Le cancer fait des ravages à Bordj Bou-Arréridj

, par  Safa Kawthar B., La Nouvelle République , popularité : 2%

En l’absence de statistiques, la question taraude les esprits et des appréhensions sont exprimées ça et là. « Le cancer fait des ravages à Bordj Bou-Arréridj » alerte-t-on. Les cas de décès survenus pour cause de cancer ces dernières années donnent motif à inquiétude pour ceux qui interpellent les autorités sanitaires à se pencher sur ce phénomène.

Le cancer, cette maladie invaincue est devenue, pour nombre de personnes, une fatalité, un malheur qui leur arrive par manque de chance, qui pensent aussi n’avoir aucun contrôle sur la probabilité de développer , un jour ,un cancer.

Cette maladie est devenue fréquente. D’une manière générale, une femme sur trois et un homme sur deux développent un cancer au cours de leur vie. Le cancer est aussi une maladie au long cours. Cela veut dire que, du diagnostic à la guérison, plusieurs mois ou mêmes des années peuvent s’écouler. Dans toutes ses sortes, le cancer implique plusieurs changements au niveau professionnel et familial, le patient doit traiter non seulement sa maladie, mais doit aussi vivre avec les désagréments du traitement et accepter sa nouvelle vie.

Le cancer est une prolifération anarchique des cellules qui représentent l’aspect fondamental de la vie. Il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un ensemble de maladies, qui différent tellement les unes des autres qu’on ne pourrait établir un diagnostic unique ou un traitement unique

Une bonne hygiène réduit les risques

En réalité, plus de la moitié de ces cancers peuvent être dépistés, et donc soignés, si l’on agit en conséquence. Avec quelques changements dans notre mode de vie, il est possible d’en réduire les risques par une bonne hygiène favorisant une alimentation saine et l’exercice physique, tout en évitant les longues expositions au soleil, nocives et cancérigènes. Il est recommandé aussi de faire vacciner les enfants et les jeunes gens contre des virus, connus pour être à l’origine de certains cancers, notamment ceux du foie et du col de l’utérus. Mais, en Algérie, les chances de survie à cette maladie sont faibles, par rapport à celles concernant les autres pays, car l’accessibilité aux soins et la prise en charge du malade ne sont pas chose aisée.

Après le dépistage, la condition première nécessaire à une bonne prise en charge de la maladie est la réalisation d’un examen anatomo-pathologique d’un ganglion ou d’un autre organe touché par la maladie.

Cet examen commence par une prise de sang. Si, suite à cette prise de sang, le médecin soupçonne un LNH, il procédera à la biopsie, c’est-à-dire à l’excision d’un ganglion lymphatique dont les cellules seront examinées au microscope (examen histologique).

Il est aussi aujourd’hui particulièrement utile de toujours prévoir la congélation du matériel tumoral pour permettre des études complémentaires immunologiques ou moléculaires. Le bilan des examens additionnels nécessaires pour déterminer leur stade et leur type permettront de classer les lymphomes. Il repose sur l’examen clinique et plusieurs examens complémentaires. L’examen clinique a pour but de rechercher la présence de ganglions dans tous les territoires ganglionnaires superficiels et, éventuellement, celle d’une augmentation du volume du foie ou de la rate.


Bilans biologique et radiologique de mise

Il doit être complété par une radiographie du thorax et de l’abdomen. C’est là l’examen le plus performant pour rechercher la présence éventuelle de ganglions profonds de taille significative.

Le deuxième élément du bilan pré-thérapeutique est l’appréciation de l’état général du patient. L’absence ou la présence de fièvre, de sueurs nocturnes ou d’une perte de poids sont indiquées respectivement par la lettre suffixe A ou B. Enfin, ce bilan pré-thérapeutique n’est pas complet sans la réalisation d’un certain nombre d’examens biologiques. Ceux-ci ont pour rôle de préciser l’importance du syndrome tumoral. Un bilan sanguin doit toujours être réalisé avec la recherche de cellules cancéreuses. Enfin, la sérologie pour le virus VIH doit être contrôlée compte tenu des formes particulières de lymphomes se développant en association avec l’infection par ce rétrovirus.

« Après les résultats des analyses, qui ont duré plusieurs mois, il m’ a annoncé que j’étais atteinte d’un cancer et qu’il fallait que je fasse une intervention chirurgicale avant les séances de chimiothérapie », dira El Hadja Zineb.
En effet, les malades atteints de cancer sont, le moins que l’on puisse dire, abandonnés à leur triste sort. Et pour cause, le centre anticancéreux Pierre et Marie Curie (Cpmc) d’Alger connaît, à longueur d’année, une affluence nombreuse de malades en provenance des quatre coins du pays.

Traitement principal : la chimiothérapie

Les traitements classiques de cette maladie font appel à plusieurs méthodes dont la chimiothérapie. Il s’agit d’administrer au patient un traitement utilisant plusieurs produits chimiques anticancéreux. La chimiothérapie peut aujourd’hui admettre un certain nombre de résultats positifs sur le cancer, mais il a des effets secondaires importants qui affectent la qualité de vie.

Visant à éliminer les cellules cancéreuses en bloquant leur développement, la chimiothérapie a pour conséquence de détruire, en même temps que les cellules tumorales, les cellules saines. Ceci explique ses nombreux effets secondaires notamment. La perte des cheveux, les risques d’infection ou la toxicité de la mœlle qui est la plus précoce et la plus fréquente des toxicités aiguës des produits anti-cancéreux et les troubles digestifs.

Enfin, les complications cardiaques, rénales, neurologiques, hépatiques et pulmonaires, l’allergie et même la stérilité sont les autres conséquences négatives de la chimiothérapie. Pour El Hadja Zineb, la guérison est lente et le traitement est difficile à supporter.

S-K.B.

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria