Les spécialistes du CPMC (Centre Pierre et Marie Curie) au service des compétences de l’intérieur du pays

, popularité : 2%

À l’initiative de la Société algérienne de sénologie et de pathologie mammaire, (Saspm), fondée par le doyen des cancérologues, le professeur Ahmed Bendib, une première session d’enseignement postuniversitaire dans le domaine de la pathologie mammaire au profit des personnels médical et paramédical a été lancée hier au CPMC d’Alger.

Sont concernés par cette première session, qui durera 10 jours, 30 spécialistes en chirurgie générale, 5 techniciens en anatomo-pathologie et 5 manipulateurs de radiothérapie. Ils sont  issus de différentes wilayas de l’intérieur, dont Sétif, Batna, Bordj Bou-Arréridj, M’sila, Biskra, Bouira, Boumerdès, Blida.

La formation de ces derniers sera assurée par les spécialistes des différents services (sénologie, oncologie, radiologie, anatomo-pathologie) du CPMC.

L’objectif de l’enseignement postuniversitaire, explique le professeur Bendib, est de permettre une formation supplémentaire aux personnels de la santé publique, notamment dans le domaine de la pathologie mammaire et de traitement du cancer en général, où il y a un manque de spécialistes. Les rares spécialistes maîtrisant cette maladie sont concentrés dans les centres spécialisés  du centre du pays, notamment le CPMC d’Alger.

Et la présente initiative, martèle encore M. Bendib, devra permettre progressivement de diminuer la pression sur les centres de la capitale, aujourd’hui dépassés par les flux de patients qui viennent des quatre coins du pays.

Ceci, dit-il, passe par la formation des équipes spécialisées affectées dans différentes wilayas, et qui seront chargées d’accueillir les personnes soufrant d’un cancer à même le niveau de leur wilaya de résidence. “Il faut une armée de spécialistes pour lutter contre le cancer ; il faut que chacun fasse son travail et au bon moment”, a rappelé le professeur Bendib, qui déplore au passage “la mauvaise répartition des spécialistes sur le territoire national”.

Malgré l’existence de 800 radiologues et plus de 2 000 chirurgiens en Algérie, le manque de spécialistes est décrié dans plusieurs villes de l’intérieur et surtout du sud du pays. Pour remédier à cette situation, le Pr Bendib estime ainsi que l’enseignement postuniversitaire et le recyclage des personnels affectés dans les structures sanitaires de différentes wilayas sont des solutions à encourager afin de permettre aux Algériens de se faire traiter à même dans leurs wilayas respectives.

Selon ce professeur, chef de service sénologie du CPMC, le choix de la spécialité (la pathologie mammaire) est dicté par la réalité de l’évolution alarmante du cancer du sein en Algérie avec plus de 10 000 nouveaux cas enregistrés chaque année, causant le décès de 3 500 femmes pour la même période.

Ce taux élevé de mortalité s’explique, dans plusieurs cas, soutient le professeur, par la découverte tardive de la maladie. “Chez nous, la tumeur est souvent dépistée tardivement. Son volume se situe en moyenne à 2,5 cm, alors que la norme veut qu’elle soit dépistée avant d’atteindre 1 cm de volume, ce qui facilite son traitement”, a rappelé le Pr Bendib.

Farid Abdeladim

Liberté Algérie

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria