L’arbre qui cache le désert

, par  Da Snitra , popularité : 2%

Si sous d’autres cieux on dit "l’arbre qui cache le forêt" pour désigner un détail qui fait perdre de vue l’ensemble, à Bordj-Bou-Arréridj, le frêne dissimule le désert, le cyprès stoppe le vent de sable, le robinier fait écran au Sahara et le pin brise le vent du sud. Ainsi l"eucalyptus et le pin parasol ne sont nullement un détail mais l’alpha et l’oméga de l’été à Bordj-Bou-Arréridj.
Comme son nom l’indique, le pin parasol est un excellent abris contre le soleil de plomb de l’été bordjien. Hélas, trois fois hélas, le déluge de 1994 a déraciné deux des trois spécimens qui ornaient la ville. Bien sûr, personne ne songea à en planter d’autres. Le dernier survivant, planté il y a plus d’un siècle dans la citadelle qu’on appelle communément "le château", semble narguer les citoyens errant dans les dédales en béton.
Partout où l’on se rend dans les villes du Tell, on trouve des platanes plantés comme arbres d’alignement aussi bien au centre ville que le long des routes, à BBA, ça se compte sur les doigts d’une main. Pourtant cet arbre est réputé pour sa résistance à la pollution atmosphérique. S’il est bien arrosé, il peut facilement atteindre quarante mètres de haut.
Hamoud, un jardinier retraité parle avec amertume de l’apocalypse des mûriers à BBA . Les vieilles photos de BBA montrent la multitude de ces arbres plantés au centre ville. Le peu qui reste est saccagé chaque années par les enfants en quête de ses fruits qui sont succulents. Quand apprendra-t-on à nos élèves à respecter l’arbre ?
Comme son nom l’indique, le faubourg des jardins était le quartier de prédilection pour la flore. Plusieurs frênes datant du XIX siècle furent carrément arrachés sous prétexte qu’ils gênaient le commerce. Aujourd’hui, les trottoirs sont squattés par une marchandise hétéroclite étalée sens dessus-dessous. A croire que le citoyen n’est là que pour consommer ! On saccage les arbres au moment où le parc automobile n’arrête pas de grimper.
J’ai vu trois troènes qui se portent bien à BBA, le premier est planté devant un robinet, le second se trouve à l’entrée d’une maison et le troisième dans un jardin public au milieu des joncs,ça saute aux yeux, le troène est avide en eau, vu son origine japonaise. Les services concernés en ont planté ces dernières années un nombre considérable mais hélas, livrés à eux mêmes, ces arbustes demeurent chétifs et rabougris. A BBA, on lave sa voiture et on laisse l’arbre mourir de soif. C’est de la non-assistance à être vivant en danger !
Arbre ornemental par excellence, le palmier des Canaries exige qu’on garde sa motte humide pour la croissance . La liste des arbres qui poussent dans notre ville est considérable ( faux poivrier, washingtonia, eucalyptus, peuplier, acacia etc... ) et la liste des soins qu’on doit leur prodiguer est infinie.
Plus que jamais, notre ami l’arbre a besoin de gestes quotidiens pour atténuer un tant soit peu le mal du siècle qui ronge notre atmosphère et qu’on appelle "la pollution".

Da Snitra

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria