Emploi : enfumage et mensonge d’Etat

, par  Layachi Salah Eddine, Le Soir d’Algérie. , popularité : 1%

Contrairement à une thèse répandue par les pouvoirs publics, selon laquelle les opérateurs économiques de la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj se développent durablement, par conséquent créant de l’emploi et de la richesse, sur 700 000 âmes que compte la wilaya, des milliers de jeunes entre 20 et 30 ans, en âge d’exercer une activité salariale, ne trouvent pas d’emploi, hormis dans les secteurs de la restauration, des cafés, le bâtiment, receveur de bus privé où des centaines et des centaines de jeunes travaillent au noir et sont exploités par des employeurs sans scrupules.Ils perçoivent un salaire de 8 000 à 10 000 DA pour 10 h de travail par jour, sans relâche et sans couverture sociale, alors que le SNMG est de 18 000 DA.
Pour survivre, des jeunes chômeurs font dans la débrouille, ils vivotent, grâce à la vente de sachets en plastique aux souks, vente sans autorisation ; il y a lieu de signaler que les débits de boissons en gros ont été fermés par les autorités locales pour des raisons sécuritaires, ce qui a donné naissance à la présence, au noir, de centaines de vendeurs d’alcool clandestins, autres chômeurs devenus délinquants par la force des choses et qui se sont organisés en bandes pour vendre du cannabis, des barbituriques,etc.
Rien que pour le premier trimestre 2014, la police a procédé à l’arrestation de centaines de jeunes pour infraction à la loi (banditisme, vol avec violence, vente de cannabis, cambriolage, vol à l’arraché etc.).
La mort sociale est à l’horizon, le mois de Ramadhan suivi de l’Aïd El-Fitr, ont ruiné plus de 55% de ménages, ils sont essoufflés financièrement, ils n’arrivent pas à faire face à la cherté de la vie au regard de l’inflation des prix, à la consommation des denrées alimentaires, des effets vestimentaires, loyer, redevance gaz et électricité etc. En effet, si les salaires ont augmenté de 60% en l’espace de 15 ans, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de plus de 400% ; par voie de conséquence, l’Etat a procédé dans les faits à une diminution des salaires face à la vie qui est devenue chère d’une part et la pauvreté des ménages a suivi la même courbe.
La crise du coût de la vie, subie par les 55% de la population, explique fatalement que ces nombreuses familles n’atteignent pas les critères de vie, jugés minimum, à savoir (manger, se vêtir honorablement, avoir un minimum de confort à la maison etc.).
Tous les indicateurs sont au rouge, l’envolée de la pauvreté (dans un pays riche est illogique), le pouvoir d’achat durant le mois de Ramadhan vient d’accuser une baisse spectaculaire sans précédent dans l’histoire économique de l’Algérie. Il y a le feu en la demeure, il faut agir vite avant que la marmite n’explose.

Layachi Salah-Eddine
Le Soir d’Algérie

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria