Hommage à Abdelmadjid Aouchiche

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La Fédération nationale des sports
équestres et l’Association des amis du
Tassili a organisé, au centre
équestre du Caroubier, un hommage à M.
Abdelmadjid Aouchiche, président d’honneur
de la Fédération équestre. La cérémonie
qui a réuni tous les
amis et les compagnons de M. Aouchiche,
a été marquée par plusieurs concours
équestres avec, notamment, les cavaliers du
Haras El Djemhouri. Pour l’occasion,
Abdelmadjid Attar, ancien ministre et ancien
P-dg de Sonatrach, a rédigé une petite biographie
de M. Aouchiche.

Né le 24 octobre 1926 à Bordj-
Bou-Arréridj où il fait ses premières
classes, il intègre, dès l’âge de 10
ans, les Scouts musulmans algériens
avec lesquels il développe sa
première initiation au militantisme
national.

A la suite de son arrestation le 8
mai 1945 pour sa participation à la
manifestation dont il fut le portedrapeau
à Bordj-Bou-Arréridj, il
sera transféré avec ses compagnons
au camp de Djenane-
Bourezq dans la région de Béchar,
un camp qui avait servi à l’incarcération
des communistes dans les
années 40.

Libéré en novembre 1945, il
reprit ses activités militantes jusqu’en
1956 pour rejoindre le
maquis dans la zone de Lakhdaria,
Wilaya IV, commandée par le
colonel Si Sadek (Slimane
Dehiles).

Le 24 avril 1957, il est blessé et
capturé au cours d’un accrochage
avec l’ennemi dans la région de
l’Alma, à Hamadi. Après son hospitalisation,
il est écroué à Serkadji,
puis transféré à Berrouaguia avec
une condamnation de deux ans de
prison le 29 novembre 1957.

Libéré en 1959, il décide de
quitter l’Algérie pour éviter une
deuxième arrestation, et se réfugie
à Paris avec un ami de captivité
(Daho Allam), où il est hébergé par
Sid-Ahmed Ghozali à la cité universitaire
d’Antony, avant de tenter
une reprise de ses études.

En 1960, il décide de rejoindre
l’armée aux frontières en Tunisie,
où le commandant Moussa
Mourad lui confie en 1961 la mission
de création du Foyer central
du moudjahed, dont les attributions
concernaient la création et la gestion
de 141 foyers pour les djounoud
et un village coopératif pour
les civils frontaliers.

Après l’indépendance, il donnera
naissance en décembre 1963
à la DNC/ANP, dont la mission fut
élargie à l’ensemble des foyers,
cercles, coopératives et unités de
production industrielles militaires.
Entre 1967 et 1977, la
DNC/ANP se transforme en une
puissante entreprise d’engineering
(Bereg) et de construction (y compris
l’intégration d’activités industrielles
complémentaires au bâtiment)
en passant de 850 à 50 000
travailleurs.

Le colonel Abdelmadjid
Aouchiche gérera cette entreprise
avec une force, une compétence et
un engagement qui feront d’elle un
instrument de classe internationale.
Sous son autorité, elle réalisera,
dans les conditions de délais et de
qualité remarquables, les plus
importants projets algériens de
l’époque tels que : les Universités
d’Alger (Usta) et d’Oran (Usto), la
Mosquée et l’Institut des sciences
islamiques de Constantine, l’Institut
maritime de Bou Ismaïl, le ministère
du Commerce à Alger, 118
lycées et CEM et 15 APC à Alger et
sa région, plusieurs milliers de
logements à travers le territoire
national.Le colonel Abdelmadjid
Aouchiche est nommé en mars
1977 ministre de la Construction,
de l’Habitat et de l’Urbanisme, mission
au cours de laquelle il mettra
en place les fondements d’un secteur
moderne et se consacre jusqu’en
juillet 1980 à la mise en
oeuvre du plus important plan de
construction de logements, à court,
moyen et long terme, dont 120 000
furent livrés en 1981.

En 1982, il est nommé ambassadeur
en Argentine, poste occupé
jusqu’en 1984, et à travers lequel il
a beaucoup oeuvré à renforcer la
coopération entre les deux pays,
notamment dans le domaine
nucléaire avec la construction du
premier centre nucléaire en Algérie.
M. Abdelmadjid Aouchiche a
définitivement quitté les activités
politiques en 1984 pour se consacrer
aux activités associatives au
service des sports et de la culture,
qui ont toujours été en réalité sa
passion primordiale.

Il a ainsi énormément contribué
au développement des sports
équestres en tant que vice-président
de la Fédération des sports
équestres de 1963 à 1993, puis
président jusqu’en 2004, et de nouveau
en 2007.

Afin d’organiser le premier
Concours maghrébin, il édifia en
1973 le Centre équestre Colonel-
Chabou en quatre-vingt-huit jours.
Un réel défi pour l’époque.
Ce centre choisi aujourd’hui
pour lui rendre hommage n’était
qu’un terrain vague, quand la commission
chargée d’apprécier les
installations était venue visiter le
site du Concours maghrébin.
M. Aouchiche confirmera alors :
« C’est là qu’auront lieu les compétitions.
 »

Nous étions à trois mois de la
date du Concours maghrébin, et
les membres de la commission,
perplexes, avaient cru qu’il s’agissait
d’une galéjade.

Et le concours eut lieu effectivement
à la date fixée et dans le plus
beau complexe équestre du
monde arabe de l’époque. Par
ailleurs, il présida pendant toute
une décennie la Fédération de ski
et des sports de montagne, où il a
été à l’origine de la réhabilitation de
la station de Tikjda, notamment par
la mise en place des télésièges et
des remontées mécaniques.
Il a fondé et présidé
l’Association des amis du Tassili de
1988 à 2009, période au cours de
laquelle il s’est entièrement dévoué
au service de cette région et de sa
population.

M. Abdelmadjid Aouchiche est
aussi membre fondateur, en 1998,
de la Fondation Sonatrach-Tassili
et de la Fondation Déserts du
monde en 2002.

Aujourd’hui encore et à 84 ans,
il est le président d’honneur de
l’Association des amis du Tassili,
dont l’essentiel des actions mises
en oeuvre grâce à son dévouement
ont eu pour objectif principal le
développement et la préservation
des patrimoines historique, culturel,
social et naturel du Tassili des
Ajjers, dont les populations lui
vouent une immense considération.
M. Abdelmadjid Aouchiche
reste, à ce jour, totalement à l’écoute
de ces grandes familles qu’il a
fondées au sein de la DNC, les
sports équestres et la protection
des patrimoines culturels et historiques,
et bien sûr attentif aux problèmes
que pourraient avoir les
membres de ces familles, notamment
les plus démunis, auxquels
« Si Abdelmadjid », comme il est
appelé affectueusement, n’a jamais
cessé d’apporter son aide et son
soutien.

Il reste pour eux, pour nous
tous, la référence et le recours.
Une ancienne citation dit que :
« Un humaniste, c’est quelqu’un qui
ne sait pas où se range le riz dans
sa cuisine, mais qui va trouver des
tonnes de sacs pour les petits affamés
du monde. »

Si Abdelmadjid ne s’est jamais
soucié de ce qu’il possédait ou
pouvait posséder mais a consacré
sa vie à donner aux autres.

QUEL BEL EXEMPLE D’HUMANISME
 !

A. Attar, Le Soir d’Algérie

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria