Mostefa Abdoun, ancien scout du groupe El-Falah de Bordj Bou-ArrÉridj : « Les SMA ne cessent de former des citoyens actifs, ouverts et d’une grande utilité »

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Le scoutisme est un mouvement éducatif, par excellence. La discipline librement consentie, la fraternité qui se dégage au niveau d’abord de la patrouille, entre louveteaux et éclaireurs, le conseil des chefs pour prendre des décisions, en constituent les principes.
L’amour de la patrie, l’amour des parents et du prochain, l’éducation religieuse et la morale civique ont contribué à faire des scouts des hommes responsables qui ont renforcé les rangs du mouvement national et des moudjahidine de la glorieuse Révolution de Novembre, par conséquent. Ancien scout du groupe El Falah de la ville de Bordj Bou-Arréridj, je témoigne que les SMA ne cessent de former des citoyens actifs, ouverts et d’une grande utilité. Pour rappel, l’idée de la création d’un groupe scout au niveau de Bordj Bou-Arréridj est venue de Mohamed Tayeb Fares, alors instituteur à l’école dite indigène, vers la fin de 1940.
Une multitude de groupes scouts français s’affichaient partout avec leur tenue, leurs défilés et leurs rassemblements. Je crois que le choix du scoutisme fait par Mohamed Tayeb Fares, qui était une personne très estimée, s’explique par son désir de servir la jeunesse algérienne et sa patrie. Pour ce faire, il a contacté plusieurs personnalités et notables de la ville, ainsi que quelques jeunes qui sont passés par l’école indigène. Les premières réunions se sont déroulées à la médersa libre (Ettarbia Ouataâlim). Un grand nombre de jeunes sont venus s’inscrire. Un comité de parents et amis scouts a été mis en place, présidé par Youssef Arbouche, agent des chemins de fer, Saad Eddine Mostefaï, oukil judiciaire, était son adjoint. D’autres membres en faisaient partie dont Miloud Akrouf, dit Lahmidi, responsable de l’association locale des Oulémas. Le groupe El Falah se composait à ses débuts d’une centaine de jeunes, dont la troupe Ibn Khaldoun avec quatre patrouilles de huit éclaireurs chacune, La patrouille des Aigles : chef de patrouille adjoint ; El Hadj Merakchi ; Abdel Madjid Aouchiche ; La patrouille des Tigres : chefs de patrouille adjoints Smati Tourki, Youssef Bekka ; La patrouille des Lions : chefs de patrouille adjoints ; Mostefa Abdoun, Mohamed Bouaouina La patrouille des Antilopes : chefs de patrouille adjoints Mostefa Aktouche, Rabia Rouane. Lors des événements du 8 Mai 1945, certains chefs et responsables du groupe ont été arrêtés dont : Saâd Eddine Mostefaï, El Hamidi Akhrouf, Abdelbaki Mostefaï, El Amri Berkane, Abdelmadjid Aouchiche, Ahmed Abdoun et moi-même. Après notre libération lors de l’amnistie de mars 1946, nous avons repris nos activités de scouts malgré certaines menaces de la police française. Chaque année, le groupe organise une fête le 27e jour du Ramadhan, et pour cela, on commençait les préparatifs trois à quatre mois à l’avance, et la plupart du temps c’était une réussite à 100%.
Les recettes nous permettaient de nous acheter du matériel, des tenues et d’autres dépenses dans les camps et les sorties. Une belle ambiance animait les responsables. Les autres formations françaises de scouts paraissaient devant nous comme mineures.
Beaucoup de nos éclaireurs et chefs ont pris part à la guerre de Libération. Certains sont tombés glorieusement sur les champs de bataille. Après l’indépendance, j’ai repris le groupe en main et j’ai assisté en septembre 1962 au congrès de l’indépendance qui s’est déroulé à El Riadh (Alger).

Kamélia H.
El Moudjahid

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria