Développement durable : ALTRAPCO et le Challenge de Ouled Braham

, popularité : 1%

L’industrie locale des matériaux de construction qui a fait un grand bond en avant ces dernières années à Bordj Bou Arreridj, semble connaitre un nouvel essor et une nouvelle vision grâce à de jeunes investisseurs et industriels dont le niveau , le courage et l’ampleur de la vue vont dans le sens du défi économique algérien et les incitent à inscrire leurs activités dans le ligne du concept de développement durable introduit en Algérie .

C’est en tout cas cette expérience exemplaire que Mr Smain Benhamadi et ALTRAPCO ont su réaliser avec succès dans le projet de briqueterie et produits rouges dans la commune déshéritée d’Ouled Braham aux confins Sud de la Wilaya des Bibans.


Il faut d’abord savoir que cette localité oubliée du monde est l’ancien hameau où est né l’illustre leader et co-fondateur de l’Association des Oulémas algériens , le Cheikh Bachir Ibrahimi et c’est à partir de ce douar de l’Algérie profonde, puis le village de Ras El Oued à côté , qu’il commença sa formation avant de rejoindre les pays d’Arabie et du Levant , le Hedjaz et la Syrie où il enseigna longtemps la langue arabe et où il rencontra le jeune Ben Badis , en Orient , qui lui demanda de rentrer en Algérie pour commencer avec lui le combat nationaliste de l’Islah…
Ouled Braham dans son enclavement presque absolu aux flancs du Djebel Ayadh , représente vraiment cet arrière –pays de l’Algérie éternelle , cet espace de la ruralité algérienne millénaire dont souvent le dénuement , les vicissitudes historiques ; mais dont la générosité et la permanence ont plus que jamais besoin justement de ce concept de développement durable pour fixer le peuple dans son élément , c’est-à-dire dans son habitus sociologique naturel , dans sa civilisation et dans sa géographie , afin de pouvoir ensuite l’intégrer de façon harmonieuse et sans heurts dans le mouvement d’ensemble du développement global et dans l’économie politique nationale .

Initié en 83, par l’entreprise d’état EPLO de Batna , puis abandonné pour des raisons inconnues , le projet de produits rouges engagé dans le perspective d’exploiter les gisements d’argile de cette portion du territoire aux accès difficiles , fut repris en 2012 malgré ses risques , sous l’initiative courageuse de Mr Smain Benhamadi , un des chefs de file et associé du Groupe Benhamadi qui demeure l’un des fleurons de l’industrie algérienne à Bordj Bou Arreridj et dans la région
C’est donc au forceps et en 2012 que le projet de réalisation d’une grande unité de produits rouges, briques et hourdis a vu le jour dans la commune de Ouled Braham mais avec en prime une nouvelle vision d’investissement qui non seulement a fait le choix de cette localité reculée et déshéritée mais aussi celui de l’innovation technologique dans ce segment industriel des produits rouges
Comme pionnier ayant déjà à son actif plusieurs unités et activités dans le secteur des matériaux de construction, Mr Smain Benhamadi avec ALTRAPCO, opta cette fois dans l’innovation industrielle en recourant à un prototype espagnol dernier cri dans les produits rouges, le traitement de l’Argile et la fabrication de la brique creuse.
Cette nouvelle unité apporta donc à l’activité qui va employer plus de cent personnes dans cette commune déshéritée, une nouvelle vigueur tant dans la qualité des équipements, que dans le process que dans celle du produit lui –même.
La très bonne qualité de la brique creuse en terre cuite que fabrique ALTRAPCO n’a été que le prélude pour développer d’autres lignes de produits innovants comme l’hourdi en terre cuite , matériau plus léger , plus intégré et plus performant dans les modules de la construction moderne ; et que les bureaux d’études , les chambre de commerces feraient mieux de promouvoir dans le secteur de l’habitat en remplacement des produits en ciment et en termes de gains , de délais , de manutention et de plus value économique .

Non seulement cette nouvelle activité industrielle a permis la valorisation des gisements d’argile dans la commune de Oueld Braham , mais elle participe à ce qui est essentiel dans cette région enclavée en introduisant et en servant de pôle au concept de développement durable dans le cadre du développement global dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj .
Investir de cette façon, c’est sans doute créer de l’emploi en valorisant la matière première locale et par l’effet d’entrainement économique créer un espace vital là où la vie était rétrécie et le rendre pérenne et générateur d’autres espaces de modernité et de civilisation.
C’est alors que la pénétration de l’idée d’état par l’aménagement du territoire dans ces espaces reculés de l’Algérie réelle prend son véritable sens et permet d’irriguer le corps social dans sa géographie, à partir de pôles économiques fiables créateurs de vecteurs administratifs et culturels qui non seulement apportent la prospérité mais fondent la vie civile sur la valeur du travail et du changement.
C’est le développent durable dans son perpétuel mouvement, où les populations et les élites investissent leur capitaux , leur labeur et leur créativité dans ce qui est local et localisé comme ici l’argile , ou dans d’autres ressources selon les climats , les reliefs et les démographies : l’eau , la pierre , l’agriculture , le tourisme , l’artisanat , les thermes , la pêche ,l’élevage , le patrimoine , l’intelligence , le savoir- faire , le savoir -vivre , les forêts , les oasis ou la plaine , la mer ou la montagne , les routes et les barrages , les ports et les marchés , la culture et la Tradition …Tout ce spectre de matières premières et de matière d’être, de vivre et de travailler pour produire la richesse et fonder la Cité au sens grec de la Polis qui sont la base du développement durable et sa destination …
A la lumière de cette vision du développement, les autorités et les animateurs de la vie publique feraient mieux d’encourager, de faciliter et d’étendre l’exploitation de ces ressources dans le domaine minier comme dans les autres …

Ainsi donc en donnant de la vie et du travail au petit hameau de Ouled Braham , les managers d’ALTRAPCO ,ont franchi un grand pas dans la prise de risque économique non seulement en faisant confiance aux potentialités du pays réel mais en pensant en terme de concept et en fructifiant avec courage et avec lucidité ses chances .
On passe de l’investisseur qui veut créer la richesse en faisant des affaires à un autre type d’investisseur qui veut créer le moteur de la richesse en faisant du concept de développement durable la grande affaire …C’est là , le Big Business !

Hakim Lekbir

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria