La contrefaçon est un crime

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Depuis plus de 16 ans, la contrefaçon est devenue un problème majeur dans la vie algérienne. Essuie-glaces, pièces détachées automobiles, verres optiques, shampoings, cosmétiques, cigarettes, jeux vidéo, denrées alimentaires... La liste est longue et variée. En 2006, la pêche n’a pas été bonne aussi bien pour la douane, la Direction de la répression et des fraudes que pour la direction du commerce.

Aucune saisie n’a été effectuée au niveau de la wilaya de Bordj- Bou-Arréridj par les directions chargées de protéger les consommateurs contre les dangers des produits contrefaits. Le client peu regardant croit, à tort, acheter un produit de marque sans se soucier de la provenance de l’article. Il s’intéresse surtout au prix, nettement inférieur à celui de l’original. “C’est le seul repère fiable aujourd’hui pour discerner le vrai du faux”, admet-il. C’est bien le drame, car en Algérie il n’existe pas d’experts en contrefaçon. Les douaniers agissant à vue, sans aucune qualification professionnelle en matière d’expertise en contrefaçon hormis la provenance des containers made in China comme la saisie record d’un inspecteur des douanes de la wilaya de Skikda Djebarni Toufik qui a mis la main sur du faux Viagra, importé de Chine. Malgré les pressions et les menaces dont il a fait l’objet, ce douanier intègre n’a pas voulu céder d’un Iota. Côté apparence, la contrefaçon a fait de gros progrès. Les imitations sont très ressemblantes. Pour le respect des normes de sécurité, en revanche c’est la loterie. Les matières utilisées sont plus ou moins résistantes, ou plus ou moins toxiques. Certes, une copie de sac à main, d’un costume Yves Saint-Laurent ou Pierre Cardin sans conséquence pour la santé, mais il y a escroquerie causé à l’endroit du client. Cependant que dire d’un faux capot de voiture, de fausses plaquettes de freins, de roulements, d’une pièce de moteur, de faux disques de freins, d’une fausse crème de jour et surtout d’un faux médicament ?

Pièces détachées

C’est la petite pièce invisible, cachée dans un moteur, coincée sous un couvercle, elle entre pourtant pleinement dans le fonctionnement de n’importe quel appareil. De mauvaise qualité, elle peut s’abîmer et céder. La valve de l’auto-cuiseur qui décolle inopinément, le capot de la voiture qui se décroche... Les mécaniciens professionnels comme Amar Lekhal, connu sur la place de Bordj-Bou- Arréridj pour son professionnalisme, traque le moindre boulon durant son cycle de vie et invite le client à acheter des pièces détachées d’origine pour la bonne réparation de la voiture. Une traçabilité qui identifie la provenance, la date et le lien de fabrication.

Les médicaments

Un médicament sur dix dans le monde est un faux, voire un sur quatre en Afrique selon les statistiques de l’OMS. Chaque année plusieurs milliers de personnes en meurent. En Algérie plusieurs patients se plaignent de médicaments n’ayant pas d’effet thérapeutique. Mais que contiennent vraiment ces boîtes ? Au mieux : de l’eau, du talc, de la farine. Au pire, on y trouve des substances toxiques comme l’antigel. Heureusement qu’en Algérie la vente de médicaments ne s’effectue que par le biais du pharmacien. Cela dit peut-on être sûr que les contrefaçons y sont inexistantes !

Parfums, cosmétiques

Parfums, savons, dentifrice, shampoing, maquillage, produits pour bébé... la contrefaçon est de l’ordre de 70%.

Informatique

La plupart des micros-ordinateurs qui circulent sur le marché algérien et notamment à Bordj-Bou-Arréridj proviennent de Chine, les pannes sont multiples et la qualité est médiocre. Idem pour les crèmes sans principe actif ou périmées. De quoi finir chez le dermatologue.

Layachi Salah-Eddine

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria