CA Bordj Bou-Arréridj : Itinéraire d’un président

, par  Layachi Salah Eddine, Le Soir d’Algérie. , popularité : 15%

Bouda Salah, aujourd’hui âgé de 76 ans a vécu, une vie riche et pleine de rebondissements. Il a été tout au début de son entrée dans la vie active, enseignant de langue française par vocation des années durant, et devint par la suite, agriculteur par amour de la terre.
Il a toujours été un homme de grandes passions. Il aimait transmettre aux enfants le savoir avec simplicité et enthousiasme. Quant au travail de la terre, « il fut pour lui, un retour vers ses premières passions qu’il partageait dans son enfance avec son père El-Hadj Amar. Le gentlemen Bouda Salah, était et il le demeure, un homme agréable, perspicace, sur le plan intellectuel et physiquement séduisant, comme il l’était à l’époque des années 1960. Epoque des acteurs hollywoodiens, qui le fascinaient tels : Montgomery Clift, James Dean, Paul Newman, et Marlon Brando dans le film L’équipée sauvage qu’il a vu et revu aux cinémas, Rex et Vox, il acheta d’ailleurs après cela une grosse moto, une Rumy, pour ressembler à ces modèles. C’était aussi un homme adulé par la gent féminine, cela ne lui a pas donné pour autant la grosse tête, il est resté toujours une personne humble, simple et altruiste. En 1972, sa vie bascule, il avait 30 ans, l’âge avec des rêves plein la tête. Il croise un club de foot, il ne le sait pas encore, mais son destin vient juste de commencer. Cette rencontre avec le CABBA fut pour lui une révélation et une histoire d’amour qui va durer 30 ans en tant qu’acteur, et supporter enthousiaste de ce club, jusqu’à nos jours.
De 1972 à 1977, Bouda Salah a été projeté à la tête du club, le CABBA se trouvait alors en division d’honneur, situation due à une politique de gestion malsaine et très fluctuante qui régnait au sein du club, que certaines personnes animées de mauvaise volonté voulaient empêcher que le CABBA accède en Nationale 2. L’acharnement et le travail sans relâche de Bouda Salah et de son staff ont fait que le CABBA se libère des chaînes de la Division d’honneur en 1996/1997, et accéda enfin en Nationale 2. Les tractations de coulisses ne s’arrêtèrent pas là ! De 1995 à 1999, le président Bouda Salah a été écarté, après une cabale montée par des officines de l’ombre. Cependant, par passion et amour du CABBA, il resta disponible pour tous les coachs, qui lui ont succédé. En 1999, sous la pression des supporters, une fois de plus, il est sollicité par les autorités locales pour reprendre du service le voilà, qui, comme le Phenix qui renaît de ses cendres, après 5 ans d’absence, il va prendre le CABBA en charge, lui donne du poil de la bête, ce qui se conclura par une accession du club en Nationale 2 et enfin en Nationale 1, où, il disputa la finale de la Coupe d’Algérie à Blida contre le CRB, une équipe prestigieuse en 2009. En résumé, pour Salah Bouda, le football est un jeu magnifique et au bout de 30 ans de carrière, sa générosité a été telle qu’ il laissa au profit des joueurs, entraîneurs, dirigeants, et leaders des supporters du CABBA, plusieurs dizaines de millions de dinars (lots de terrains, achat de voitures, des aides financières pour soins et mariages, pour convenances personnelles etc.) Bouda Salah a toujours dit que la Fifa, l’organisation qui gouverne le football regroupe en son sein, plus de nations que les Nations-Unies, plus d’adeptes que n’importe quelle religion. Aux pauvres comme aux riches, le jeu apporte une égalité quantifiable et une incommensurable évasion. Il est tout à fait normal d’aimer le foot, qui est devenu la passion de milliards de personnes malgré ses multiples déboires comme, la corruption, l’affairisme et le clientélisme. En bout de course, le monde empoisonne son propre air, et le football en absorbe les retombées.

Layachi Salah Eddine
Le Soir d’Algérien

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria