Sidi Betka, Premier Cheikh de la Medjana (1600 - 1680)

, par  Mokrane Mokrani , popularité : 2%

Sidi Betka (Abou Touka) né vers 1598 à la Qalâa des Beni Abbas, fils du dernier des souverains d’El Qalâa, Sidi-Nacer, homme respectable, instruit, juste, ascète distingué. On rapporte qu’il s’était tellement voué à la piété, que, par mortification, il avait pris l’habitude de porter une silice sur la peau. Il avait réuni autour de lui quatre-vingts Tolba.

Sidi-El-Houssine-El-Ourtilani, qui écrivait le passage qui précède en l’an 1179 (1765 de notre ère), était taleb et chérif : « Les généraux et notables des Beni Abbas, jaloux de son autorité, lui portèrent envie et le massacrèrent par trahison. Dieu, pour les punir, anéantit leur armée, et fit tomber ces assassins dans la mauvaise voie. Il ne reste plus rien de leur puissance ; leur égarement subsiste seul, car Dieu continue à les châtier du crime qu’ils ont commis sur la personne de leur souverain. »

Quelques savants de Fez (Maroc) ont dit à ce sujet, dans un poème que j’ai lu et dont nous possédons une copie dans notre zaouïa :
« Que les malédictions et toutes les calamités s’appesantissent sur ces mécréants, qui ont trahi leur souverain. Le récit de leurs perfidies et de leurs trahisons est tellement considérable, que l’on ne saurait en voir la fin. On doit fuir leur contact, car ils ont conservé leurs vices jusqu’à ce jour, et ces vices n’ont fait que s’accroître, à cause de leur peu de vergogne. »
On ne doit donc pas s’étonner de le voir exhaler toute son antipathie contre les meurtriers d’un prince qui fut l’ami et le protecteur des Tolba.

Sidi-Nacer laissait plusieurs enfants. L’un d’eux nommé Sidi-Betka (nous ignorons s’il était l’aîné de la famille), sa mère est une Hachmia, il fut sauvé par les Hachem, fidèles serviteurs de son père infortuné, qui le conduisirent en sûreté dans la Medjana, où il devint la souche de la famille Mokrani de nos jours, ainsi que nous l’expliquerons tôt. L’autre enfant fut emporté par sa mère dans la vallée de Bougie, à Amadan, sur la rive gauche de la Soumam, C’est là, de son côté, que cet enfant, nommé Mohamed Amokrane, grandit et ne tarda pas à acquérir une certaine influence, en raison de son illustre origine et des vertus religieuses dont il était doué lui-même. Il devint l’ami des Turcs qui tenaient garnison à Bougie. Ses enfants habitent encore les mêmes lieux ; l’un d’eux alla se fixer à JIJEL, où il forma souche également. Enfin, un dernier rejeton de cette famille aurait été emmené dans l’Ouest, et ses descendants habiteraient la tribu des T’maznia, qui fait partie d’El-Bordj, du cercle de Mascara.

Sidi-Betka était encore en bas âge, quand eut lieu le meurtre de son père. Sauvé par les Hachem, fidèles serviteurs de la famille, qui était comme les Samouraï au Japon , la tribu des Hachem, venue de l’ouest à une époque dont la tradition n’a pas conservé le souvenir, avait offert ses services aux ancêtres de Sidi Betka . Les 233 cavaliers Hachem, accueillis avec empressement, ne tardèrent pas à prospérer et à se multiplier. Attachés irrévocablement à la fortune de leurs protecteurs, ils formèrent le noyau de là cavalerie régulière du sultan Abd-el-Aziz , son frère Sidi Ahmed-Mokrane augmenta leurs privilèges, et, comme ils étaient excellents cavaliers, c’est à eux qu’il confia la reproduction et l’élevage d’une race de chevaux qui, au début de la conquête française, jouissait encore d’une grande réputation.

Il fut conduit dans la Medjana, où on le tint caché pendant plusieurs années, attendant un retour de la fortune pour rétablir son pouvoir. Dès qu’il fut devenu assez fort pour prendre la direction des affaires, il rallia autour de lui tous ses partisans, fit la guerre contre ses ennemis pour venger l’attentat commis sur la personne de son père, et parvint à les expulser entièrement de la plaine de la Medjana ! Son mariage avec la soeur du chef des Oulad-Màdhi lui valut l’alliance de celte grande tribu de M’sila. Avec son aide, il étendit les limites de son autorité jusque dans le Hodna et chez les Oulad-Naïl. Tournant ensuite tous ses efforts vers la montagne, il fit une guerre acharnée contre les assassins de son père.

Les Beni-Abbas n’ayant pas, dans leurs montagnes, des ressources suffisantes à leurs besoins, et réduits, par conséquent, à la dernière extrémité par ce blocus permanent, demandèrent grâce. Sidi-Betka leur reprocha amèrement d’avoir violé leurs serments en tuant son père, malgré tous les grands services rendus au pays par ses ancêtres. Les Beni Abbas le supplièrent de revenir parmi eux ; mais il ne se lia point à leurs protestations, et renonça au titre de sultan de la Qalàa pour prendre celui de Cheikh de la Medjana qu’ont conservé ses descendants.

Sidi-Betka accueillit néanmoins leur repentir, leur rendit la liberté des roules, mais refusa de leur restituer ce qu’ils possédaient dans la plaine de la Medjana, qu’il se réserva par droit de conquête pour lui-même et pour les Hachem. Ainsi se créa leur droit de possession sur cette vaste plaine, si renommée par sa fertilité.

Avec son Goum et en collaboration avec son frère Sidi Mohamed Amokrane , Sidi Betka participa certainement à la bataille alors qu’ils défendaient Djidjlli lors de l’expédition du duc de Beaufort , en 1664. Pour preuve, les trouvailles par les Français, de différents types d’armes de guerre « Louis 14 » dans la région de B.B.Arréridj : « des canons à Bouni, des sabres à Ouled Sidi El Djoudi et des armes à feu chez les Mokrani. ».

Charles Féraud écrivait dans un numéro de la revue archéologique : Il est opportun de relater ce qui nous a été raconté au sujet des fameux canons de la Qalâa. M. Chevarrier, premier, les a signalés, dit : « Eu égard au site ville, ce fait serait traité de fabuleux, si les quatre n’en attestaient encore, par leur présence, l’inexplicable vérité. » Ces canons ne sont plus aujourd’hui à la Qalâa, mais à Boni. L’un d’eux est orné de fleurs de lys sur toute la volée, et porte, près de la culasse, un L dans une couronne royale. Il provient évidemment de l’expédition du duc de Beaufort à Gigelli, en 1664. Elles auraient été amenées de la plage de Bougie, en remontant la vallée de l’Oued-Sahel, hissées à la Qalâa , à grands renforts de bras et, au moyen d’une infinité de cordes, attachées aux arbres qui s’étageaient jadis sur la déclivité du rocher.

Au moment de l’expédition du Duc de Beaufort en Juin 1664, Sidi Mohamed Amokrane fit réunir toutes les tribus locales, les réconcilia en vue de la lutte pour le Djihad et par la même occasion, il fit appel à toute sa famille du Sahel, de Medjana ainsi qu’aux Ben Cheikh Ali de Collo. Il s’installa à Djebel Aiouf avec ces compatriotes pour attaquer une troupe de corvée de 600 hommes commandée par Gadaigne et Vivonne. Lors de ce combat eut lieu le décès du Marquis de la Châtre et du Capitaine de Régiment de Navarre Sainte Marte, ainsi que le Lieutenant de Picardie Girardier, qui fut blessé à mort.
La flotte composée de soixante-trois voiles et présentant un effectif de près de cinq mille hommes sortit de Toulon le 2 juillet 1664 sous le commandement du duc de Beaufort, chef et surintendant de la navigation et du commerce de France. La flotte expéditionnaire arriva devant Djidjelli le 22 septembre 1664.

A la nouvelle du débarquement des français, les Algériens accoururent en grand nombre et dirigèrent une attaque vigoureuse contre les assaillants, auxquels ils firent éprouver une perte de quatre 400 hommes durant les deux premières journées de combat. Durant plus de dix jours, les soldats français ne pouvaient sortir de leurs retranchements sans se faire tuer. Le 5 octobre, les Algériens prirent de nouveau l’initiative de l’attaque et infligèrent de lourdes pertes à l’ennemi. Le marquis de Martel vint en renfort sur une dizaine de navires. Le 31 octobre, des milliers d’Algériens venus aussi vite qu’ils le purent, qui de Bône, qui de Bougie, qui d’Alger, se précipitèrent sur les troupes de Louis XIV qui se replièrent incontinents vers le rivage. Un nombre impressionnant de soldats français fut mis hors de combat. Ce désastre fut suivi d’une débandade complète.

L’Armée française en déroute se rendit en grande partie et abandonna sur le rivage une importante artillerie dont 30 pièces de canon de fonte, 15 de fer et plus de 50 mortiers. Le lendemain, le corps expéditionnaire s’éloigna dare-dare des côtes algériennes en y laissant trois mille cadavres, en sus de la moitié de son artillerie. Chemin faisant, un événement aussi imprévu que catastrophique se chargea d’anéantir la flotte du duc de Beaufort. L’historien français Ernest Watbled écrit à ce propos : « Le malheur qui semblait s’être attaché aux Français, les suivit jusque sur les côtes de Provence. La peste, qui était à Toulon, empêchait d’y débarquer les troupes. L’escadre reçut l’ordre de les porter aux îles d’hyières. Un des plus grands vaisseaux, La Lune, périt corps et biens en vue de ces îles. Douze cents hommes du régiment de Picardie, quantité de volontaires et plusieurs des meilleurs du corps expéditionnaire, furent noyés. » A Saint Germain-En-Lay où le roi est installé, on trépigne de colère et on jure comme un charretier. Comme il fallait s’y attendre, on se mit en peine de mettre tout en œuvre pour venger le désastre de Djidjelli.

Depuis, Sidi Mohamed Amokrane était considéré comme le grand sauveteur et le grand protecteur de la ville.
Selon la légende, il était venu de Bougie ! Il s’installa en 1631, à la porte de l’ancienne ville de Djidjelli dans sa famille, chez el Fadhel Amokrane (progéniture du Sultan el Fadhel Amokrane tué par les turcs en 1553). Il est le fondateur de la Zaouïa dont ils devenu le marabout.
Selon encore la légende, il planta sa canne sur le djebel el Korn pour désigner son lieu de prédilection pour le cimetière musulman. Depuis, ce haut lieu est devenu transmissible de fils en petit fils portant le prénom de Mohamed. Ensuite les turcs se servirent de l’honorabilité, de l’influence religieuse et la haute considération que les Djidjelliens avaient pour cette famille, et ce jusqu’en 1812.
La famille Mokrani de Djidjelli, par solidarité à leurs cousins de la Medjana massacrés par Dey Tchaker en 1812, se désolidarisa des turcs. Certains historiens prétendent que Mohamed Ben El Harche, marocain d’origine, a anéanti les (Mokrani de Djidjelli) en 1804, alors que ce sont les (Mokrani de la Medjana) qui l’ont tué.

Les relations de bonne amitié qui existaient entre Sidi-Betka et les Ouled-Màdhi cessèrent brusquement, à la suite d’une brouille qui faillit lui coûter la vie. Le beau-frère de Sidi-Betka, était un homme grossier. Ses"fréquentes visites étaient gênantes ; mais il avait surtout le défaut de s’immiscer d’une manière fâcheuse dans toutes les affaires, et la vanité de vouloir remplir le rôle de conseiller auprès de son jeune parent.Un jour, qu’une foule nombreuse était assemblée devant la tente du chef de la Medjana, pour délibérer sur des questions importantes, le Madouï, selon son habitude, prit inopinément la parole. Sidi-Betka, obsédé par ses discours et à bout de patience, profita de l’occasion pour mettre un terme à ses importunités. « Mais, tais-loi donc, bavard insipide, lui dit-il ; tu n’as pas plus de jugement que ta soeur, et quand les hommes parlent, tu dois garder le silence ! » Cette piquante saillie fut accueillie par une hilarité générale ; mais un éclair de colère et de vengeance brilla dans le regard du beau-frère déconcerté, qui se leva et partit sur-le-champ. En rentrant dans son pays, il se plaignit amèrement de l’injure que son beau-frère lui avait faite en public. Ses compatriotes, entraînés par ses discours haineux, s’ameutèrent, et lui promirent de l’aider à se venger. Les Ouled-Mâdhi dissimulèrent leurs rancunes jusqu’à l’hiver suivant, époque à laquelle Sidi-Betka avait l’habitude d’aller chasser dans le Hodna avec une faible escorte.

Après avoir couru la gazelle toute la journée, Sidi-Betka rejoignant, un soir, ses tentes plantées à l’endroit qui a pris depuis le nom de Bou-Nezoua (le champ de la dispute), fut très surpris de voir son campement entouré, à distance, par une infinité d’autres tentes qui avaient été dressées pendant son absence. Un seul passage pierreux, sur lequel les piquets de lente n’avaient pu être plantés, restait libre. Sidi-Betka ne sachant à qui il avait affaire, se tint prudemment éloigné, envoya sonder le terrain et reconnaître les nouveaux venus par un de ses serviteurs.

Celui-ci s’étant avancé avec précaution, ne tarda pas à revenir avec plusieurs cavaliers qui faisaient bondir leurs chevaux et parler la poudre en signe d’allégresse. C’étaient les Ouled-Mâdhi conduits par le beau-frère de Sidi-Betka. Ayant appris par hasard qu’il chassait dans le quartier, il était venu camper auprès de lui, disait-il pour prendre part à ses courses et lui offrir des faucons nouvellement affétés. Son plan, combiné secrètement, était, comme nous l’avons dit, de massacrer Sidi-Betka dès qu’il en trouverait l’occasion.

Quelques heures plus tard, une ample diffa réunissait les principaux conjurés dans la lente de Sidi-Betka.

Après le repas, chacun se retira, et il ne restait auprès du chef que les fauconniers des Ouled-Madhi, qui, selon l’usage des Arabes, devaient passer la soirée à chanter autour des perchoirs pour habituer les faucons à leur voix.

L’un des oiseleurs avait, cependant, projeté de prévenir Sidi-Betka du complot qui se tramait contre lui ; mais la présence de ses compagnons lui inspirait une grande prudence et l’empêchait de parler. Il employa alors une ruse qui obtint le résultat qu’il espérait. S’adressant à ses faucons, il leur chantait :

0 vous, oiseaux de race,

Si vous étiez de ceux qui comprennent,

Vous prendriez votre vol :

Au point du jour, vous seriez à Gheboula (dans la Medjana)

Alors moi j’aurais l’esprit tranquille.

Sidi-Betka, couché sur des tapis au fond de la tente, ne faisait nulle attention à ces paroles ; cependant, comme l’oiseleur s’obstinait à les répéter sur tous les tons, il tourna ses regards vers lui. Un imperceptible clignement d’oeil lui fit comprendre la pensée du fauconnier. Dès que les oiseleurs se furent retirés à leur tour pour aller dormir, Sidi-Betka réunit à la hâte les quelques serviteurs qui composaient sa suite, et leur répéta le chant qu’il venait d’entendre. Leur avis fut unanime sur le sens de ces paroles : les Ouled-Màdhi méditaient trahison, c’était clair ; il fallait donc leur échapper plus vite.
Notre fuite est impossible, objecta Sidi-Belka ; le hennissement des chevaux et le cri des chameaux va donner l’éveil à nos ennemis.
Que cela ne vous inquiète pas, dit un vieillard de la troupe, familier depuis longtemps avec les -drames de la vie arabe ; abandonnons nos tentes, chargez sur les chevaux vos effets les plus précieux, vos enfants et vos femmes, et chassez les chameaux devant vous. Le chameau libre marche sans pousser un cri. Dès que nous serons sortis du cercle formé autour de nous par nos ennemis, vous pourrez les charger, et chacun prenant alors son cheval, nous fuirons rapidement. En effet, Sidi-Betka et tout son monde s’éloignèrent sans bruit, par le passage que les Ouled-Mâdhi avait laissé inoccupé. Au lever du soleil, ils étaient déjà à el-Djir, à plusieurs lieues du campement abandonné.

Cependant, au point du jour, les Ouled-Mâdhi son cheval et entourent le petit groupe de tentes de Betka, que, dans leur pusillanimité, ils croient surprendre sans éprouver de résistance.

Mais quel n’est pas leur désappointement, quand ils s’aperçoivent que les tentes sont vides. Ils ne peuvent en croire leurs yeux, leurs précautions avaient été si bien prises ! Ils sont confus d’avoir laissé tromper leur vigilance.

Mais l’ennemi ne peut être loin ; ils courent sur ses traces, et le rattrapent au-delà de Sed-el-Djir. Sidi-Betka avait autour de lui quelques cavaliers d’une fermeté à toute épreuve, et de chacun desquels on pouvait dire : c’est un tel. Sa défense fut terrible, et la bravoure remporta sur le nombre. Les Ouled-Mâdhi durent donc abandonner la poursuite.

Sidi-Betka ayant échappé à ce guet-apens, rentra immédiatement dans la Medjana, se promettant de prendre bientôt une revanche éclatante. Les Ouled-Mâdhi, de leur côté, résolus de tenter un vigoureux coup : demain, débouchèrent, un dimanche, dans la plaine, espérant surprendre les habitant de la Medjana réunis, ce jour-là, sur le marché. Sidi-Betka, prévenu à temps par ses éclaireurs, avait rassemblé les Hachem ; tous le fantassins auxiliaires de la montagne étaient également en armes ; mais on eût dit que rien d’extraordinaire ne se passait sur le marché. Il laissa approcher les Ouled-Màdhi, et quand ils furent à bonne distance, il les .chargea brusquement, et leur tua beaucoup de monde. Les Ouled-Màdhi furent poursuivis jusqu’à Mahfer-et-Tir, et sur l’emplacement où restèrent leurs cadavres, on éleva des nezâ, ou tumulus de pierre, qui se voient, encore de nos jours.

Sidi-Betka vécut longtemps, maître absolu de son territoire. Sa mort dut avoir lieu vers l’an 1680. Bien que la chronique locale n’en parle pas, il est certain que les Mokrani durent jouer un rôle quelconque dans la grande insurrection qui, en 1638, renversa la puissance ottomane dans la province de Constantine. L’état d’indépendance dans lequel ils vécurent vis-à-vis des Turcs, après cette révolte, confirmerait cette opinion.

Sidi-Betka laissa quatre fils. L’aîné, Bouzid, lui succéda dans le gouvernement du pays. Les autres étaient : Abd-Allah, Aziz et Mohammed, dit El-Guendouz, nom qui, dans les familles, sert à désigner le plus jeune, le Benjamin de la maison.

Le cheikh Bouzid, en homme sage, parvint à détourner ses frères de tout esprit de rivalité, et à les faire vivre en bonne intelligence.

Abd-Allah devint très riche en troupeaux, chevaux el céréales ; il fil sept fois le pèlerinage de la Mecque. Aziz, vaillant guerrier en même temps qu’homme de bon conseil, servit de khalifa à son frère pour l’administration du territoire. Quant à El-Guendouz, il passa la majeure partie de son existence dans le Hodna, qui avait été placé sous ses ordres, et s’allia à la noble famille des Oulad-Fadel, qui prétend descendre en droite ligne des anciens émirs sanhadjiens de la Qalàa hammadite. El-Guendouz, très influent dans son pays, se laissant entraîner par les conseils pernicieux de son entourage, se déclara indépendant, et marcha même contre son frère. Le cheikh Bouzid, mort en 1734 fut enterré à Tazerout el k’ssour « des Ouled Khelouf », cimetière du marabout Sidi-Ali-el-Tiar,

Sources :

* Sidi-El-Houssine-El-Ourlilani : Erihla( Nouzhat El Andhar) , manuscrit en arabe 1765.

* Charles Féraud : Les seigneurs de la Medjana.

* El Hafnoui Edissi : Ridjal El Khalef MinWaraa Essalef.

* www.benifoughal.com/ site historique et généalogique sur la tribu des Beni Foughal (Jijel et Guelma Algérie).

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria