Bruit de bottes

, par  Rebbache Laid , popularité : 1%

Au n° 67 B de la rue principale (actuelle rue Mébarkia Smail) faubourg des jardins
à Bordj Bou Arréridj tout juste près du carrefour face au musée du moudjahid,

une
grenade explosive a été lancée au locataire de cette adresse,un certain sergent
chef de la garde mobile du nom de Paillocher et ce probablement durant l’année
1958,en ce temps là nous habitions le faubourg lagraphe.


La maison telle qu’elle est où la grenade a été lancée vers la porte en bois.

Ce gendarme connu dans ses devants de scène durant toute sa présence à B.B.A.
L’explosion n’a pas fait de victimes, elle s’est produite dans le passage commun
des locataires de l’immeuble en question.

Face à cette habitation, le faubourg lagraphe, visible à l’œil nu, séparée par la
prairie dite merdjat Kara.

Personne ne se doutait de rien quant à la suite de cet évènement, rien n’est
divulgué.
Après le couvre feu et l’heure de minuit, la soldatesque de l’occupant aux bruits
de bottes envahit les ruelles de ce faubourg formé en majorité de gourbis et la
plupart des portes en bois d’emballages, la casse était facile pour atteindre
l’unique chez les uns la chambre grande ou petite réunie toute la famille,
l’électricité n’était pas familier dans ce douar, le réveil à la torche aux piles
sèches était le point lumineux de la troupe, suivre le guide est la seule issue.

Pour éviter la continuité de la fracture des portes, un voisin a suggéré de
réveiller les citoyens par sa voix connue et les portes sont ouvertes sans bris.

De chaque maison, une ou deux personnes sont amenées les une après les autres,
rassemblées à la fontaine publique (actuelle construction de l’école des frères
Nebbache) et de là les camions remplis de prisonniers entassés se dirigent vers le
stade centre ville (actuel stade Bouzidi Messaoud).

Dès le lever du jour au point où le contrôle peut s’effectuer,le monde prisonnier
passe à l’interrogatoire,le tri commence à s’émettre les uns à gauche ,les autres
à droite,personne n’a rien compris,les premiers admis sortant leur est porté un
cachet humide de la garde mobile sur la poignée de la face de la main gauche qui
sera levée du terrain au portail de sortie à environ cent mètres et le scénario
continue, gare à ceux qui s’hésitent à la réponse.

Les personnes retenues aux vestiaires du stade, quels vestiaires ? Des abris en
zinc ondulé en forme de voûte, parterre nu, ni eau, ni toilettes et ce durant
quinze jours environ, certaines sont rentrées à leur foyer, d’autres n’ont données
aucun signe de présence.

Malgré l’installation de la peur, les attentats ont pris le chemin de la suite de
non interrompue jusqu’au jour où le cessez le feu du 19 mars 1962 a été signé
entre les représentants de l’Algérie combattante et la France à Evian sanctionné
par l’indépendance de l’Algérie le 05 juillet 1962.

REBBACHE Laid

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria