée de l’Algérie indépendante.
K. A.

Hors ligne samir_3112

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3687 le: 21 mars 2018 à 13:46:58 »
Bonjour à tous
Ci-dessous le lien pour le classement (QUALITY OF LIVING) de 2018. Si on devait traduire,  disons: les villes ou la qualité de vivre est bonne ou meilleure.

https://mobilityexchange.mercer.com/Portals/0/Content/Rankings/rankings/qol2018a789456/index.html

Cordialement

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Re : Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3688 le: 21 mars 2018 à 15:06:52 »
Merci Samir , " Je savais pas que je vis dans la Sixiemes Meilleurs Ville " Düsseldorf . , cette ville c est mon Bordj a Moi . , et a mes deux enfants .   

Bonne journée a tous ! http://en.nice.aeroport.fr/var/anca/storage/images/passagers/vols-destinations/100-destinations-en-direct-de-nice/europe/allemagne/dusseldorf/galerie-dusseldorf/dusseldorf-1/2854218-2-fre-FR/Dusseldorf-1_galleryfull.jpg
Bonjour à tous
Ci-dessous le lien pour le classement (QUALITY OF LIVING) de 2018. Si on devait traduire,  disons: les villes ou la qualité de vivre est bonne ou meilleure.

https://mobilityexchange.mercer.com/Portals/0/Content/Rankings/rankings/qol2018a789456/index.html

Cordialement

Ould Lagraphe


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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3689 le: 28 mars 2018 à 14:37:37 »
Pousse avec eux
Un règlement intérieur ? Mon Dieu ! Pour quoi faire ?
0
 
Publié par Hakim Laâlam
le 28.03.2018 , 11h00
537 lectures
Moi aussi je condamne les missiles contre l’Arabie Saoudite. Je condamne fermement leur…

… manque de précision !

Des voix commencent à s’élever à l’Assemblée pour dire ceci, presque en chœur : dix mois après les élections législatives, l’APN n’a toujours pas de règlement intérieur. Tout d’abord, et avec votre permission, chers lectrices et lecteurs, je tiens à saluer ce mini-événement : des voix qui s’élèvent dans cet hémicycle. C’est tellement rare que ça vaut bien une prière et des bâtons d’encens brûlés au pied de la statue dédiée au Dieu Décibel ! Passé cet hommage nécessaire, je ne peux m’empêcher de rester un brin coi devant cette «exigence» surprenante d’un règlement intérieur. M’enfin ! Depuis quand est-il si urgent que l’Assemblée se dote d’un règlement intérieur ? Et puis, si je ne m’abuse – ce qui reviendrait à vous abuser vous, Dézédiennes et Dézédiens – il y a déjà un règlement intérieur en ce lieu très très… intérieur, et tellement tellement extérieur à notre quotidien. Ben oui ! Tu t’assoies ! Tu applaudis le discours de la séance inaugurale. Tu réceptionnes ensuite la liste des projets à adopter. Dès que le signal est donné, tu votes ! Tu prends ta burette d’huile dans ta poche-veston et hop ! Quelques gouttes dans les jointures de ton épaule et de ton bras et tu lèves ! Tu lèves ! Tu lèves jusqu’à en essuyer les toiles d’araignée dans le plafond placide de ce sanctuaire. Et enfin, tu écoutes poliment, mais tout de même avec un brin d’impatience le discours de clôture de la session, parce que tu es pressé de partir en vacances après cette «harassante» séance de musculation verticale. Le voilà, ton règlement intérieur ! Chèque de 40 patates à l’appui ! Qu’est-ce que tu veux de plus, Allah yerham babek ? Taxer ou interdire le thé que nous fumons pour rester éveillés à notre cauchemar qui continue ?

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3690 le: 02 avril 2018 à 19:36:59 »
Une contribution d’Al-Hanif – Accusé Kamel Daoud, levez-vous !

Source : https://www.algeriepatriotique.com/2018/04/02/contribution-dal-hanif-accuse-kamel-daoud-levez/

Par Al-Hanif – Le titre se veut volontairement provocateur, car je n’ai jamais instruit aucun procès à l’encontre de Kamel Daoud. Par contre, j’avais réagi à chaud à sa chronique virale – et ce n’est pas un hasard – sur les événements de Cologne, et lui avait reproché de fossiliser la culture musulmane pour la présenter comme oppressive et organisant toutes les modalités observables de la frustration sexuelle.
Mon sentiment de colère venait surtout du fait qu’il avait apporté un concours de poids qui avait fait prise de vent et donné l’occasion à des Zemmour, Finkielkraut et autres de s’engouffrer dans la brèche, ravis de l’aubaine et trop contents de se défaire de l’accusation de racisme et d’islamophobie, en se prévalant de ses propos.
Procédé rhétorique trop vite éventé et qui vous fait jouer la partition de l’idiot utile.
J’avais parlé à l’époque d’un écrivain trop rapidement encensé et qui sombrait dans les délices d’un pacte faustien qu’il ne soupçonnait pas. Je regrettais qu’il sombrât dans le syndrome néo-icarien qui consistait à prendre la lumière des spots médiatiques pour la lueur aveuglante de l’astre solaire et qui les courtisait, quitte à se brûler les ailes.
Cette contribution, longtemps différée, a une chronologie : je fus appelé à commenter pour un magazine anglophone sa conférence de Yale qui s’est tenue le 9 novembre 2015, et dans laquelle il fut présenté comme entré dans l’histoire littéraire par un engagement avec Albert Camus, presque par effraction, serait-on tenté de comprendre. Cette présentation réductrice acte sa véritable naissance littéraire aux yeux du public occidental, grâce et par la gloire posthume d’Albert Camus.
Notre ami ne sembla pas avoir relevé cette présentation ad reductio, et avec le temps, il semblait que du talent commençait à lui venir au fur et à mesure qu’il domestiquait son auditoire en déployant une verve ponctuée de références livresques assez attendues.
D’emblée, il sut faire un parallèle judicieux entre l’arabe anonymisé occis par Mersault, et le Vendredi de Robinson Crusoé.
Il sut également faire reconnaître la dette de Daniel Defoe (auteur de Robinson Crusoé) envers le philosophe andalou Ibn Tufayl qui exposa la problématique de l’homme échoué dans un désert dans son livre Hay Ibn Yakdâan, traduit en français par Le vivant fils du vigilant.
Enlever ses ressources à un homme et le placer dans un environnement hostile pour analyser son comportement afin d’en conclure que le règne de la culture finissait par l’emporter au final sur celui de nature, posait la question de son rapport au milieu et à l’Autre.
Fallait-il le considérer comme un égal, frère en humanité ou un inférieur, voire le chosifier ?
La question de la culture à imposer à l’Autre était précédée de la révélation intime que Dieu était le peintre de l’univers et que la beauté du monde invitait à en témoigner, à accepter l’épreuve et à transmettre sa Vérité.
Depuis le premier meurtre de l’humanité qui vit Caïn tuer son frère Abel, la question du rapport à l’Autre est brillamment résumée par Kamel Daoud, qui aurait pu profiter de cette prestigieuse tribune pour souligner que l’Autre parlait souvent à notre place, de nous, écrivait sur nous sans nous connaître, placé qu’il était dans un rapport de verticalité consubstantiel à son univers mental.
Kamel Daoud se veut écrivain sans passeport, et c’est son droit. Mais il a aussi démontré qu’il n’était pas un intellectuel, sinon il se serait référé à la controverse de Vallodovid, débat tenu au Collège de San Gregorio sous les auspices de Charles Quint en 1550 et 1551 pour débattre du droit de conquête, pour finalement reconnaître une âme aux Amérindiens et décréter l’esclavage des Noirs africains comme légal et chrétien.
L’histoire du monde serait différente si juristes et administrateurs du royaume de Charles Quint n’avaient décrété l’Africain proie et l’Afrique terre de prédation dans laquelle le rapport à l’Autre ne pouvait se lire que de maître à esclave.
Kamel Daoud n’est pas un intellectuel, sinon son monde ne prendrait pas prétexte d’explorer le rapport à l’Autre pour se résumer à une algarade avec Camus, étrange affliction qui touche plus d’un écrivain sous nos latitudes.
Si je suis d’accord avec Kamel Daoud de ne pas intellectualiser l’acte d’écrire, surtout en fiction, et de laisser la métaphore de la condition humaine vivre sa propre vie, et que l’on n’écrit un roman avec des passeports, il faut admettre que l’on l’écrit avec ses racines comme Malek Haddad, Kateb Yacine et Mohamed Dib.
Ces géants ont une œuvre qui s’impose par sa qualité et n’ont besoin de nulle polémique.
Oui, je l’avoue, en littérature, j’ai un complexe : j’ai le complexe de Dib. Gloire à son œuvre et paix à son âme.
A.-H.
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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3691 le: 05 avril 2018 à 14:13:10 »
retourné acrobatique à la ronaldo ou double détente fi khater 5éme but ou......5ème mandat

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3692 le: 02 mai 2018 à 10:35:30 »
Bonjour a tous .

       

Raïna Raïkoum :
 
Le «par hasard»
par El Yazid Dib


C'est vrai qu'il peut s'agir d'une coïncidence venue à point nommé. Donc il en sera déduit qu'aucune volonté ou acte prémédité n'en était venu pour parachever l'accomplissement. Mais dans son produit final tout le monde saura que rien et à juste titre n'est fait « au hasard ». Tout se tisse, se trame, se brode et finalement s'argumente.

Ce n'est rien d'autre qu'un simple laisser-faire ou laisser-aller. Parfois il lui faudrait une banale circonstance, un mot, un climat pour qu'il puisse faire éclairer un ciel brumeux ou remplir une poche auparavant nid d'araignée. Il fait aussi des miracles pour ceux qui n'avaient comme rêve qu'une envie d'avoir la possibilité de regarder les maîtres en leur donnant, par artifice, l'illusion qu'ils sont maintenant les vrais maîtres. Ainsi ce hasard sait bien faire de certaines choses une bonté ou une apostasie. Il sait en pleine complexité rendue acceptable faire de certains êtres nés pâles des copies lumineuses et rugissant leur « incontournabilité ».

C'est pourtant simple la trajectoire d'une vie. L'on vient au monde sans identité ni badge professionnel ou électif, seulement avec des indices génétiques, sans fard, seulement avec un cri innocent, sans poste ni emploi, seulement avec l'envie de téter pour mettre son bec à n'importe quel pic, pourvu qu'il produit du jus. De ces fonctions liminaires, certains n'ont retenu que l'irrésistible instinct trop développé de l'allaitement. Adultes, ils pointent, après ciblage approprié, les généreux tétons publics où l'allaitement se livre à domicile ou à distance, parfois avec plus de tonus, plus de personnalisation.

Chacun de nous a dans l'une des cases de sa mémoire fraiche ou archivée un exemple à donner où le hasard, la chance ou la providence ont fait de l'un quelqu'un et d'un autre, un quelconque. Les paramètres n'ont jamais été équitables pour se voir s'appliquer distinctement.

L'on ne saura plus pouvoir appeler les choses bizarres par leur nom. Sinon comment peut-on justifier qu'un ânon arrive à se reproduire dans l'espèce d'un cheval, sachant qu'un poulain est naturellement en cheminement biologique de devenir un jour un étalon ? Qui du hasard ou de l'esbroufe a donné de la notoriété à des gens effacés et ombrageux dans une cité où la seigneurie a foutu le camp ? C'est de cette manière négative à vouloir pondre des personnalités malgré leur mauvais « embryonnage », que l'on arrive à vider toutes les cités de leur substance.

Les fausses réussites semblent durer et même trop durer, en plus pour certaines elles se lèguent en héritage. Paradoxal, mais tenable selon une logique disant que c'est à la fin de tenir lieu de justification de la procédure et du moyen. Machiavélique, mais possible dans un monde où l'angélisme est une inculture tenace. Voir l'un gravir les marches sans effort, l'autre faire du surplace, disons que c'est par hasard que les deux se sont trouvés là où chacun fait des siennes.

Autrement dit le hasard peut être cette usine où se manufacturent les carrières, les fortunes et les bonnes étoiles, ou ce broyeur où se concassent le mérite et la patience.





 

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3693 le: 12 mai 2018 à 11:55:34 »
Bonjour les amis,

La cité Les Dunes, dans la commune d’El Mohammadia, illustre les dysfonctionnements de la gestion de la collecte des ordures ménagères dans la capitale.

A quelques centaines de mètres du projet de la Grande Mosquée d’Alger, cette cité est un véritable dépotoir à ciel ouvert, où des déchets ménagers s’amoncellent à longueur de journée.

Le bâtiment HLM qui longe le quartier est parsemé de tas d’ordures ; d’ailleurs, on n’y distingue que difficilement les entrées qui se confondent avec les niches d’ordures. La décharge s’étale sur une centaine de mètres. Les sacs d’ordures sont directement jetés des balcons. Les passants doivent les enjamber pour se rendre au siège de l’Apc, au marché ou bien dans les différents cabinets médicaux qui y sont établis.

Des couches bébés sales, des restes de nourriture et les déchets des commerçants limitrophes ainsi que les odeurs nauséabondes constituent un décor quotidien dans ce quartier, alors que les efforts d’embellissement touchant les façades donnant sur le centre-ville ont du mal à masquer ce côté hideux de la ville.

Cette situation «qui devient intenable» et «un cauchemar» pour la population n’est pas près de prendre fin et risque de s’aggraver durant le mois de Ramadhan avec l’augmentation du volume des déchets qui accompagne généralement le mois sacré.

C’est une situation dérange les habitants du quartier qui subissent ces désagréments tous les jours. «On a beau organiser des actions de nettoyage et de sensibilisation, elles se soldent toujours par un échec, puisque les ordures envahissent les lieux juste après», se plaint un groupe de jeunes habitant le quartier et qui se disent gênés par la situation qu'eux-mêmes subissent. Certains commerçants expliquent la situation par «la mauvaise gestion des grands ensembles d’habitations».

Pour le gérant d’un kiosque multiservice au niveau des locaux du HLM, ce genre de bâtiments conçus pour abriter tout un quartier avec des centaines de foyers n’ont pas été accompagnés par les moyens de gestion de l’hygiène. «Auparavant, il y avait les concierges qui veillaient au respect des horaires de dépôt des poubelles, mais maintenant c’est l’anarchie totale», se désole-t-il.

L’incivisme, qui se traduit par le non-respect des horaires de dépôt des ordures ménagères, sans respect des points de décharge, fausse en effet tous les plans mis en place par l’entreprise chargée de la collecte des immondices.

Des responsables d’Extranet, l’entreprise prestataire de la collecte des déchets ménagers au niveau cette commune, avouent ne rien pouvoir faire «face au comportement négatif» de certains habitants.

Au niveau de ce quartier, les agents de cette entreprise de collecte des déchets font jusqu'à trois rondes par jour, assure son premier responsable. «Le comportement de certains habitants nuit en effet aux efforts des autres», souligne Rachid Mechab, directeur général d’Extranet, l'Epic chargé de la collecte des déchets ménagers des communes de la périphérie d’Alger. M. Mechab préfère parler de comportements négatifs de certains individus, ce qui expliquerait certains points noirs dans la collecte des déchets. L’entreprise a doublé ses actions de sensibilisation et de rotation pour assurer une bonne prestation. Un plan «spécial été» a été annoncé par cette entreprise qui a élargi le nombre des rotations, dont une matinale qui commence à 4h et une autre le soir qui commence à 19h et se termine à 2h.

Extranet a prévu une rotation de jour et un effectif et un matériel «mobilisés dans leur intégralité à partir du 2 mai jusqu’au 15 septembre», assure le premier responsable de cet Epic. Mais tous ces moyens n’auront pas l’effet souhaité sans l’adhésion des habitants.

Des Maires passifs

Pour M. Mechab, les premiers responsables des APC doivent assurer leur responsabilité de garants de l’ordre et du bien-être des administrés. «Extranet est un outil au service de la collectivité, mais l’APC doit assumer son rôle de régulateur en luttant contre ces comportement nuisibles», a confié à El Watan M. Mechab.

Les responsables d’APC ont-ils le pouvoir de verbaliser les auteurs de comportements nuisibles ? «C’est compliqué», répond le président de la commission hygiène, santé et environnement de la commune de Draria. Pour cet élu, il faut diagnostiquer les causes de l’amoncellement des ordures, même avec le renforcement des rotations de collecte.

Ces points noirs se multiplient à cause de l’incivisme des citoyens, mais aussi des points de vente informels. Les marchés constituent les points noirs au niveau de toutes les communes et un casse-tête pour la gestion de l’hygiène pour les APC qui sont ainsi appelées à multiplier les moyens, ceux des EPIC de nettoyage étant dépassés. La gestion de ce volet de la vie quotidienne de la ville est «très compliqué», estime Yacine Mahtout, président de la commission hygiène, santé et environnement e la commune de Draria.

Cet élu FFS fait un lien direct entre les points de vente informels et la prolifération des dépotoirs anarchiques dans la commune. Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement organisées, ciblant les commerçants, pour le respect des horaires de la collecte. «Même si ces campagnes ont un écho favorable auprès des commerçants en situation régulière, leur résultat est anéanti par l’anarchie causée par les commerçants informels. Et dans ce genre de situation, qui verbaliser ?», s’interroge notre interlocuteur.

Ce dernier expose également les contraintes liées aux statuts des entreprises prestataires dont la gestion répond à une feuille de route de la daïra plutôt qu’à la prestation d’une entreprise économique à laquelle sont demandés des efforts de concurrence. Le même élu plaide pour l’intensification de la communication des horaires et plans de collecte et pour l’implication des promoteurs immobiliers conformément à la réglementation. La gestion des déchets est une méthode qui se réfléchit à la «seconde» et non à travers les réunions hebdomadaires avec tous les partenaires, estime Abdelghani Ouicher, ex-président de l'APC des Eucalyptus.

Moyens limités

«Le premier responsable de la mairie doit mobiliser les ressources à son niveau pour pallier la moindre panne de camion de collecte ou remplacer les agents absents de l’entreprise prestataires ; donc, il faut avoir les bons mécanismes de gestion», nous explique-t-il. Pour cet ancien élu local, les APC doivent utiliser les prérogatives dont elles disposent pour lutter contre l’incivisme. M. Ouicher souligne que le président d’APC dispose du droit de faire appel à des inspecteurs d’hygiène assermentés, qui peuvent être chargés de relever les infractions à l’environnement et l’hygiène dans la ville.

«C’est un moyen dont dispose l’élu, mais qui n’est pas utilisé», souligne M. Ouicher. Ce dernier plaide également pour la lutte contre l’informel, «principal facteur du manque d’hygiène dans nos villes». Chargé de la collecte des ordures ménagères dans 26 communes, Netcom fait face à un manque de moyens.

Selon une source proche de la wilaya, l’entreprise, qui comptait 6000 employés, tourne actuellement avec 4000 agents, les recrutements étant gelés en raison de la crise. Netcom couvre 20% de la superficie de la capitale, mais ce sont les communes les plus denses en nombre d’habitants. La direction de la communication de cet établissement lance des campagnes de sensibilisation pour faire face au mois de Ramadhan, période durant laquelle la quantité de déchets double en raison des quantités de nourriture jetées.

Les équipes de Netcom sont exploitées au maximum, mais la réalité du terrain dépasse les prévisions. «Les études et les moyens mis en place prévoient 1,2 kg de déchet par habitant et par jour, mais la réalité dépasse largement ces chiffres, ce qui nécessite plus de moyens», souligne Mme Yakoubi, chargée de la communication à Netcom. Le reste de l’année, Netcom collecte 1200 tonnes de déchets par jour ; cette quantité atteint 2200 tonnes/jour durant le Ramadhan.

En plus de l’incivisme, les agents de Netcom affrontent un relief difficile dans certaines communes et des ruelles étroites, sans compter la distance séparant les points de collecte, ce qui ne laisse pas le temps aux équipes pour prévoir des périodes d’entretien.
 
Fatima Aït Khaldoun-Arab

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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3694 le: 10 juin 2018 à 17:36:18 »
Un enfant d'ElAchir
Roger COUARD, le RUA, le RCp,
VOUS EN SOUVENEZ.VOUS ?
Le grand Fublic, §urtout celuides stades, garde le souvenir de la vedette du lootball internalionat que
fut Roger COUABD, mais nous, Bordjiens, ne devons pas oublier qu'il est "de ehez nous" el, qu'à ce
titre, son parcours, hors du commun, nous inléresse au premier chel. parce que nous sommes ses
amis d'enfance, d'école, de lycée, de destin, parce que nous avons beaucoup insisté, il a consenti à
se raconter un peu avec sa modestie et sa gentillesse naturelles.
En retrait du bruit de la ville, I'appartement esl calme et propice à l'évocation du passé. Les murs
disparaissent derrière des bibliothèques bourrées de livres aux belles reliures... des médailles
encadrées commémorent des vicloires sportives deux maqueltes de vaisseaux aux voiles
déployées, fruit de l'habiteté el de la patience de notre hôte. llflotte dans I'air comme tes marques d,un
lieu où ce ven grand-père aux onze petits enlants aimait recevoir et réunir son monde.
Nous nous sommes plongés dans des collectiôns de photos dorit certaines réunies en album et
commentées par son ami Maurice FAGLIN, racontenl l'histoire du prestigieux RUA Nous avons lu les
extraits de presse de l'époque, iaunis par le temps, rassemblés avec lerveur par Flené, son regretté
frère aimé. Et nous étions là pour l'écouter
"Je suis né à El-Achir où ma farnille s'était irnplalrtée vcrs 1860. Morne bled. d,une
d'âmes, à l2 km à I'ouest de Bordj-Bou-Arréridjl 'ingtaine il ne se singularise que par ses lO00 mètres
d'altitude et les 2252 mètres de son tunnel qu'un train à vapeur. doublé d'une loconrotive de
secours, franchissait en crachant fumée noire et escarbilles. Comme à Bordi, te climat est torride l'été, glacial I'hiver, le paysage dérrtrdc<. lc village sans attrait spécial, les catanrités
périodiques : sécheresse, grêle, sautereiles.,
oEt pourtant, pouvoir magiqtre du pa1's natal, c'est de cette terre ingrate que je garde une
incurable nostalgie. Terre à céréales, ancien grenier de Rolne, brune à perte de vue quand la
charrue a creusé les sillons, verte et ondulante sous le vent quand les blés ont Ievé. suivis de
I'or des moissons. Enfants de ces terres à r,ocations céréalières assainies et fertilisées par le
travail de nos pères, nous restons marqués par la féerique saison des battages.,
«Pour nous. la batteuse était un monstre, dévorant les gerbes que les fourches enfournaient
dans'sa gueule, et transformant les épis en grains d'or, porteur de tant de puissance et d,espoir.
Sur I'aire à battre on voyait peu à peu s'élever la nreule de paille où le soir nous ainrion, nôu, enfouir' Les sacs de blé de cent kilos. portés à dos d'honrnre s'alignaient sur le terrain. [-es grains pour les §emences vannés au tarare. s'anrorrcelaient en cône dont une couronne de
grosses épines d'acacias protégeait I'accès.,
«Le soir, après le travail' que les bêtes revenaient de I'abreuvoir otr nous nous disputions pour
les conduire en les montant "à crtt" à côté d'rrn otrvrier.lcs khatrtà.ç. autochtc)nes o. saisonniers
kabyles venus de tktuurs lointains. s'installaierrt clarrs la cour de la ferme à nrênre le sol, pour
manger leurfrugal repas préparé par les fenrrnes et cornposé d'onrelette baignant dans une huile d'olive dont ils étaient friands et dont ils inrbibaient leur tranche de pain de campagne ramenés
en grosse boule dtr village proche'.. Des dates... un câfé...et la soirée se terminait par leurs chants traditionnels illustrés parfois par la danse qu'effectuait I'un d'eux en se déhanchant et en
battant des mains.,
..Nous vivions de I'aube au crépuscule dans I'insouciance. oubliant les brtlures du soleil. la
poussière, les moustiques. les piqûres des chardons d'oir nous tirions la glu pour nos chasses
aux oiseaux. Nous étions grisés de nature et de liberté. Quant la récolte avait été bonne la saison
se clôturait par le traditionnel méchoui."
"Bordj fut la ville de ma scolarité, période cruciale où se forgent des liens souvent pour la vie,
sans préoccupations raciales ou confessionnelles. D'abord mon coin de rue dont garde le nom
sans connaître I'homme, un ancien maire du village. qui le portait (Octave Dardillac); les
familles voisines immédiates chez lesquelles on pouvait entrer sans frapper pour partager les
jeux, les choses bonnes ou moins bonnes... les Crosso, les Gilardi, les Akerman" les
Caseaux... Nous avons grandi ensemble, usé les banc de la communale avec les,enfants du
village dont les noms chantent encore à mes oreilles et dont certains, défiant le temps et
I'Histoire son encore mes aniis. Je me souviens de tous : le père Puyade. notre Directeur qui
avait une manière douloureuse mais efficacê de nrodeler nos cerveaux et d'y inculquer les
notions essentielles, Godard. son souffre-douleur nunréro un, Gilbert Croso. le chouchou bon
élève, Zioui Smail mon concurrent dans le peloton dc tête, Benbelaid Messaoud, le bavard à
l'avenir tout tracé de tribun politique. Pierrot Sala. le cancre rigolard, René'fuduri héros
d'exploits dignes de Tartarin, le vieux Exiga, I'affranchi Lulu Orlandini et ses précoces
aventures féminines, les maltais Bohadjar, les Chiappini et la bande des Corses, Malek Chitour
qui m'écrit encore de là-bas où il est resté comnte pour garder nos souvenirs d'enfance. . . et tant
d'autres. La place du marché aux bestiaux nous servait de terrain de football, nous faisions des
randonnées en vélo dans ia ceinture <Je verdurc et de fraîcheur qui entourait Bordj (Ge.lbois,
Cérez, Lecourbe, Medjana. ...) comme les géants de la route faisaient le tour de France. les
Botechia, Magne, Leduc. Pélissier, ... Tandis que sur les stades retentissaient les nonrs de
Chayriguès, Nicolas, Devaques et Carpentier sur les rings."
..Une partie de cette jeunesse bordjienne allait entrer en nombre aux l-ycées de Ben-Aknoun
puis d'Alger. où je poursuivis mes études. ainsi que ntes lrères Ral,nrond et René..
..La cours du Lycée. atlx récréations. relentissait des clanreurs de nratchs épiques ot'r naissaient
des talents et des vocations dont le Racing tlniversitaire d'Atger. cluh naissant. allait
bénéficier."
"Les pionniers en étaient des "ntordus":\ la l'oi irrdbranlable. J'allais, jusqu'arr cou. en partager
la destinée. [-e sport. certes. y avait sa place. nrais atr clébut le cluh était un pcu fantaisiste et scs
membres plus enclins aux chahuts d'étudiants et aux chansons de salle de garde qu'aux
victoires sur le terrain. C'est dire que nous alignions dét'aite strr défaite, Mais. Ohl rniracle. cet
état d'esprit changea et les victoires se succédèrent sous la houlette de ce grand goal
international qu'était COTTENET. ll nous disciplina. nous mit en confiance et nous ouvrit
grand la porte sur30 victoires consécutives auxquelles n'était peut-être pas étranger le charme
de Joséphine Baker, notre marraine.»
"lmpossible de citer tout le monde, seulement quelques norns pèle-nrèle de la belle époque :
Plata, Cassard, Couard Raymond, Cottenet, Branca, Couard Roger, Mari. Dumas" Gouin,
Luchini, Jasseron..."
.<Ainsi, ce club, parti de presque rien, se hissa en haut de I'affiche avec le Championnat d'Alger
qu'il remporta en 31,3233, avec 12 points d'avance, le Championnat et la Coupe d'Afrique du
Nord, la Coupe du Gouverneur Général Steeg en 1935. Riche de l8 sections sportives de
toutes les disciplines, il n'abandonna pas pour autant les habitudes du début : cultiver I'amitié.
chanter, chahuter. Puis vint le jour où je fus appelé à faire mon service militaire. Affecté à Paris
avec la complicité du Doyen de la Faculté de Droit fervent prâtiquant du hockey, je ne pouvais
que m'inscrire au Racing qui portait, en horizontale, les mêmes couleurs bleu et blanc que mon
cher RUA. Diplôme de Droit en poche. classé en tête des butteurs, tout allait pour le mieux
(35/36) quand une blessure au genou gauche interrompit mon parcours à onze reprises sauf à la
finale de la Coupe de France que je gagnais en marquant I'unique but. I'année ou nous
reportions aussi le Championnat de France."
«Mais je ne retrouvais la plénitude de mes moyens qu'après une opération sur les ménisques
faite en 1938 par un chirurgien autrichien de passage à Paris
-
en route vers les USA
-
chassé par les Allemands. Puis, hélas! ce fut la guerre alors que j'espérais fermement passer un
bail avec l'équipe de France.r,
Floger COUARD étant lrop discrel sur sa carrière parisienne, lorce nous est d'en dire d'avantage En
citant, par exemple les noms de quelques uns de ses coéquipiers de la grande époque du Bacing
Higuen, Diane, Dupuis, Dellour, Jorda, Banide, Veinante, Kennedy, Malhé...
En rappelant ce mémorable 1er ianvier 1936 où. devant 40 000 spectateurs et le gratin des pays
respectifs, le Racing réussit I'exploit de batlre le Spartak Dynamo de Moscou par 2 à 1, le but
vainqueur étant signé R. C.
En citanl (à son insu) quelques exlrails de la presse de l'époque précieusemenl conservés par son
regretté frère aîné, Bené :
«R. C. est un danger constant pour le goal. sa vitcssc. sorr shoot. sa détentc. sorr intelligence dc
jeu en font un leader d'attaque exceptionnel."
"R. C. se signale surtout par l'obstination qu'il met à disputer le ballon. la force et la soudaineté
de son shoot. Il n'abandonne janrais une balle. s'acharrre après elle. la poursuit. la tracasse. la
malmène et. dès qu'il voit un trou devant lui ou une fissure. il botte d'oir qu'il soit. d'un shoot
terriblement dur.»
"Magnifique athlète, R. C. a tous les dons pour enthousiasmer le public. l,utteur né. on a
I'impression de voir opérer un gladiateur romain (sic )."
Floger COUAHD ne pouvait nous parler du Lycée d'Alger, de loot, de FIUA sans évoquer la mémoire
d'un autre lou de foot, d'Alger, du RUA. Écoutons le .
«Je garde d'Albert CAMUS le souvenir d'un camarade au visage souriant. empreint d'une
grande douceur et dont le trait donrinant était la nrodestie et la gentillesse. Il participait avec
passion , comme goal, aux matchs épiques qui se cléroulaient dans la cour du Lycée. Et c'est lui
qui gardait la cage de l'équipe junior du RLJA. Rendant conrpte d'un match contre l'équipe de
I'ouest Mitidja, le journal "RUA" écrit ceci : "l-e nreilleur de tous fut Canrus: il a joué avec un
indéniable courage, plongeant dans les jambes de ses adversaires: il ne fut battu quecafouillage et fit une splendide exhibition?". Camus lui-même écrit : "J'âvais pour arrière "Le
Grand"' je veux parler de Raymond Couard et il avait fort à faire... On me travaillait au corps,
pauvre gardien, sans Roger j'aurais souffert." ,
,.Pour nous, sans la grave maladie qui brisa si tôt son élan, il serait devenu le goal de l'équipe
première. À son ami Charles Poncet qui lui denrandait, beaucoup plus tard, quelle activité il
aurait choisie, du foot ou du théâtre, si sa santé le lui avait permis. il répondit:"Le [oot, sans
hésiter." ,>
.<Nous avions en commun Jean Grenier comme Prof. de Philo et celui-ci ne tarda pas à déceter
chez son disciple les qualités que confîrmera son prestigieux destin.,
..Le soir, après les classes. il nous arrivait avec quelques demi-pensionnaires. de regagner à
pieds nos domiciles respectifs. Immuable trajet bruyant. grouillant d'une foule où tous se
mêlent, sans distinction de race ou de religion, grar,é dans nra mémoire. Rue Bab-El-Oued et
ses odeurs d'anchois tassés dans des harils. ou de I'huile bouillante du marchand de beignets et
de:.hhias. Place de la Victoire oùr débouche une (lasbah toute proche pleine de nr1,stères à nos
ages... Place du Gouvernenrent ou mieux Place du Cheval... les créponnés de Grosoli l'été...
Rue Bab-Azoun où commence le chic des boutiques algéroises sous les arcades qui viennent
presque frôler le tramway algérois... le square Bresson "bruissant des chants d'oiseaux dans
une forêt de ficus, de palmiers et de magnolias" (l-otntan).,
<<Là, notre petit groupe se séparait: Les uns allaienl \,ers le centre ville par [a rue Dumont
Durville et Isly, d'autres vers le champ de Manoeuvres pâr les rues de Constantine et SadiCarnot.
Carnus prenait quelquefois le CFRA pour regagner Belcourt. quartier popslaire et
ouvrier d'Alger."
«Ce Camus de ma jeunesse, je I'ai revu à Alger en 1955. Préoccupé par la situation il y était
vgnu de Paris pour s'informer et tenter d'obtenir une trêve dans les attentats. Le RLJA lui fit
grande fête mais son moral était très bas. On parla. bien entendu football et. pour le divertir" je
dèvais te mener voir un match le dimanche suivant au stade de St. Eugène. Tiraillé de toutes
parts, il ne put m'accompagiler.»
"On se plaît à citer de lui une phrase qui serait à nrécliter de nos.iours en nratière de sport :
"Après beaucoup d'années où le monde nr'a offert beaucoup de spectacles. ce que finalenrent je
sais de plus siir. sur la morale et les obligatiorrs clcs horrrrrres. c'est âu sport que.ie le dois. c'est
au RLIA que je I'ai appris.,) .
"Le RLJA réunit encore chaque année à Marseille nlrciens et jeunes venus de tout I'Hexagone.
En son nom et au mien. je n'ai pas manqué d'aller nre recueillir sur la tombe d'Albert (lanrus à
Lourmarin. Tombe toute à son image. de sirnplicité. cle modestie. Une touffe de romarin à
même Ie sol. mais combien énrouvante.,
Marseiiie, décembr.e 1 993
Roger Couard.
Propos recueillis par
Roger Acquilina.
Georges Catini.
Gilbert Crosso.




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Re : LA TRIBUNE,....POUR TOUTES ET POUR TOUS,
« Réponse #3695 le: 12 juin 2018 à 20:29:19 »
beau témoignage d'une époque qu'on n'a pas connue,trés riche et malheureusement inconnue de tout une génération

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