Hocine Yessaad a son musée à Bordj Bou Arréridj

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YESSAAD Hocine est né en 1940 à El Annasser (B.B.A) en Algerie. Couvreur le jour, peintre le soir et poète la nuit. YESSAD Hocine vit 24 heures sur 24. Le jour comme bon nombre de ses compatriotes algériens il patauge dans les chantiers parisiens. Le soir assis sur son lit il peint avec des gouaches sur du papier "parce que c ’est moins cher". La nuit "il forme des poèmes dans sa tête" qu’ il écrit au petit matin, sur un cahier d’ écolier.

Dés son arrivée en France en 1961 et pendant dix sept ans rien n’ a distingué Hocine de ses compatriotes de travail et de loisirs. Comme eux il mène une vie difficile loin de sa femme et de ses trois enfants, coupé de ses racines. Mais il leur écrit de longues lettres ornées de dessins naïf et des portraits des heros algériens.

Parfois il préfère consacrer son argent de voyage à ses expositions que de retourner chez lui à El Annasser prés de B.B.A.

Et puis en 1979 il découvre la peinture et y consacre ses week-ends et toutes ses soirées. Lorsqu il rentre le soir il se met à ses pinceaux et ses gouaches. Ce qu’ il va peindre ? Il ne le sait pas. Une maison, des bateaux.

Un premier trait, un autre et au fur et à mesure le dessin prend forme. Parfois les lettres de l’ alphabet s’ imposent à lui. Elles lui servent de support et donnent alors naissance à un monde imaginaire fantastique dans lequel les villes, les visages, les hommes, les pierres, la calligraphie arabe et des formes sorties tout droit de sa fantaisie se mêlent et se défient. Une technique particulier ? Un style ? Hocine YESSAAD avoue qu’ il n’ en possède pas de vraiment personnels. Autodidacte il peint comme il sent et pour plaire à ceux qui regardent ce qui s’ est fait, se fait ou se fera.

"La peinture, dit il, est pour moi un miroir, celui qui la regarde voit ses passions, ses peurs, ses impressions, ses sensations. Ce que je peins reflète mon âme "

YESSAAD Hocine cet algérien couvreur dans le bâtiment en France depuis dix huits ans sait peindre la fraternité, la résistance, la force de vivre et d’ esperer. Hocine peint après son travail sur le chantier.

"La nuit entiére, dit il, j’ entends des anciens poèmes, j’ en fait des peintures"

Ce poète qui a appris il y a peu de temps à lire et écrire, m’ a montré des cahiers remplis de poésies et de calligraphies. Poèmes populaires où les veilleurs de nuits blanches scrutent à travers les souvenirs la clarté des visages aimés.

M. G.

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria