A. Benhamadi. Manager de la société Condor : « L’hypothèse du sabotage est écartée »

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Titulaire d’un master, Abderahmane Benhamadi, le manager de Condor, revient dans cet entretien sur le sinistre qui a frappé sa filiale et expose ses plans et projets futurs.


Peut-on revenir sur les circonstances de l’incendie qui a ravagé, la semaine écoulée, votre unité de fabrication de téléviseurs ?

Le sinistre qui s’est brusquement déclaré vers zéro heure quinze a pris de vitesse les employés qui s’apprêtaient à quitter leur lieu de travail. Les moyens du bord n’ont pas pu venir à bout du feu qui s’est propagé à une grande vitesse. Dieu merci, on n’enregistre aucune perte humaine.

Où en êtes-vous avec l’expertise et les évaluations des pertes ?

L’expertise est en cours. Les pertes des équipements de pointe, de la matière première, du produit fini et de l’infrastructure avoisinent facilement les 500 millions de dinars. Les conclusions de la police et de la Protection civile qui effectuent un travail de titan ne sont pas communiquées, du fait que l’enquête n’est toujours pas achevée. Cela dit, l’hypothèse du sabotage interne ou externe est pour l’heure écartée.

Le sinistre a engendré de nombreux préjudices à votre groupe et au marché du téléviseur...

Sans compter nos 120 points de service après-vente répartis à travers les quatre coins du pays, plus de 300 agents ont vu leur croûte partir en fumée. L’arrêt conjoncturel de Condor qui détient, avec une production annuelle de 150 000 téléviseurs, plus de 40% de parts du marché national s’est répercuté sur les prix qui se sont depuis envolés. Notre manque à gagner est énorme et ne sera pas facile à résorber.

Quelles sont les mesures prises pour la sauvegarde de l’outil de travail et le redémarrage de l’activité ?

Le plus important investissement de Condor, c’est le collectif des travailleurs qui ne feront l’objet ni d’une compression ni d’un chômage technique. Une partie vient de reprendre, tant bien que mal, le travail. La conjoncture nous oblige à faire bénéficier l’autre contingent d’un congé annuel. Le redémarrage partiel de l’activité sera effectif dans trois mois. Il est fort possible que la reprise se fasse bien avant l’expiration des délais avancés. Avec l’acquisition des nouveaux équipements plus performants que les anciens détruits par le feu, Condor retrouvera dès septembre prochain non seulement sa vitesse de croisière, mais mettra sur le marché de nouveaux produits avec un bon rapport qualité/prix et créera de nouveaux postes d’emploi.


Avant le sinistre, Condor s’est distingué par une audacieuse baisse des prix qui a quelque peu secoué le marché. Peut-on connaître les dessous d’une telle démarche ?

L’intégration a atteint chez Condor le seuil des 70%. Ce facteur se répercute inévitablement sur le coût de la fabrication qui est revu à la baisse. Le consommateur est à son tour en droit de bénéficier d’une substantielle réduction. Avec la production sur site de la carte mère, Condor qui est l’unique fabricant de cartes numériques en Afrique prend en considération le pouvoir d’achat de sa fidèle clientèle pouvant s’offrir un produit haut de gamme à un prix compétitif.

Ce coup du sort aura-t-il à moyen terme des répercussions sur la stratégie du groupe Benhamadi ? Cette pénible épreuve qui fait partie des aléas de la vie n’estompe pas pour autant la volonté du groupe à investir. Une nouvelle unité de réfrigérateurs devant produire 500 unités/jour entamera la production en juillet de l’année en cours. 290 nouveaux emplois seront créés. L’exportation de nos climatiseurs vers la Tunisie suit son cours. Une multinationale spécialisée en télécommunications est intéressée par les cartes numériques de Condor qui fait actuellement face à la contrefaçon.


Qu’avez-vous à dire à propos de cette piraterie ?

Notre produit et marque pourtant déposée ont été imités et fabriqués en Chine. Afin de sauvegarder son image de marque, Condor a poursuivi en justice les responsables de la contrefaçon qui relèguent la santé et le bien-être du citoyen consommateur au dernier plan. Cette manière de faire porte un grave préjudice à notre crédibilité et à notre image de marque, fruit de tant d’efforts et de sacrifices.

Qu’attendez-vous des pouvoirs publics ?

Nous sollicitons à travers des pouvoirs publics d’accompagner le groupe Benhamadi afin de dépasser sans trop de casse l’après-sinistre du dimanche noir pour que le marché de l’électroménager retrouve sa stabilité dans l’intérêt du consommateur et que les employés de Condor ne connaissent pas les désagréments du chômage technique.

Kamel Beniaiche

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria