L’artiste Nacer Ziouche enfin prophète en son pays

, popularité : 2%

Natif d’Aachabou, au fin fond des montagnes de Djaafra, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj. Nacer Ziouche a quitté le bled, à l’instar des jeunes de sa génération, à la recherche d’un emploi, pour jeter l’ancre au 18e arrondissement de Paris, où il rencontra et cotoya les futurs monuments de la chanson algérienne, entre autres, Akli Yahyaten, Slimane Azem, Dahmane El Harrachi, Cherif Kheddam...qui l’ont inspiré pour concocter et donner naissance à ses sept albums chaabi et kabyles.
Mais l’artiste demeure durant ces cinq longues décennies peu connu du public, surtout les générations actuelles. D’où le vibrant hommage de trois jours, à l’occasion de la Journée nationale de l’artiste, qui lui a été rendu le week-end dernier, à l’initiative de l’association culturelle berbère Azel, en coordination avec la direction de la culture et la wilaya.
Au menu de ce programme, une visite au village natal de l’artiste, où a eu lieu une exposition de photos, puis une randonnée dans les village alentours, et en apothéose un gala a été donné à la salle Bachir Ibrahimi par une pléiade d’artistes, entre autres, Kaci Boussaad et Boudjemaa Agraw, ainsi qu’une troupe locale.
Un peu plus tôt, dans les coulisses, nous avons questionné Nacer Ziouche, Kaci Boussaad et Boudjemaa Agraw sur l’effet que peut faire un tel hommage sur l’artiste de son vivant.
Pour Nacer Ziouche, un peu ému : " c’est inoubliable. C’est pour la première fois après cinquante ans au service de l’art, qu’on me rend hommage et chez moi de surcroît. Cela ne peut que me réjouir. Je suis très reconnaissant à ceux qui ont activé dans cette initiative, malgré le peu de moyens dont ils disposent".
De son côté Kaci Boussaad, ravi, enchaîne : "C’est avec une grande joie et un grand plaisir que nous assistons aujourd’hui au gala en hommage à notre maître Nacer Ziouche, et nous allons abuser de nos cordes vocales rien que pour lui faire plaisir et faire plaisir à l’assistance, car, à vrai dire, je n’aime pas les hommages posthumes".
Boudjemaa Agraw conclut : "Cela fait 34 ans qu’on se connaît, Ammi Nacer et moi, en France, et chaque fois, c’est avec plaisir que je le rencontre. Chaque fois qu’on m’appelle, je ne décline jamais l’invitation, surtout quand il s’agit d’apporter un petit plus à notre patrimoine millénaire amazigh, dont je suis très fier d’ailleurs, tout en remerciant l’association qui oeuvre pour la réhabilitation de notre culture".

M. Allouache

Reporters

Une reprise de Nacer Ziouche par Mohand Ouzegane

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria